Québec, le 2 mai 1997

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

La désobéissance civile d'aujourd'hui qui fut suivie de l'arrestation de 42 étudiantes et étudiants s'inscrit dans la tradition de Gandhi et Martin Luther King. Elle s'appuie sur les principes juridiques de défense de nécessaité qui obligent les citoyennes et les citoyens à outrepasser une loi pour empêcher une infraction plus grave. Les étudiant-e-s s'insurgent contre la fraude fiscale des 6 grandes banques canadiennes qui cachent des milliards dans des paradis fiscaux (dans les îles des Antilles), ce qui est illégal et qui est une cause majeure de la dette et des coupures dans l'éducation, la santé et les programmes sociaux. Les grandes banques ont fait des dizaines de milliers de mises à pied tout en augmentant continuellement les frais de service. Pourtant en 1995, elles ont sauvé 890 millions en impôt (abris fiscaux pour les banques) malgré qu'elles aient enregistré des profits de 7,871 milliards. Leurs PDG, conseillers privilégiés des ministres des finances responsables des politiques néolibérales, ont fait un salaire se chiffrant à 10,98 millions. A côté de cette opulence, la pauvreté, le chômage et la misère progressent. Les coupures jettent les plus pauvres dans la rue. Les malades restent des heures dans les corridors et les étudiant-e-s ne peuvent plus payer leur cours.

La Banque Nationale, visée par l'action d'aujourd'hui, est aussi un bon exemple des inégalités de notre société. Les bénéfices nets ont monté de 175 millions à 318 millions de 1993 à 1995. L'action de cette compagnie est passée de 8,13$ à 13,1 $ (22% de croissance} de 1992 à 1996 alors qu'elle a mise à la porte 1739 travailleur-euse-s, surtout des femmes. Le PDG, André Bédard, a reçu près de 970 466 $ en rémunération.

Les mots d'ordre lancés par la FFQ (Fédération des Femmes du Québec) en mars devant la bourse sont un refus catégorique à l'enrichissement honteux d'une minorité. Les syndicats, pour le ler mai, ont repris ce mot d'ordre. Les institutions financières étaient les premières visées. C'est par solidarité que les étudiant-e-s ont joint le mouvement afin de démontrer que le seul moyen d'arrêter les coupures et les divers reculs sociaux est l'utilisation d'action directe envers les vraies causes de la dette.

Considérant que l'économie doit être au service de la société‚ et non le contraire, nous exigeons:

1. Le rétablissement des acquis sociaux perdus depuis vingt ans.

2. L'instauration de taxes sur la spéculation, les profits, le capital, les transactions internationales, les héritages, les fiducies familiales et les gains des jeux et loterie.

3. La suppression des paradis fiscaux et des abris fiscaux des riches et des compagnies.

4. La réduction de la semaine de travail à 32 heures sans baisse de salaire.

5. L'instauration d'une surtaxe sur les entreprises profitables qui licencient

6. De réelles mesures d'employabilité pour lesjeunes.

7. L'abolition des prêts étudiants pour les transformer en bourses.

8. Le rétablissement de la gratuité scolaire à tous les niveaux, en améliorant la qualité et l'accessibilité.

Nous constatons que te pouvoir politique ne repose plus sur une adhésion collective mais sur le mensonge.

 

Coalition Y, comité de mobilisation des cégeps de FXG, Ste-Foy et Jonquière ainsi que le MDE (Mouvement pour le droit à l'éducation).

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