LOFFENSIVE NEOLIBERALE CONTRE
LES SERVICES PUBLICS
Le capitalisme daprès-guerre sest développé et a obtenu ses performances économiques sous des formes particulières où le développement des services publics occupait une place centrale. Il faudrait introduire ici les distinctions qui simposent entre services sociaux (santé, éducation, etc.) services publics de réseau (énergie, transports, postes et télécommunications) et secteur public (sidérurgie, banques, etc.). Il faudrait aussi rendre compte des différenciations existant dun pays à lautre, par exemple entre les Etats-Unis et lEurope, ou bien entre le Nord et le Sud. On se contentera ici dinsister sur la double nature des services publics pris au sens large. Dun côté, ils répondent à des aspirations profondes portées par de puissantes luttes sociales. Mais, en même temps ils ont, pendant toute une période, représenté pour le capitalisme une source de stabilité et de légitimité.
La mise en cause dun modèle
Etat-providence, service public et plein emploi dessinaient une issue globale à la crise ouverte par la grande dépression des années trente qui avait débouché sur le fascisme et la guerre. Ils représentaient également une réponse à la montée révolutionnaire, incarnée par lURSS et la Chine, et à une vague de mouvements sociaux potentiellement révolutionnaires, en Europe et au Japon. Ces dispositifs ont ensuite sous-tendu une période de dynamisme exceptionnel du capitalisme, en dépit (ou à cause) des multiples instruments de régulation qui venaient encadrer les mécanismes de marché. Les théoriciens de ce modèle en concluaient que le capitalisme organisé pouvait dépasser la contradiction entre la recherche du profit maximal et le maintien de débouchés susceptibles dabsorber une production en forte croissance. Les services publics, pris au sens large, avaient donc une fonctionnalité économique revendiquée. Du coup, ces performances permettaient de fonder la légitimité du système qui affirmait, non sans arguments, quil savait dorénavant éviter les crises et quil garantissait à chacun un emploi, une protection sociale de qualité, et une croissance rapide du pouvoir dachat.
Loffensive néolibérale représente un renversement total de ce discours, une entreprise systématique de délégitimation du modèle précédent. Dans le cas français, un retour en arrière dun demi-siècle permet de réaliser que tous les acquis issus de la Libération sont remis en cause : salaire minimum, sécurité sociale, conventions collectives, nationalisations. Ce retournement résulte de la combinaison de trois grandes tendances étroitement imbriquées. Au niveau économique, la fin de londe longue expansive peut sanalyser comme une perte defficacité de tous les dispositifs de laprès-guerre. Pour ne prendre quun exemple, le développement des dépenses sociales, à partir du moment où elles sautonomisent par rapport à une logique purement marchande, finit par se transformer de soutien de la demande en pression excessive sur la rentabilité du capital.
Loffensive du capital conduit en second lieu à une modification des rapports de force sociaux, à la fois internes et externes. A lintérieur, la profondeur de la crise rend inopérantes des politiques social-démocrates appliquées de plus en plus timidement, tandis que leffondrement des sociétés bureaucratiques contribue à vider de contenu lidée même dalternative tout en supprimant une pression qui ne sexerçait dailleurs vraiment plus que dans le Tiers Monde.
Le troisième élément est la mondialisation, en ce quelle permet de faire pression idéologiquement, mais aussi matériellement, sur la plupart des conquêtes sociales. Dans le domaine des services publics, on assiste à la constitution de grands groupes multinationaux qui obtiennent une certaine autonomie à légard des Etats nationaux et, en tout cas, une position qui leur permet dimposer leurs intérêts propres, notamment sous forme de privatisation ou douverture aux capitaux privés.
