Contre la coupure de 15 000 postes dans le secteur public
Contre le travail obligatoire des jeunes et des mères seules
Contre la politique péquiste et fédérale du déficit zéro
Pour un programme fédéral de garderies, universelles et gratuites
Pour la semaine de 32 heures payés
Pour le gel des intérêts sur la dette publique

90% des travailleuses et travailleurs de la FAS (CSN) ont dit non aux 15 000 coupures de postes voulues par le partenariat des Bouchard, Dufour, Larose, Godbout et compagnie.  Le secteur public de la SCFP a fait le même chose… et les professeur-e-s de Montréal… et le secteur public de la CSD.

Combien défaitiste est la réaction de la direction de la FAS à ce vote tranché :  une campagne d’information sur les effets des coupures.  Ce vote gagnant, elle le voit aujourd’hui comme seulement un baroud d’honneur.  Pourtant, en décembre, elle voyait un vote moins décisif comme un mandat pour un 24 heures de grève.  La direction de la FAS nous avait fait espérer beaucoup mieux.  

Faut-il que le Conseil central de Montréal (CCMM) parle de « bataille contre les pertes d’emploi » sans même mentionner les 15 000 postes coupés ?  Faut-il qu’il menace de « se dissocier du consensus au Déficit zéro si jamais le gouvernement maintient sa ligne… » alors qu’on sait fort bien que cette politique est la pierre angulaire de toutes les politiques gouvernementales ?  

Faut-il que la CSN pousse discrètement le rapport de la Commission gouvernementale sur la fiscalité, signé par les représentant-e-s des trois centrales, qui cautionne déficit zéro, coupures et privatisation, à des aménagements de détails près.  Avec raison, la CCMM rejette ce rapport à nette tendance néolibérale car ses recommendations « vont à l’encontre de nos positions syndicales ».  Ce faisant, la CSN sape d’ailleurs la crédibilité de ses propres propositions fiscales, objet d’une tournée du Québec.  Pourtant, celles-ci ne rompent pas le cadre néolibéral du déficit zéro :  de modestes hausses de l’impôt des riches, même pas pour créer de l’emploi, mais pour réduire le déficit.  

130 000 personnes qui ont dit non aux 15 000 postes coupés, ça suffit amplement pour partir le carnaval de la riposte (pour compenser celui de Québec qui périclite !).  L’« opération députés-ministres » proposée par le CCMM n’est pas une mauvaise idée mais à condition que ça se fasse avant la présentation du budget ;  que ça signifie des occupations ;  que les revendications soient claires et nettes ;  que ça soit le début d’un processus d’escalade vers au moins (au moins) une grève générale du secteur public d’une journée au moment du dépôt du budget.

Oui, il faut des « actions d’envergure » comme le dit le CCMM.  Mais il les faut dans le cadre d’un plan d’action précis, vers un point culminant précis (serait-il trop oser de proposer une bonne vieille grève… de plus d’une journée), sur la base de revendications précises.  Et si on est pas soi-même assez fort pour mettre ce plan en branle, il faut se battre à visage découvert dans les autres instances pour mettre les hautes directions au pied du mur.

On serait surpris de l’ampleur de la riposte si, en haut, on osait se confronter au lieu de se concerter.

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