La barbarie comme projet de société

par Alain Marcoux

Les dernières élections fédérales ont été l’occasion de voir à quel point le programme social du Parti Réformiste coïncide parfaitement avec celui de l’aile droite républicaine au États-Unis: la loi et l’ordre en constitue l’axe central.

«The law and order»

Le thème de la loi et l’ordre occupe une place prépondérante dans le programme réformiste. L’adoption d’une loi en faveur des droits des victimes d’actes criminels vient en tête de liste. Celle-ci permettrait entre autre aux victimes d’actes criminels de témoigner de l’impact du crime avant le prononcé de sentence: question de jouer sur la sensibilité du juré avant sa prise de décision. Il est temps, selon Preston Manning de se défaire de ce système judiciaire qui a donné tous les droits aux accusés et condamnés.

Le Parti réformiste met constamment en opposition les droits des victimes et ceux des accusés, sans que ceux-ci puissent coexister. Ce dernier propose en effet, le retrait du droit de vote aux condamnés détenus dans les prisons fédérales. Malgré que la Cour suprême du Canada ait reconnu le droit de vote des prisonniers, le Reform invoquerait la clause nonobstant pour le leur retirer. L’idéal consisterait pour ces grands démocrates à enchâsser ce changement dans la constitution.

Pour en ajouter à l’orientation répressive de son programme, le Reform propose de remplacer la loi sur les jeunes contrevenants par des mesures plus dures et d’abaisser l’âge auquel ils peuvent faire l’objet d’accusations criminelles pour être jugés par un tribunal pour adultes.

Ces chantres des droits et libertés individuelles promettent de plus d’abroger la récente loi sur le contrôle des armes à feu pour mettre l’accent sur la répression des crimes commis avec ces armes (sic, sic et resic). La liste pourrait s’allonger, mais l’ensemble des positions ci-dessus résume bien à quelle source politique s’abreuve le Reform.

Le rétablissementde la peine capitale ...

Le Reform a choisi la ville de St-Catherines en Ontario comme lieu dedévoilement de son programme répressif et anti-démocratique. Le choix de ce lieu n’est pas «innocent». Cette ville est toujours sous le choc des atrocités commise par Paul Bernardo. Ce dernier a été reconnu coupable d’avoir séquestré, violé et assassiné deux jeunes filles de l’endroit. Jouant de démagogie, les réformistes utilisent les émotions et les frustrations des gens face à ces événements pour mettre de l’avant l’idée d’un référendum exécutoire sur le rétablissement de la peine capitale.

Alors que chaque jour, la classe capitaliste canadienne sacrifie la vie de milliers de travailleurs et travailleuses, de chômeurs et chômeuses à travers le pays, quelle autorité morale on ces gens pour juger qui a le droit de vivre et qui doit mourir.

La peine capitale on la réserve aux classe ouvrières et populaires. Partout où celle-ci est en vigueur dans le monde, on observe que les condamnés à mort proviennent surtout des classes populaires. La peine capitale est partout appliquée de façon disproportionnée aux noirs, aux autochtones et aux nationalités opprimés. Aux É.U., 40% des condamnés à mort sont des noirs.

Ce programme ultra-répressif qui s’attaque aux droits démocratiques, se situe dans un contexte de profonde crise sociale où les classes dirigeantes sentent le besoin de fourbir, de façon de plus en plus poussée, ses armes de terreur et de répression. Le retour de la peine capitale et l’abolition du droit de vote des prisonniers sont une sérieuse menace pour les classes ouvrières et populaires et annonce le retour à la barbarie.

Nous disons non, au rétablissement de la peine capitale

et exigeons une politique de réinsertion sociale!

 

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