Une offensive généralisée
Au-delà même des différenciations entre secteurs et pays, ce quil faut souligner avec force, cest justement la prétention à luniversalité de loffensive néolibérale. Cest ce qui permet de parler de services publics en un sens très large, tant la similitude des arguments et des stratégies est frappant. Pour ne prendre que lexemple mexicain, la privatisation du téléphone et la transformation dun (maigre) système de retraites par répartition en fonds de pension ont été mis en oeuvre exactement selon la même logique quen Europe. Par une sorte de « développement inégal et combiné » à lenvers, ce sont dans les pays du Tiers Monde que le projet néolibéral sexprime souvent de la manière la plus radicale. Il sagit toujours de réduire les dépenses publiques en fonction de « normes » préétablies, quil sagisse de taux de prélèvements obligatoires, du déficit public ou du service de la dette. Les arguments dassainissements internes et de gestion de la contrainte extérieure se combinent selon des proportions qui diffèrent évidemment en fonction du degré de dépendance de chaque économie nationale.
Cet universalisme sincarne au plan organisationnel. Ce sont par exemple les experts du FMI qui colportent à travers le monde des plans dajustement sortis du même moule. Cest à lOCDE quest confiée la tâche de piloter la mise en place de systèmes fiscaux en Europe de lEst. Cest enfin la Banque Mondiale qui produit un rapport sur les retraites codifiant, pour la planète entière, le passage à des fonds de pension par capitalisation.
Une offensive marchande
Quel est le point commun entre les retraites et le prix du timbre ? Sur le fond, ces deux services ont en commun dêtre offerts dune manière relativement socialisée. Les retraites par répartition consistent en effet à déconnecter le versement de la pension de leffort individuel dépargne, et à organiser une forme de solidarité sociale entre actifs et inactifs. Cest la société (et non une compagnie dassurances) qui garantit à ceux qui paient aujourdhui des cotisations quils recevront plus tard une retraite, selon certaines règles qui ne sont pas strictement individualisées. Le prix du timbre est lui aussi fixé de manière socialisée : cest le principe fondamental de peréquation tarifaire qui intervient ici pour établir le principe selon lequel, sur un territoire donné, lenvoi dune lettre coûtera le même prix. Là encore, le prix de la prestation nest pas proportionnel à son coût individuel.
Cette socialisation retire jusquà un certain point le statut de marchandises aux biens et services correspondants. Loffensive néolibérale peut au contraire être analysée comme un projet visant à faire disparaître cette caractéristique, et à rendre, voire à donner, le plein statut de marchandise dans tous ces domaines. Ce nest pas seulement la forme de propriété du secteur public qui est ici en cause mais, plus fondamentalement, un mode de satisfaction des besoins sociaux. Cest la libéralisation qui est visée, autrement dit lindividualisation de loffre de biens et services. Cette compréhension générale permet déviter lerreur de penser que le débat sur les services publics est purement technique, et aussi de prendre la mesure des difficultés réelles pour le mouvement ouvrier à répondre à cette offensive.
Largumentation néolibérale
A côté dun discours idéologique normatif, loffensive néolibérale sappuie sur des arguments qui se veulent plus objectifs. Le premier insiste sur les transformations intervenues qui rendraient obsolètes les services publics traditionnels. La demande se serait diversifiée et ne porterait plus sur des prestations standardisées ; du côté de loffre, les mutations technologiques rendraient possible une structuration différente, plus souple, des réseaux. Il est vrai que les transformations mentionnées rendent possible la remise au privé de secteurs isolables et à forte rentabilité (cest tout le débat sur lAccès de Tiers aux Réseaux). La tendance correspondante est de scinder les services publics entre la gestion de linfrastructure et lutilisation des réseaux. Cependant, même si lon admet quune telle réorganisation puisse être viable, ce qui est discutable dans certains secteurs, cela nimplique en rien que de telles réformes soient « nécessaires ». Cette distinction entre potentialités technologiques et nécessité est un point-clé du débat.
