Grande-Bretagne
Les Tories écrasés
Le balayage du New Labour de Tony Blair lors des élections du premier mai fut davantage un rejet de 18 ans de politiques des Conservateurs qu'un appui au nouveau «toryisme» du Labour. Ce manque d'enthousiasme s'est reflété dans une participation électorale de 70%, 10 points de pourcentage de moins que lors de la dernière élection générale. On note beaucoup de vote «tactiques» qui montrent qu'il s'agissait de voter pour le candidat le mieux en mesure de battre le candidat Tory, pas nécessairement pour le candidat Labour (par exemple, les Libéraux-démocrates ont aussi amélioré leur score, NDLR).
Le résultat final laisse les Conservateurs sans aucune représentation en Écosse et aux Pays de Galle (contre des Conservateurs centralisateurs, le Labour avait promis des parlements à ces deux nations suite à un référendum qui aura lieu cet automne, NDLR) et une minuscule représentation dans les grands centres urbains. Les Tories sont maintenant un parti de la campagne et des banlieues.
En Irlande, il y a eu un déplacement de 10% des votes dans les régions nationalistes du modéré Parti travailliste social-démocrate vers le Sin Fein (aile politique de l'IRA, NDLR). En plus de Gerry Adams qui a gagné le siège de Belfast ouest par plus de 8000 voix de majorité, Martin McGuinness a gagné un autre comté par 6000 voix.
Le Parti travailliste socialiste d'Arthur Scargill (ancien dirigeant radical du syndicat des mineurs, NDLR), scission du Labour en 1996, se présentait dans 56 comtés. Ses meilleurs résultats furent dans trois comtés où il remporta respectivement 6.8%, 5.5% et 5.4% du vote. Le Parti socialiste (l'ancien Parti travailliste militant) contestait 18 sièges et connut sa meilleure performance dans un comté où un ancien député travailliste expulsé de son parti remporta 6.5% du vote.
La plupart des candidats socialistes, coincés entre une vague anti-Tory et un vote tactique, se contentèrent, en moyenne, de 1 à 3% du vote. Ceux d'entre eux qui se positionnèrent le mieux furent les candidats du parti d'Arthur Scargill, qui, grâce à ses plus de 50 candidatures, put bénéficier de temps gratuit d'antenne à la télévision.
par Lisa Macdonald
(Traduit par Marc Bonhomme du site web de la revue australienne Greenleft Weekly : "http://www.peg.apc.org/~greenleft")
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