Congrès de la CEQ
Une autocritique limitée mais réelle

 

Dès son discours d’ouverture, Lorraine Pagé n’hésitait pas à donner dans l'autocritique: « Notre accord au déficit zéro en l’an 2000, afin d’éviter des coupures encore plus dramatiques sur un temps plus court -s’est retourné contre nous, car le gouvernement Bouchard s'est appuyé sur ce consensus pour justifier les compressions dans les budgets de santé, de l’éducation et de la sécurité du revenu, en plus d’imposer des réouvertures des conventions collectives dans le secteur public. » Mais tout cela n’était pas suffisant encore pour amener Lorraine Pagé à rompre avec les pratiques de concertation ou de partenariat. Elle a invité simplement à plus de prudence.

Pour les congressistes, il était clair par contre que les sommets économiques « ne visaient qu’à désarmer les forces syndicales et sociales ainsi qu’a préparer l’application du programme néolibéral du gouvernement Bouchard. »

 

La dénonciation du gouvernement Bouchard

Les congressistes ont été clairs dans leur condamnation des politiques du gouvernement Bouchard. Les réformes de ce gouvernement, ont-ils dit, se sont traduites « par des milliards de dollars de coupures, par la détérioration des services publics et des conditions de vie des travailleuses et des travailleurs. Ces réformes ont aussi donné l’occasion au gouvernement d’ouvrir les conventions collectives et de recourir à la privatisation et à la sous-traitance ».

Le Congrès a également condamné « la réforme de la ministre Marois puisque celle-ci trahit les principales conclusions des États généraux sur l’éducation. Il a aussi dénoncé l’Avant-projet de loi visant à modifie la Loi sur l’instruction publique pour plusieurs raisons: il porte atteinte à l’égalité des chances, il remet en cause le caractère national du curriculum, il favorise un accroissement des inégalités sociales, il porte atteinte à la gratuité de l’éducation de base et maintient le caractère confessionnel des écoles. »

 

Les stratégie syndicales en question

« Les congressistes se sont dit opposés à toute alliance avec le gouvernement et les employeurs... » et ces dernier-e-s ont « encadré solidement les pratiques de concertation et de partenariat, s’il était jugé nécessaire d’y recourir. »

« Le congrès a confirmé le retrait définitif de la Centrale de tout consensus sur le déficit zéro en l’an 2000. »

Le congrès a même reconnu « l’opportunité de susciter dans les rangs de la centrale un débat sur l’action politique partisane ou toute affiliation à un parti. »

 

Ce congrès constitue un premier pas dans la nécessaire rupture avec les orientations de concertation sociale et avec la nécessaire politisation de l’action syndicale. C’est à suivre.

 

P.M.

 

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