Vers la Marche mondiale des femmes de l'an 2000 ?
Les 24 et 25 mai derniers, la FFQ tenait ses assises
annuelles où participaient un peu plus d'une centaine de femmes.
La Gauche a rencontré Jacqueline Loiselle, membre du Parti de la
Démocratie Socialiste, qui y représentait le Comité outaouais
des femmes francophones de l'Alliance de la Fonction Publique.
LG : La Marche des femmes et la Vigile ont-elles amené de nouveaux membres à la FFQ ?
JL : Les membres individuelles ont augmenté de quatre ou cinq fois depuis deux ans. Ces membres composaient plus de la moitié de l'assemblée annuelle, comme d'ailleurs l'exigent les statuts. Mais une nouvelle mobilisation en juin n'était pas à l'ordre du jour. En coulisse, on invoquait le manque d'argent.
LG : A-t-on fait un bilan de huit mars ?
JL : Il y a eu quelques remarques. Certaines déploraient le petit nombre de femmes devant la Bourse de Montréal. La réponse de Françoise David était de dire qu'étant donné le contexte, la FFQ avait atteint ses objectifs.
LG : Y a-t-il eu allusion au Sommet socio-économique où Mme David était sortie avant la fin ?
JL : Les interventions en assemblée générale révélaient qu'il y avait débat au sein de la FFQ. Après qu'une intervenante ait félicité Mme David d'être sortie, la salle a chaleureusement applaudi.
LG : A-t-il été question des objectifs de la Fédération ?
JL : Les représentantes de groupes de femmes pauvres, tout comme les femmes syndiquées, ont insisté pour que la Fédération se définisse comme un groupe de luttes et non comme un groupe de représentation.
LG : Comment a été accueilli le jeu social sur le néolibéralisme ?
JL : Il y a eu beaucoup de ho! et de ha! lors de sa présentation. La FFQ le présente comme un moyen d'éducation à la base parce que l'analyse du néolibéralisme par les femmes n'est pas un acquis. Mais il ne faudrait pas oublier que l'éducation se fait aussi dans l'action. Il ne faut pas attendre après les acquis de l'analyse. Peut-être était-ce un moyen de faire taire les femmes les plus revendicatives ? Bien que je ne sois pas très au courant des débats internes, je sens que Françoise David essaie de garder les choses sous contrôle.
LG : En parlant d'action, a-t-il été question de la Marche pour l'an 2000 ?
JL : Le comité responsable a fait rapport. Ce comité m'apparaît très fort, très revendicatif. Il n'a pas peur des mots. Il parle d'économie capitaliste comme étant responsable du néolibéralisme. Mais ça ne paraît pas dans les documents écrits. Les femmes du comité semblent très confiantes de pouvoir mener à bien ce projet. Leur rapport a d'ailleurs été accueilli par une ovation debout.