Le second argument est celui de lefficacité. Dans certaines circonstances, où les services publics fonctionnent particulièrement mal (on cite traditionnellement le cas de la poste italienne), il est difficile de sopposer à un processus de privatisation supposé répondre à tous les maux. Ces évidences sont cependant trompeuses. Il y a souvent un glissement sur la définition même de lefficacité qui sobtient souvent en partie par disparition des missions de service public. Une entreprise privée qui se concentre sur les parcours rentables sera ainsi plus « efficace » quun service public couvrant lensemble dun territoire. Mais cette supériorité aura pour contrepartie une satisfaction sélective des besoins sociaux. La prétention du privé doit dailleurs être discutée dun point de vue inverse : on dispose maintenant de plusieurs exemples qui montre que la logique de privatisation peut aller au-delà de critères très généraux defficacité. Le projet de privatisation des trains suisses peut difficilement sappuyer sur un tel argument, mais que penser à cette logique de découpage des réseaux et des fonctions inaugurée avec la privatisation de British Railways et qui conduirait, poussée jusquà labsurde, à lexistence de sept compagnies de chemin de fer au Luxembourg !
La contrainte de la mondialisation
Selon un discours largement répandu, la mondialisation rendrait impossible le maintien de services publics nationaux hétéroclites. Il faudrait, pour être compétitif et en règle avec les nouvelles normes de concurrence, réduire au maximum le champ des services publics. Ce discours, fortement idéologique, sappuie, lui aussi, sur un raisonnement incomplet. On ne peut en effet établir que louverture internationale serait en soi incompatible avec la présence dun fort service public. En particulier, on ne comprend pas pourquoi lunification européenne supposerait en soi la privatisation des services publics et de pans entiers de la sécurité sociale. Plutôt que la mondialisation en général, cest la déréglementation qui laccompagne qui pèse sur les services publics.
Encore faut-il bien évaluer limpact direct dune telle tendance. Le secteur des transports aériens est sans doute le seul exemple dune mondialisation objective dun secteur, en ce sens quelle met directement en concurrence, sur un même réseau, des compagnies privées et publiques. Pour que la logique de service public nen soit pas évincée, il faudrait une réglementation globale qui est rendue impossible à partir du moment où plusieurs intervenants essentiels (Etats-Unis, Royaume-Uni) ont imposé une déréglementation significative. Mais les choses ne se passent pas ainsi dans de nombreux autres domaines. En Europe au moins, les phénomènes de concurrence entre public et privé dans des secteurs comme la santé ou léducation sont relativement encadrés, et, surtout, les « marchés » nont pas le même support physique. Telle compagnie britannique ne peut aisément ouvrir une ligne de TGV concurrente de la SNCF. Certes, les capitaux peuvent se déplacer, mais les infrastructures, comme les institutions, sont beaucoup moins malléables. Une autre manière de dire les choses est quil nexiste pas de tendance à la formation dun prix mondial unique dans de très nombreux secteurs qui ne sont pas directement exposés à la concurrence. Le poids des normes et des réglementations lemporte sur louverture des frontières. Même à lintérieur dun espace relativement homogène comme lEurope, il subsiste de considérables différences dans les systèmes de prix, dans les systèmes fiscaux et les normes sociales.
Il existe par ailleurs des résistances sociales profondes à travers les pays. En France, un discours spécifique prend pour cible des services publics « à la française » qui seraient particulièrement éloignés de la norme européenne en cours de définition. Mais le mouvement de novembre-décembre 1995, lécho quil a eu dans les pays voisins, et les luttes menées sur ce terrain ont pesé sur les discussions périphériques au Traité de Maastricht. On a vu ainsi apparaître une notion de « service universel » chargée de répondre à ces aspirations alors que la pratique des institutions européennes allait plutôt dans le sens de linterprétation ultra-libérale, correspondant dailleurs à la lettre et à lesprit du Traité. Il sagit bien sûr dune réponse dévoyée qui cherche à instaurer une logique « à deux vitesses » avec un service minimum étroit et le champ libre à linitiative privée.
