Le gouvernement Bouchard ne fait pas dans la dentelle. Obsédé par son objectif du déficit zéro, il attaque tous les secteurs de la société. Il n'hésite pas à remettre en question des acquis essentiels. Sa réforme dans le secteur de santé a tout à voir avec une contre-réforme. Les fermetures d'hôpitaux, la privatisation de services, l'introduction prochaine de diverses tarifications conduisent directement à l'introduction d'une médecine à deux vitesses, celle pour les riches et celle pour les pauvres. Dans le secteur de l'éducation, les jeunes ont remporté une victoire en arrachant au gouvernement la promesse de ne pas dégeler les frais de scolarité dans les universités, mais les coupures continuent.
Malgré les belles promesses des États-généraux sur l'éducation, on assiste déjà à la détérioration des services éducatifs et à des limitations à l'accessibilité. Le discours démagogique sur la réussite scolaire couvre la mise en place d'une école élitiste et tournée essentiellement vers les besoins de l'entreprise privée.
La détérioration des conditions de travail des personnels des secteurs de l'éducation et de la santé et le renforcement de la précarité dans l'emploi, voilà ce que doivent subir des centaines de milliers de travailleuses et de travailleurs. Reniant sa signature, le gouvernement prétend aujourd'hui piger à sa guise dans les fonds de pension.
Demain, ce seront les personnes assistées sociales qui devront subir, encore une fois, de nouvelles restrictions de revenus déjà maigres et un renforcement des contrôles. Le refus du gouvernement, et du Parti québécois d'ailleurs, de souscrire à la clause d'appauvrissement zéro ne servait qu'à laisser au gouvernement sa marge de manoeuvre pour préparer de nouvelles attaques.
Pendant ce temps, les banquiers n'arrêtent pas d'annoncer leurs revenus mirobolants, de presser le gouvernement de s'en tenir à son objectif du déficit zéro et de frapper les plus démuni-e-s pour qu'ils puissent toucher les intérêts sur la dette. Et on rêve, d'une véritable réforme de la fiscalité qui mettrait en place d'une clause d'enrichissement zéro pour les 20% des plus riches. Face à l'actuelle offensive gouvernementale, il ne s'agit plus d'appeler tout le monde à faire leur part, mais de tout faire pour arrêter un gouvernement qui veut faire payer les classes ouvrière et populaires et uniquement elles.
L'ensemble de la population est attaquée par ce gouvernement. Les secteurs sont souvent attaqués les uns après les autres. Mais tous sont dans la ligne de mire de ce gouvernement. Ce qu'il faut éviter par dessus tout, c'est de mener nos combats en ordre dispersé et de remporter, au mieux, des demi-victoires. Il faut construire un front commun des luttes autour d'un objectif clair: le gouvernement doit en finir avec son objectif de déficit zéro et cesser ses coupures dans l'éducation, la santé et les filets de sécurité sociale.
Autour d'un tel objectif, syndiqué-e-s, femmes, jeunes, aîné-e-s, personnes assisté-e-s sociales peuvent s'unir et agir ensemble pour casser la volonté gouvernementale de faire payer tout le monde sauf les riches.
Créer les conditions d'une grève politique Le gouvernement nous promet de continuer de couper à la hauteur d'un milliard chaque année. Préparons une riposte d'ampleur jusqu'à la grève politique s'il le faut. Dès maintenant, il faut lancer une campagne de presse contre ce gouvernement. Il n'a jamais été aussi important d'investir dans la lutte. Il faut multiplier les actions: manifestations, occupations de bureaux gouvernementaux et de députés, grèves... Il faut que ces actions soient menées par l'ensemble des secteurs tant les travailleuses, les travailleurs, que les jeunes ou les personnes assistées sociales.
Si le gouvernement refuse de renoncer à son attitude intransigeante et à ses politiques anti-populaires, il faudra évaluer jusqu'où il faudra se rendre pour casser la détermination gouvernementale. L'ensemble des actions faites pourraient culminer sur une grève politique de ces différents secteurs de la population. Cette grève peut prendre la forme d'arrêts de travail, de refus de se rendre au cours, de refus de collaborer à tous les niveaux avec les services gouvernementaux...
C'est dans une telle conjoncture, alors que ce n'est que le point de vue patronal qui est porté à l'Assemblée nationale, qu'on se rend compte à quel point il nous manque d'un parti politique dans notre dispositif organisationnel. Déjà en 85, suite aux attaques gouvernementales de 82-83, on avait vécu cette situation où le désenchantement pour le gouvernement péquiste avait conduit la population à voter pour les Libéraux. Il faut dès aujourd'hui s'entendre sur l'importance d'un parti des travailleuses et des travailleurs et s'attaquer à sa construction. C'est dans cette optique que travaille le Parti de la Démocratie socialiste.