La fin du recul du mouvement ouvrier américain ?

L'importante victoire
des Teamsters de UPS

 

La plus importante grève aux ÉU depuis 25 ans (190 000 grévistes sur 300 000 employés), chez le plus important service privé de livraison des ÉU, United Parcel Services (UPS), du 5 au 19 août, s'est soldé par une victoire écrasante du syndicat des Teamsters. Comment expliquer cette victoire après la défaite tout aussi écrasante des six syndicats des deux journaux de Détroit, la plupart affiliés aussi aux Teamsters, qui non seulement ont totalement capitulé, l'hiver dernier, après deux ans de grèves mais qui, le 14 août, se sont même vu refuser une injonction, normalement allant de soi, enjoignant les deux trust médiatiques Garnett et Knight-Rider à remplacer les scabs par les employés maintenant techniquement en lock-out, du jamais vu dénoncé par le maire de Détroit et le président du Conseil des relations de travail des ÉU ?

Échelle et contexte économique

Il y a l'échelle des deux grèves. Les 190 000 grévistes de UPS paralysaient la compagnie d'un bout à l'autre. Les 2 000 grévistes de Détroit n'empêchaient pas les deux trust d'opérer à profit leurs chaînes de journaux à travers les ÉU et ainsi de financer leurs journaux scab même si ceux-ci avaient été rendus déficitaires grâce à une campagne de boycott des annonceurs menacés de lignes de piquetage secondaires. L'arrêt des livraisons de colis entre entreprises, contrôlés à 80% par UPS un monopole au vrai sens du terme , un service essentiel pour beaucoup d'entreprises qui l'employaient dans le cadre de leur système de gestion des stocks à flux tendus (just in time), ne pouvait être compensé à court terme par le grand rival de UPS, Federal Express et ne pouvait l'être pleinement non plus par des scab étant donné non seulement l'ampleur des remplacements à faire mais aussi l'expérience requise, assez longue à acquérir, des trieurs et des livreurs.

En un mot, le syndicat de UPS, imitant en cela les récentes grèves sur le tas à GM qui ont momentanément paralysé presque toute la compagnie, a su non pas être victime du système Toyota mais de le retourner contre ses auteurs. De plus, UPS (pas plus d'ailleurs que les trust de Détroit) ne pouvaient menacer leurs travailleurs de déménager au Mexique, ce qui rappelle à la classe ouvrière que le «great sucking sound» invoqué par le populiste droitier Ross Perot ne s'applique pas à la majorité des emplois.

Il y a le contexte économique. Le bas taux officiel de chômage américain de 4.8% favorisait objectivement les grévistes d'UPS d'autant plus que la reprise amorcée depuis 1991 n'a guère profité aux travailleurs. Leur salaire réel horaire était plus bas en juillet 1997 qu'il l'était en 1989, dernière année de croissance avant la crise de 90-91, malgré une récente remontée, et leur journée de travail s'allonge pour ceux et celles qui ne sont pas à temps partiel. Quel travailleur n'est pas au courant de l'incroyable fièvre spéculative de la Bourse de New-York cocassement mise à mal par le succès des grévistes d'UPS, succès qui fait craindre aux spéculateurs des hausses salariales relançant la course profits-salaires d'où inflation d'où hausse des taux d'intérêts nominaux d'où attrait des obligations par rapport aux actions, le tout sur fond de crise et de la frénésie des hausses salariales des dirigeants d'entreprise, sans compter des profits d'entreprise records. Les inégalités de revenu aux ÉU n'ont cessé de croître de 1968 à 1994 (dernière statistique disponible), y incluant chacune des années 1991 à 1994.

La soi-disant classe moyenne et les pauvres ne sont pas s'en s'apercevoir que seulement le 5% des ménages les plus riches prennent une part du gâteau de plus en plus grande aux dépens de tous les autres. Ils ne sont pas s'en s'apercevoir non plus du barbarisme de cette élite privilégiée qui oblige les mères seules à travailler pour leur maigre chèque de bien-être et, de toute façon, leur coupe les vivres après 2 ans continus (maximum de 5 ans sur toute une vie) et qui enlève le minimum vital (food stamps) à la plupart des immigrants reçus. Faut-il s'étonner alors que l'actuel relatif plein emploi aux ÉU eut été l'occasion de sonner la fin de la récréation ?