Une contre-argumentation possible
Il faut se rappeler que la majorité des économistes saccordait il y a trente ans à trouver des fondements théoriques à lexistence de services publics. Largumentaire alors dominant na pas perdu de sa portée aujourdhui. Un premier exemple sapplique particulièrement bien aux réseaux. Qui dit infrastructure lourde, dit investissements massifs dentretien, dextension et de modernisation des réseaux. Si ces réseaux sont ouverts à des exploitants privés, ceux-ci feront évidemment tout pour ne pas participer à ces dépenses et ils trouveront tout à fait normal dans ce cas quelles soient à la charge du budget de lEtat. Il faut donc instituer des règles et définir un cahier des charges, et ensuite assurer la coordination entre les intervenants privés. Cest pourquoi, même dans les schémas ultra-libéraux, on est obligé de mettre en place une autorité de régulation afin de remplir ces différentes fonctions. La vision absurde selon laquelle la réglementation est purement une déviation administrative ne tient pas la route. Quelle que soit la solution retenue, il y a un certain nombre de règles à édicter, de choix sociaux à effectuer. Or, le risque est grand de voir la tendance à la privatisation saccompagner dune vision à court terme débouchant sur une baisse de sécurité, de qualité, et sur un transfert vers lEtat de charges indues.
Le second argument consiste à mettre le doigt sur une contradiction logique du discours dominant. Si la mondialisation renvoie notamment à la constitution dun marché mondial, est-ce que la solution la plus rationnelle et la plus efficace ne serait pas une coordination souple, plutôt que la fragmentation concurrentielle ? Si lunification européenne a pour but la construction dun espace unifié, le meilleur moyen dy parvenir est-il par exemple de faire éclater en mille morceaux les réseaux de transports, de postes, de distribution de lénergie ? Même le Traité de Maastricht parle explicitement d « interconnexion » des réseaux, mais nen tire pas les conclusions qui semblaient aller de soi dans dautres secteurs. Pourquoi pas une politique énergétique européenne, une politique de transports et télécommunications, etc ? Quelle est lentité économique qui sest construite sans un processus de coordination, de maillage ou dunification des différents réseaux économiques ?
Reste largument de fond, qui permet de sortir de considérations techniques, et correspond à un choix de société qui ne peut se déduire daucun « primat des forces productives ». Le mouvement vers la libéralisation-privatisation est de ce point de vue lourd dun processus déviction et de sélection des besoins sociaux. Cest laspect central du débat. Soit la société considère quun certain nombre de besoins doivent être satisfaits selon des procédures socialisées qui déconnectent en partie laccession à un certain nombre de services du pouvoir dachat individuel, soit elle fait le choix inverse consistant à ne satisfaire que les besoins rentables. Il est clair que cette seconde option prend pour acquis les inégalités sociales et quelle tend du même coup à les amplifier. Cela ne suffit pas cependant à rendre les choses faciles.
Les défis du mouvement ouvrier
La difficulté essentielle provient du fait que les services publics, lEtat-providence représentent une socialisation intermédiaire qui avait fait sortir toute une série de besoins du secteur marchand pur, sans pour autant inscrire dans les faits une logique de dépassement de la logique marchande. Cette nature intermédiaire explique pourquoi il faut défendre les services publics, mais aussi pourquoi on ne peut le faire sans esquisser un projet de dépassement.
Toute discussion sur les services publics porte au fond sur le mode de satisfaction des besoins sociaux et donc, au moins virtuellement, sur le socialisme. Entre la logique purement marchande et la gratuité qui est en fait une mise à disposition socialisée on trouve toute une gamme de solutions qui font intervenir des éléments de tarification publique ou de subventions à la dépense. Le néolibéralisme a pour objet de réintroduire partout les mécanismes marchands, lalternative socialiste vise au contraire à garantir la satisfaction des besoins élémentaires qui correspondent à des conditions de vie décentes.
