Le prétendu virage social-démocrate et pré-électoral du PQ

Encore et toujours de la poudre aux yeux

« On est tanné de l’autre façon de gouverner », voilà le slogan qui dominait lors de la manifestation des employé-e-s municipaux le 27 septembre dernier. Pour faire face au désenchantement qui se développe dans les différents secteurs de la population, le PQ change son discours. « Mentez, mentez, il en restera toujours quelque chose » dit le proverbe. Et c’est bien cette déconcertante orientation du mensonge systématique qui guide actuellement le gouvernement péquiste dans cette période déjà pré-électorale.

Le gouvernement péquiste prétend que sa politique a été orientée « par sa défense des acquis sociaux » et par « son refus de sabrer aveuglément dans les budgets de l’État ». Il se vante de sa loi sur l’équité salariale, du maintien du gel des frais scolarité...

Mais notre devise, à nous, n’est pas « je me souviens mais longtemps... » Il est impératif d’avoir la mémoire longue. La loi sur l’équité salariale a été édulcorée jusqu’à la limite de l’insignifiance. Le maintien du gel des frais de scolarité a été imposé par la mobilisation de dizaines de milliers d’étudiantes et d’étudiantes qui ont pris la rue pour faire entendre raison à la ministre. Et les plans de dégel sont encore sur la table.

Pour ce qui est de la défense des acquis sociaux, les personnes assisté-e-s sociales, les travailleuses et les travailleurs de la santé, les professionnel-le-s du secteur de l’éducation savent bien qu’est-ce que cela veut dire.

Dans l’éducation, une réforme? Non une contre-réforme!

La réforme dans l’éducation se fait sous le signe de l’économie à tout prix. Sous le couvert de la décentralisation et de la démocratisation, le gouvernement péquiste s’en prend à l’intégrité du service public d’éducation. Comme l’écrit la CEQ, « le caractère public de l’école est menacé ». Depuis des années l’école privée, financée en majorité par l’État et au service des élites, est en progression. Ce développement de l’école privée a favorisé l’apparition d’écoles publiques à projets éducatifs particuliers et à recrutement sélectif. En permettant aux commissions scolaires de déroger au régime pédagogique national, la ministre Marois va donner un nouveau coup de fouet qui menacera non seulement l’existence d’un tronc commun de formation que permet l’école publique mais qui réduira le caractère démocratique de l’école.

Dans l’éducation, les coupures sauvages continuent et préparent le terrain pour le développement de la sous-traitance et de la privatisation des services professionnels. Au niveau de la formation professionnelle, ces coupures sont la justification de la réduction du rôle de l’école publique au profit d’une formation complètement soumise aux besoins ponctuels des entreprises.

La « dynamique ministre » qui semble prête à tout bouleverser, se fait timide et inactive pour la défense d’une école vraiment laïque. (Nous reviendrons dans un prochain article sur les conséquences sociales de sa « réforme pédagogique »)

Rochon, le ministre de la santé le plus justement haï dans l’histoire du Québec

Il est de plus en plus insupportable de voir le ministre Rochon défendre l’indéfendable de sa contre-réforme dans la santé.

Abolir les postes dans la santé dans les service directs à la population, augmenter jusqu’à l’épuisement du personnel la tâche de travail, développer l’insécurité chez les malades et leur entourage, voilà, les conséquences des politiques du ministre Rochon et des ses régies.

Les montants récemment alloués non seulement ne compensent en rien les coupures effectuées, mais elles visent essentiellement à faire baisser la pression pour éviter une explosion dans le secteur alors que les perspectives électorales sont relativement rapprochées.

Le PQ, la prétention social-démocrate... la réalité néo-libérale

Il est quand même indécent que nombre d’intellectuel-les soit disant progressistes se soient prêtés au jeu du PQ visant à ravauder son visage soit disant social-démocrate lors du colloque du PQ intitulée « Social-démocratie et mondialisation » tenu les 27 et 28 septembre dernier.

Alors que le ministre Landry se vante que la fiscalité au Québec est la plus concurrentielle en Amérique du Nord, il faut le sans gêne de gens proche du pouvoir en place, pour mener des discussions sur l’actuelle répartition des richesses. Le gouvernement péquiste s’est-il attaqué à l’iniquité de la fiscalité? Ne s’est-il pas attaqué aux personnes assistées sociales? Non, deux fois non.

Quand les préoccupations d’un gouvernement est de devenir le commis-voyageur des entreprises... voir les voyages « d’Équipe Québec » en France et celui qui vient en Asie, cela fait bien de parler de déficit démocratique, mais cela à au moins l’avantage de montrer où ce gouvernement crèche.

On pourrait se décourager de voir que certains milieux progressistes se laissent encore berner par les chants de sirènes du PQ. Mais mieux vaut essayer de comprendre. Car ces aveuglements s’expliquent. Lorsque que la seule stratégie que l’on a pour lutter pour un autre projet de société est l’appui critique au PQ, on est toujours appelé à retomber dans les bonnes vieilles ornières du moindre mal. Seule une perspective de construction d’un parti indépendantiste et socialiste nous permet d’y échapper. A remettre à plus tard ce nécessaire combat, on est conduit à tourner en rond et à laisser toutes l’initiative aux Bouchard, Landry et autres Marois...

Bernard Rioux

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