La longue lutte des rank and file des Teamsters

Mais on n'a jamais vu de situation objective, si favorable soit-elle, gagner une bataille ouvrière majeure surtout après un quart de siècle de recul marqué qui a fait baisser le taux de syndicalisation américain de plus de 20% à 14% (9% seulement dans le secteur privé). La défaite crève-coeur des journaux de Détroit, métropole de la classe ouvrière syndiquée, après celle de Carterpillar, de Staley et de combien d'autres auparavant traduisaient davantage la détérioration continuelle du rapport de forces depuis, en particulier, le congédiement massif, en 1981, des contrôleurs aériens en grève, congédiement qui avait inauguré l'ère reaganienne et l'application à toute la planète des politiques néolibérales.

Au coeur de cette victoire, on ne trouve pas un leader charismatique tel Ron Carey, le dirigeant combatif des Teamsters depuis 1991 et réélu en 1996, et encore moins John Sweeney, le nouveau dirigeant moderniste de l'AFL-CIO élu en 1995 avec son équipe de «New Directions», comme essaient de le faire croire les grands médias qui, devant admettre la défaite cuisante de UPS, tentent d'icôniser Ron Carey pour à la fois tenter de l'amadouer mais surtout pour empêcher les travailleurs de prendre conscience de leur force collective. Car les organisateurs de la victoire, ce sont les TDU (Teamsters for a Democrtatic Union), d'abord opposition syndicale et courant de lutte de classe au sein des Teamsters depuis 20 ans.

Les TDU sont les plus connus et les mieux organisés de ces nombreuses organisations de la base (rank and file) qu'on retrouve aussi moins développés au sein des Travailleurs unis de l'automobile (UAW) et de certains importants syndicats régionaux comme celui des transports publics de New-York mais aussi dans certains secteurs (Justice for Janitors), et surtout chez les minorités nationales et immigrantes (Black Workers for Justice) en particulier chez les femmes de ces minorités (La Mujer Obrera) et le plus souvent sur un quartier où ces minorités se concentrent, ce qui permet de combiner luttes syndicales, pour la syndicalisation et pour les conditions de vie (Workers' Centers). Un bon nombre de ces militants se retrouvent d'ailleurs dans l'organisation pan-américaine Labor Notes connu pour son congrès annuel rassemblant entre 1 000 et 2 000 personnes et sa revue mensuel sur l'état des luttes du mouvement ouvrier.

Sans doute la grande corruption de l'ancienne direction des Teamsters le gouvernement fédéral avait dû intervenir tellement les liens avec la pègre étaient évidents avait provoqué plus tôt qu'ailleurs cette opposition organisée de la base tant et si bien que les TDU ont été les premiers et les seuls, jusqu'ici, à réussir le renversement d'une direction corrompue d'un grand syndicat par non pas une direction seulement honnête mais aussi combative, qui s'appuie sur eux, même si la direction Carey ne joue pas à fond la carte de la démocratisation du syndicat, ce pour quoi lutte les TDU réalisant le lien intime entre combativité et démocratie syndicale.

L'alliance entre les TDU et la nouvelle direction des Teamsters

Les hésitations de Carey entre démocratisation et bonne ententisme avec l'ancien appareil, en grande partie restée en place sauf les plus corrompus, ont d'ailleurs failli lui coûter sa réélection (52% des votes) en 1996 contre Jimmy Hoffa Junior, le fils du célèbre dirigeant pégreux resté populaire parmi les syndiqués, la majorité étant restée non-participante, et habitués depuis des dizaines d'années au style boss syndical charismatique dans la plus pure tradition populiste américaine. À noter que l'élection du président au suffrage universel depuis 1991 avait été imposée par le gouvernement fédéral à l'ancienne direction qui croyait l'emporter facilement grâce à son appareil. C'était sans compter sur les TDU qui, s'appuyant sur une campagne d'information et de mobilisation à la base, ont pris de cours les deux larrons. Reste que la victoire de 1996 contre la vieille garde corrompue, qui paraît définitive, donnera sans doute naissance à une nouvelle vieille garde style honnête syndicalisme d'affaires vers laquelle Carey pourrait pencher à défaut d'un renforcement du courant TDU.