Cest autour dun tel projet que doivent sarticuler les luttes sur les services publics. La notion fondamentale est ici celle de droit, de plus en plus portée par le mouvement social : droit à lemploi, droit au logement, droit au santé, droit à léducation. On ne défend pas les services publics par attachement au public contre le privé, mais parce quils sont des instruments adaptés à une couverture rationnelle et universelle des besoins sociaux. La mise en oeuvre de cette notion defficacité, définie à partir dautres critères que la rentabilité à court terme sur certains segments, passe par une exigence générale de gestion démocratique. La défense du service public ne saurait être une défense du gaspillage ou une défense de la bureaucratie, sinon le néolibéralisme est forcément vainqueur. Très concrètement, cela implique que le mouvement ouvrier et associatif dans son ensemble sempare de ces exigences, pour ne plus laisser aux travailleurs des secteurs concernés le soin de défendre les services publics à travers la défense de leurs propres statuts.
Mais la difficulté la plus grande, notamment en Europe, est darticuler revendications universelles et spécificités nationales. Encore une fois, les politiques néolibérales sont dune stupéfiante similitude dun pays à lautre, même si ce à quoi elles sattaquent peut être très différent. Comme on ne défend bien que ce qui existe, lillusion du mouvement ouvrier a souvent été de penser défendre un modèle national. Dans une telle situation, la logique voudrait que lissue se trouve dans une définition homogène et la plus internationale possible des services publics. Les rares expériences de coordination internationale, par exemple celle des cheminots qui a débouché sur une journée daction internationale en 1992, montrent quil sagit là dune tâche impossible. Les traditions de toutes sortes, y compris revendicatives, font quune plate-forme réellement commune est hors datteinte. On rejoint là un débat plus vaste sur la manière darticuler luttes sociales au niveau national et coordination internationale. Cette dernière ne saurait être conditionnée à la réalisation dune homogénéisation incertaine et lointaine. Plutôt que de mettre en avant des mots dordre symboliques comme un salaire minimum européen, il est plus juste davancer lidée dun système articulé de salaire minimum qui tienne compte de linégal développement des pays. La coordination ne suppose pas identité absolue et cest pourquoi un front de lutte commun sur les services publics implique surtout des mesures de type organisationnel. On pourrait très bien imaginer une journée de lutte internationale pour la défense de la protection sociale où on avancerait dans chaque pays des revendications spécifiques, tout en soutenant celles des pays voisins.
Les mobilisations prennent jusquici la forme de refus de masse dattaques antidémocratiques contre les services publics, mais leur inscription dans les faits dépend de la capacité à affirmer à une échelle de masse des aspirations à un contrôle démocratique, exercé par lensemble de la société, sur la définition et la gestion des services publics. Le mouvement de novembre-décembre 1995 en France a bien montré la nécessité et la possibilité dun tel renversement. Ce fut un mouvement de défense des services publics, mais en même temps laffirmation daspirations beaucoup plus profondes à un autre fonctionnement de léconomie. Cest pourquoi, la situation se caractérise dans de nombreux pays par une profonde ambiguïté. Dun côté loffensive néolibérale se déroule avec une logique inexorable que rien ne semble pouvoir arrêter mais, en même temps, ce modèle est fondamentalement fragile, parce quil est incapable de trouver une légitimité durable. Cest, sans doute pour la première fois dans lhistoire du capitalisme quest organisée sciemment une politique de régression sociale systématique, en tout cas à une telle échelle. Le capital dit clairement que le plein-emploi et la protection sociale sont devenus un luxe quil ne peut plus se permettre, mais il ne sait pas expliquer pourquoi nest plus possible aujourdhui ce dont il se vantait il y a vingt ou trente ans. Les obstacles sont nombreux, les retards du mouvement ouvrier souvent énormes, mais le bon droit et le bon sens se trouvent du côté des aspirations populaires. La préoccupation majoritaire nest sans doute déjà plus de se demander combien de temps il faudra supporter les politiques néolibérales mais de savoir comment y faire échec. La perspective dun tel retournement de situation, dont on peut discerner les premiers signes, met à lordre du jour le refondation dun dépassement non bureaucratique du marché.
Maxime Durand