MANIFESTATIONS AU BRÉSIL CONTRE LES POLITIQUES NEOLIBERALES
Les médias du Brésil ont évalué à 70 milles le nombre des participants aux importantes manifestations qui se sont déroulées à Sao Paulo et en plusieurs autres points du pays (Río de Janeiro, Río Grand do Sul, Goias, Mina Gerais, Espirito Santo, Pernambuco, Cearé, Parané, Mato Grosso, Alagoas y Santa Catarina).
Les manifestants (paysans, sans emplois et syndiqués) ont voulu dénoncer les politiques néo-libérales mises en application depuis l'élection du gouvernement Cardoso. Au même moment, le chef d'État se trouvait à Corumbé, ville frontalière du Brésil avec la Bolivie où l'attendaient quelque 200 militants du PT pour lui rappeler les revendications et les manifestations en cours. Cardoso s'en est pris aux dirigeants des manifestations, les accusant de "fomenter le désordre et d'aller contre la démocratie"; le chef d'État est allé jusqu'à dire que " ce sont des gens bornés qui devraient aller vomir leur bile et leur rage chez eux, à la maison, au lieu de s'en prendre à tout le monde."
Aux manifestants de Sao Paulo se sont ajoutés plusieurs contingents venus de diverses régions du Brésil. Le contingent le plus important, sans doute, aura été celui formé par le "Mouvement des Travailleurs ruraux sans Terre" (MST, dont il fut question dans une édition antérieure du journal La Gauche). Rappelons que le MST demande au gouvernement Cardoso d'accélérer les processus de réforme agraire en donnant suite à sa promesse électorale d'octroyer des terres aux millions de travailleurs agricoles qui n'en ont pas. Selon le MST, il y a presque 50 milles familles paysannes, installées dans des campements provisoires, qui attendent que le gouvernement leur octroie des titres et des terres.
À la colère des travailleurs agricoles s'ajoute le mécontentement d'autres secteurs. Certains organisateurs de la manifestation à Brasilia pensaient même que les soldats y prendraient part pour protester contre leur bas salaire. Le gouvernement du Brésil se vante d'avoir stabilisé le système économique en mettant en place un programme de contrôle de l'inflation galopante qui avait marqué le Brésil durant quelques années. L'opposition politique ainsi que les syndicats ouvriers et paysans eux reprochent à Cardoso d'avoir basé sa politique sur la privatisation en "vendant le pays" au coût de 30 millions de Brésiliens, obligés de vivre en dessous du seuil de pauvreté. Luiz Ignacio Lula, dirigeant du Parti des Travailleurs (PT), reproche au gouvernement d'orienter ses politiques en vue uniquement d'éponger le déficit fiscal et la dette, de n'avoir aucune perspective sociale et ne rien faire pour la réforme agraire.
(Adaptation d'un article du quotidien La Jornada,
le 26 juillet 1997, par Jean-Jacques Roy)