Après son élection de justesse, en 1996, l'équipe Carey devait prouver qu'elle était une équipe gagnante pour faire oublier les «victoires» de la direction Hoffa à une époque de conjoncture plus favorable des trente glorieuses. Les TDU, de connivence avec l'équipe Carey, ont donc minutieusement préparé l'affrontement contre UPS par ailleurs très (trop) confiante dans sa culture d'entreprise (the Brown Culture, nommé ainsi à cause de la couleur de l'habit de travail chez UPS) qui, croyait-elle, lui assurait la loyauté de suffisamment de ses employés pour briser n'importe quelle grève comme d'ailleurs cela avait encore été le cas en 1994 et plusieurs fois auparavant. C'est d'ailleurs cette série de victoires depuis 1968 qui avaient institutionnalisé une main d'oeuvre à deux volets. En 1997, 60% des employés de UPS travaillait à temps partiel à un taux horaire d'à peine plus de 50% du taux horaire à temps plein (11.00 $US versus 20.00 $US). Croire que la Brown Culture fidéliserait cette main d'oeuvre qui, très souvent, travaillait la nuit à trier des paquets qui, jusqu'à 150 livres, devaient être manipulés sans aide, relevait de la pensée magique.

Mais, n'eut été de la contre-offensive syndicale qui offrait une alternative, la compagnie n'aurait sans doute pas eu tort. L'alliance TDU-Carey comprit vite le kilométrage qu'elle pouvait faire avec des revendications appropriées concernant les temps partiel tant auprès des syndiqués que du grand public. Elle réclama donc la création de 10 000 postes à temps plein à même les temps partiel déjà existants (la compagnie en offrait 1 000), la conversion de temps partiel pour chaque cinq nouveaux postes à temps plein sur six (contre 4 sur 5 auparavant) et une augmentation des salaires à temps partiel de 7% l'an (contre 3% pour les temps plein) pour les cinq ans du contrat (la seule concession importante du syndicat qui demandait un contrat de 4 ans). UPS a concédé toutes ces demandes plus plusieurs autres concernant les poids limites à manipuler, la sous-traitance des trajets à longue distance et surtout les fonds de pension qui seront augmentés et resteront sous contrôle syndicale le pool commun est une garantie pour les employés de compagnies qui pourraient disparaître contrairement à la volonté de UPS qui voulait en récupérer la gestion. Évidemment, UPS garde le droit de gestion suprême d'engager ou de congédier selon le volume des affaires, ce qui pourrait se traduire en congédiements si tous les clients ne reviennent pas.

L'alliance TDU-Carey avait mené une campagne d'information-mobilisation sur plusieurs mois qui assura un piquetage massif et moins de 3% de syndiqués-scabs. C'est là tout le contraste avec le lancement de la grève des journaux de Détroit que les directions syndicales avaient été contraintes d'accepter le dos au mur et sans avoir faites aucune préparation. D'où leur acceptation, quelques semaines plus tard, de l'injonction interdisant le piquetage massif organisé par la base soutenue par d'autre syndiqués, surtout UAW, et de groupes communautaires et religieux, piquetage qui avait empêché l'importante édition du samedi. Il faut ajouter à cette impotence des directions locales le refus de l'AFL-CIO sous Sweeny de mobiliser à grande échelle et en particulier d'organiser de grands ralliements jusqu'à la fin juin alors qu'il était déjà trop tard.

Le grand public, à deux contre un, fit sienne la lutte UPS tendant vers l'égalité salariale, reconnaissant là un rejet des inégalités croissantes dans la société américaine dans un contexte non seulement de plein emploi mais de croissance accélérée (le PIB, dans les 6 premiers mois de 1997, a crû de plus de 3%, un taux supérieur au modeste plus de 2% depuis le début de la reprise en 1991). La présidence Clinton n'a pas osé recourir à la réactionnaire loi Taft-Hartley voté au début de la guerre froide et qui permet d'invoquer arbitrairement une situation d'urgence pour forcer le retour au travail sans contrat (quelques jours après le déclenchement de la grève, Clinton a appliqué cette mesure aux grévistes d'Armtrak, l'équivalent de Via Rail aux ÉU). Intervenir ainsi aurait certainement nuit aux Démocrates dans leur tentative, en 1998, de reconquérir la majorité au Congrès et au Sénat d'autant plus qu'une probable résistance syndicale aurait nécessité une intervention répressive contre une grève populaire.

