Les fruits amers du déficit zéro!

 

La 4è guerre mondiale est commencé écrit le sous-commandant Marcos faisant allusion aux attaques de la finance internationale contre tous les acquis sociaux et à sa capacité de faire chanter les gouvernements.

En effet, la période est dominée par les créanciers. Les États sont assujettis au pouvoir de chantage du capital financier. Et le capital financier exige l’élimination du déficit public... Il exige même que cette élimination passe par des attaques contre les dépenses sociales. Alors les gouvernements s'éxécutent. Le gouvernement Bouchard le premier. Les solutions avancées conduisent à des licenciements, à la précarisation du travail, à la baisse du pouvoir d’achat de la population... Ces politiques ont des effets récessionnistes certains qui conduiront à l'augmentation du chômage et à la diminution des rentrées fiscales. Le capital financier sera, lui, encore là, pour prêter et réendetter les États.

Au Québec, on prévoit pour le secteur public 30 139 départs à la retraite. Mais ces retraites vont signifier, pour les secteurs de la santé et de la fonction publique, des abolitions de poste. Peut-être y aura-t-il embauche, mais les représentants du Conseil du trésor s’empressent d’ajouter qu’il n’y aura pas d’embauche de postes à temps complet, sauf peut-être en éducation... La situation des services hospitaliers comme nous pouvons le constater hebdomadairement ne saurait influencer les zélotes du déficit zéro.

Et, on nous en prépare de bonnes pour l’automne. La privatisation de l’eau est encore dans le paysage et les affairistes salivent déjà à la perspective de juteux profits.

La déréglementation a encore une fois frappé cet été. L’abolition de décrets d’extension de conventions collectives vont permettre aux patrons de différents secteurs d’exercer de sérieuses pressions à la baisse sur les salaires de secteurs auparavant protégés par ces décrets... Une autre retombée des sommets économiques de l’an dernier.

Appuyer la compétitivité des entreprises québécoises voilà le maître-mot du gouvernement Bouchard. Le premier ministre s’est même permis sa petite définition lors de son intervention à la rencontre au Conseil des gouverneurs des Grands Lacs le 10 juillet dernier: «  La compétitivité, disait-il, est le produit d’un équilibre entre le coût et la qualité de la main-d’oeuvre, la disponibilité et l’affectation des ressources, l’adoption de normes environnementales adéquates et la mise en place d’une fiscalité concurrentielle ». Voilà une formule qui mérite d’être méditée car elle distille une grande hypocrisie. En clair, la compétitivité implique de contenir les salaires réels, de former une main-d’oeuvre sur mesure, d’éviter les mesures environnementales trop coûteuses et d’éviter de taxer les entreprises plus que ses voisins. Voilà quels sont les axes de la politique économique du gouvernement Bouchard...

Et nous n’avons pas encore parlé du pelletage des coupures vers les municipalités...

Il faudra bien que les dirigeants syndicaux nous disent s’ils pensent que le partenariat avec le patronat et le gouvernement Bouchard est encore à l’ordre du jour ou si ce n’est pas plutôt la construction d’un large front commun de résistance militant et actif qu’il faut construire maintenant.

 

Bernard Rioux

 

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