Un nom plus que symbolique ...
La Brèche Socialiste
par l'Équipe de rédaction de la Brèche socialiste
Depuis un an, l'Exécutif national a voulu faire de son bulletin un outil privilégié de communication. D'abord créer un espace favorisant la communication interne pour stimuler la vie du Parti, pour favoriser la circulation de l'information entre les membres, pour provoquer la réflexion et pour initier des débats permettant d'avancer dans la construction de l'organisation politique. Il servira de support à la diffusion de notre programme et de notre manifeste.
Deuxièmement, ce journal est un outil pour nous faire connaître et faire circuler nos positions, nos questionnements afin d'alimenter le débat dans les différents milieux progressistes.
La première étape a été de former une équipe de rédaction et d'établir un échéancier de publications. Il y aura encore une période de rodage et de raffinement ... et la recherche de collaborations provenant des différentes régions est une préoccupation constante. Mais la publication mensuelle d'un recueil de textes de réflexion, d'analyse et d'informations demeure réaliste.
Nous étions rendu à l'étape de donner un nouveau nom à notre journal inscrit dans l'évolution que porte le PDS. La Brèche Socialiste pour ...
Faire une brèche
Faire une brèche dans le mur du discours glorifiant le «nouvel ordre mondia». La Brèche socialiste se veut un outil pour créer l'espace aux valeurs qui s'opposent à celles du néolibéralisme.
Comme Ricardo Petrella (1) l'exprimait si bien lors de sa conférence à Québec au printemps dernier, les batailles d'aujourd'hui sont entre autres, des batailles de symboles, autour et sur la base desquels se construisent, s'affirment et meurent nos vues, nos attentes, nos visions, nos espoirs. Il devient donc primordial de déligitimer la rhétorique dominante.
«(...) Il ut refuser à la rhétorique dominante toute légitimité comme capacité de création du futur. Elle ne crée pas le futur, mais l'apartheid social mondial. Elle n'aboutira pas à la société, mais à la ségrégation excluante et destructrice des liens sociaux. Très concrètement, il faut déligitimer le principe de la compétitivité comme principe gouvernant l'avenir de nos sociétés. Il faut dire non aux principes de libéralisation, de déréglementation, de privatisation.»
Battre en brèche
Battre en brèche le déficit zéro comme objectif social. Celui-ci est la preuve que nos systèmes politiques n'ont plus la capacité d'exercer le contrôle sur les marchés financiers. Nos gouvernements se sont soumis aux cotes de crédit. L'obsession du déficit a contaminé même les coeurs sensibles au point où la fièvre les font divaguer. Trente milles employé-e-s de l'État envoyés à la retraite est une opération qualifiée de grand succès! (??!!) On rêve chez les affairistes à la manne d'argent que constitueraient l'assurance-automobile privé, l'assurance-maladie privée, les hôpitaux et les écoles privés opérés par du personnel privé non syndiqué.
N'avons nous pas la capacité de renforcer la vision de l'économie au service des citoyens et des citoyennes, à la protection du patrimoine collectif et à court terme, se servir du pouvoir fiscal sur les grandes entreprises? «Les coûts de l'absence de l'État sont abstraits en comparaison des déficits dont les chiffres sont alignées. Personne ne comptabilise les chiffres de la misère. La comptabilité nationale est pourtant complètement déficiente entraînant les investissements dans l'éducation et la santé comme pures charges, alors que ce sont des actifs destinés à rapporter des recettes futures.»(2) -
Être sur la brèche
Être sur la brèche, combattre pour construire une projet de société à notre image, n'est pas le lot de quelques individu-e-s à l'image médiatique développée qui propagent des idées et laissent à d'autres, en s'en lavant les mains, la tâche de les appliquer. Être sur la brèche dans le sens de la mobilisation. Construire un parti socialiste porteur des aspirations des travailleurs et des travailleuses qui devront solidairement prendre en main l'organisation de leur pays. Peut-on encore laisser les Bouchard, Landry, Chrétien, Martin et cie. démanteler nos services publics, appauvrir la population, détruire les conditions de travail et larguer nos richesses vers les banques? Il est diffiile de croire en un tournant progressiste s'il n'y a pas d'action politique organisée, démocratique.
Vaste programme n'est-ce pas? Une brèche socialiste dans l'enceinte capitaliste de l'Amérique du Nord ... Avons-nous réellement d'autres choix?
1- Ricardo Petrella est membre du groupe de Lisbonne. Il donnait une conférence au Musée de la civilisation, à Québec en avril dernier. Il a également contribué à la préface de l'État aux orties?, Éditions Écosociété, 1996 et à Limites à la compétitivité, Boréal, 1995.
2- Michel Bernard, L'utopie néolibérale, 1997.