La nouvelle direction de l'AFL-CIO

Il faut souligner aussi l'appui dès le départ de la direction de la l'AFL-CIO qui est allé chercher plusieurs millions de dollars chez ses affiliés (les Internationales) pour garnir le fonds de grève épuisé des Teamsters. Cette initiative signala à la bourgeoisie que tout le mouvement syndical américain pourrait éventuellement passer du mode d'appui passif au mode actif si la grève se corsait ou se prolongeait. Peut-être la direction Sweeny a-t-elle réalisé que le mouvement syndical américain était devenu trop faible pour être considéré comme un partenaire valable par le patronat d'où la mise en cause de la stratégie concertationniste de l'équipe Sweeny. Lors de la campagne présidentielle de l'automne dernier Sweeny avait engagé 35 millions $US pour la réélection de Clinton, malgré l'ALÉNA, malgré l'échec de la réforme de la santé, malgré la contre-réforme barbare du bien-être social et malgré des lois anti-immigrants, dès les tous débuts de la campagne et sans faire aucune demande, signalant par là la grande faiblesse du partenaire junior de la grande alliance Démocrate.

Il faut de rappeler que le fait, qu'en 1995, l'équipe Sweeny ait osé affronté la vieille garde et qu'elle ait gagné ne vient pas d'un mouvement à la base comme chez les Teamsters mais d'un au sein de la bureaucratie syndicale paniquée par une longue série de défaites qui écartaient l'AFL-CIO du portrait politique, ce qui à terme annonçait de potentielles sérieuses défections de la centrale d'où remise en cause de pas mal de privilèges bureaucratiques. Sweeny, c'est le Gorbatchev de l'AFL-CIO dont l'arme nucléaire est le nombre des effectifs syndicaux mais non le contrôle des syndicats par ces mêmes effectifs dans le but d'affronter patronat et gouvernement. Mais au moins la liquidation de l'ancienne direction style guerre froide a-t-elle au moins fait disparaître l'affreux département de politique extérieure, l'AFL-CIA comme l'appelait dérisoirement ses détracteurs.

Une campagne de syndicalisation

La manière de hausser les effectifs syndicaux à la baisse ( de 17.7 millions en 1983 à 16.3 en 1996 ) aux ÉU, dans un contexte de rationalisation dans la grande production manufacturière et dans le secteur public mais de croissance des services et de la sous-traitance, est un effort massif de syndicalisation des sous-traitants manufacturiers et des grandes chaînes de services à la population, très souvent franchisées, par l'intermédiaire d'entente avec la tête de pont des sous-traitants, comme les grands de l'automobile, encore largement syndiqués et par des percées dans certains points de service des chaînes qui feraient tâche d'huile grâce à une législation favorable, par exemple la syndicalisation multi-patronale. Or ces types d'emplois sont massivement occupés par les jeunes, les femmes et les minorités nationales, alors que les grands syndicats traditionnels comportent encore une forte proportion d'hommes blancs, avec une bonne dose de préjugés racistes et sexistes, ce qui est encore plus vrai pour les travailleurs à temps plein à temps complet qui contrôle les postes-clefs syndicaux.

La méthode Sweeny est d'inviter les syndicats à consacrer 30% de leur budget à la syndicalisation toutes azimuts, sans stratégie, pour embaucher et former des agents recruteurs, en particulier de jeunes gens entraînés dans des Union Summer à la manière des libéraux des années 60 qui formaient sur le tas de jeunes étudiants blancs du Nord afin de les lancer dans l'organisation des Noirs du Sud. On peut douter de l'efficacité de ses méthodes par le haut surtout quand on réalise que simplement pour maintenir l'actuel taux de syndicalisation de 14% il faut 400 000 syndiqués par année, et entre 800 000 et 1 million pour hausser le taux de syndicalisation d'un point de pourcentage.

