LES ALGONQUINS DU LAC BARRIÈRE

DÉFENDRE NOS COUTUMES ET NOTRE TERRITOIRE

 

1. Nous nous appelons Mitchikanibikong Inik ou le «peuple du barrage de pierre». C'est une référence à un site traditionnel de notre territoire. On nous appelle aussi les Algonquins du Lac Barrière. La plupart du territoire que l'on appelle maintenant la réserve faunique de La Vérendrye couvre en fait notre territoire ancestral. Nous avons de tout temps défendu nos droits territoriaux et notre mode de vie.

2. À la fin des années 1980, nous avons dû recourir aux barricades en travers des chemins forestiers et aux manifestations pour protéger notre territoire et nos moyens d'existence contre la coupe à blanc, les inondations et l'appauvrissement des stocks de poissons et de gibier du fait des chasseurs «sportifs». Nous avons ainsi forcé les gouvernements à négocier avec nous.

3. Le 22 août 1991, notre communauté a conclu une Entente trilatérale avec les gouvernements du Canada et du Québec afin d'élaborer un plan intégré de gestion de la forêt et des espèces sauvages sur 10 000 km2 de notre territoire ancestral. Le plan de ressources devait se fonder sur le développement durable et protéger notre mode de vie tout en accommodant les intérêts des non Algonquins, notamment les forestiers.

LES GOUVERNEMENTS ET L'INDUSTRIE ATTAQUENT

4. En janvier 1996, les gouvernements du Canada et du Québec ont essayé de prendre le contrôle de notre communauté afin de saboter l'entente trilatérale car les dossiers écologiques que nous négociions allaient mener à une diminution des coupes sur notre territoire. Le Canada et le Québec ont ainsi tenté d'imposer un groupe pro-forestier comme gouvernement du Lac Barrière.

5. Domtar est la plus grosse société forestière travaillant sur notre territoire. Un des avocats de Domtar, Radha Curpen, a participé à la tentative de prise de contrôle de notre gouvernement.

LA RÉPONSE DU PEUPLE

6. Depuis janvier 1996, notre peuple a subi des mauvais traitements. De nombreux programmes et services de base ont été coupés par le gouvernement du Canada afin de nous faire abandonner notre système traditionnel de gouvernement. Après avoir déstabilisé notre communauté, le Canada et le Québec ont terminé de manière arbitraire l'Entente trilatérale. Les coupes ont recommencé sans se préoccuper de notre mode de vie.

7. Notre peuple a d'abord répondu en empêchant Domtar de couper sur notre territoire. Toute activité forestière est actuellement arrêtés tant que le Canada et le Québec ne respecteront pas nos coutumes et n'auront pas restauré l'Entente trilatérale.

LA COMMISSION ROYALE SUR LES PEUPLES AUTOCHTONES

8. Le rapport récemment publié de la Commission royale sur les peuples autochtones cite l'Entente trilatérale du Lac Barrière comme un exemple important d'entente de cogestion et de partage des compétences entre une communauté autochtone et les gouvernements.

NOS EXIGENCES SONT RAISONNABLES

1. Respect de notre système ancestral de gouvernement
2. Rétablissement de l'Entente trilatérale
3. Rétablissement de notre système éducatif
4. Rétablissement d'un processus de guérison communautaire
5. Retour du contrôle des finances et de l'administration à notre communauté

COMMENT VOUS POUVEZ AIDER

Écrivez aux politiciens ci-dessous et demandez-leur de répondre favorablement à nos exigences raisonnables:

M. le Premier ministre Jean Chrétien
Édifice Langevin
80, rue Wellington
Ottawa (Ontario) K1A 0A2

M. le Premier ministre Lucien Bouchard
885, Grande Allée Est
Édifice J, 3e étage
Québec (Québec) G1A 1A2

Renseignements: les Algonquins du Lac Barrière

Chef Harry Wawatie - (819) 449-5480

 

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