Il faut une stratégie. Il faut viser, par exemple, les usines sous-traitantes de pièces d'automobile délaissées par les UAW afin de préserver la compétitivité des trois grands, ce qui, espère-t-on, sauvera les emplois des travailleurs déjà syndiqués. Il faut aussi cibler les Wall-Mart, MacDonald, etc., et lier la syndicalisation aux ÉU avec le soutien des efforts de syndicalisation dans le tiers monde où souvent ces grandes chaînes s'approvisionnent auprès de sous-traitants faisant régner des conditions de travail proche de l'esclavage, comme le fait le National Labor Committee vis-à-vis la chaîne de vêtements The Gap et Walt Disney, et d'autres groupes de la Côte ouest vis-à-vis Nike ou Starbuck. Mais, surtout, il faut mettre à contribution la base syndicale elle-même, comme à commencer à le faire l'alliance TDU-Carey, autrement plus crédible pour donner des coups de téléphone, faire des visites de fin de semaine ou distribuer des tracts. Mais sans démocratisation des syndicats et sans lutte contre le racisme et le sexisme, il sera difficile à la base syndicale de se convaincre de s'embarquer dans une tel effort.

Plus prometteur donc sera la tentative de l'alliance TDU-Corey de syndiquer le grand rival de UPS, Federal Express, et les prochaines négociations chez les grandes entreprises de camionnage des ÉU. Des succès dans ces dossiers pourraient être l'amorce d'une vague de syndicalisation qui signifierait un tournant par rapport à la défaite des contrôleurs aériens de 1981. On ose à peine penser la signification politique d'un tel tournant non seulement pour les ÉU mais aussi la zone ALÉNA et le monde entier. Cela signifierait le début d'une contre-offensive anti-néolibérale qui ouvrirait des possibilités inédites aux partis à potentiel anticapitaliste, comme par exemple le nouveau Labor Party, fondé au printemps 1996, qui trouverait peut-être le courage de se transformer d'un groupe de pression sur le Parti Démocrate en un véritable parti des travailleurs qui présenterait des candidats aux élections au Congrès en novembre 1998, seule politique conséquente au bipartisme sans fard qu'ont consacré les élections de novembre 1996.

Reste que le simple coup de semonce au monde de la spéculation de New-York est déjà une victoire idéologique qui n'est pas à dédaigner et qui suggère l'aspect château de cartes du capital financier. Mais les bons coups idéologiques qui ne sont pas repris organisationnellement n'aboutissent à rien.

Se pourrait-il qu'il y ait un impact immédiat sur la classe ouvrière de l'État canadien ? Ponctuellement, on note que le syndicat des postiers, dans une négociation qui semble bloquée et sur le bord de la grève, met davantage d'importance sur la question de la transformation des postes à temps partiel à des postes à temps plein. C'est le syndicat des Teamsters qui tente de syndiquer le MacDonald de St-Hubert, ce qui serait une première en Amérique du Nord. Le mouvement ouvrier ontarien sera-t-il revigoré dans sa lutte contre la loi 136, décidée en juillet par des congrès spéciaux de la FTO et de la SCFP-Ontario ? Probablement que non. Pourtant la popularité de Harris est fortement à la baisse depuis quelques mois. Mais les directions syndicales impliquées sont plus du style Sweeny que Corey et, surtout, il n'y a pas d'équivalent des TDU dans le portrait. Mais à moyen terme une reprise du mouvement ouvrier américain pourrait être exemplaire d'autant plus qu'elle hâterait une récession qui forcerait le mouvement ouvrier canadien à réagir s'il ne veut pas s'enfoncer davantage après une reprise beaucoup plus anémique qu'aux ÉU.

Marc Bonhomme, 3 septembre 1997


Sources d'information

1. Divers numéros de la revue Agents the Curent, en particulier les articles du #67 portant sur les Teamsters et l'AFL-CIO.
2. Le bilan de la grève UPS dans The Economist, 23/08/97 et Business Week, 1/09/97
3. Les bilans de la grève Web de Agents the Curent, Teamsters for a Democratic Union et LaborNews
4. Communication de Charlie Post, membre de Solidarity des ÉU, au congrès de New Socialist Group le 23 août 1997.

 

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