SOUS LE VERNIS, LA BARBARIE
Par Ginette Lewis
Sois belle, en forme et en santé, alors essaie la panoplie de régimes et de diètes de toutes sortes.~ Au-delà de cette culpabilisation des grands trusts américains vendeur de régimes et d'exerciseurs de toutes sortes, il y LE mythe : ~tu es responsable de ta santé. Si tu es malades, c'est de ta faute, tu n'avais qu'à faire attention~.
Exploitant ce préjugé encré profondément, monsieur Castonguay, soi-disant le père de la carte d'assurance-maladie (alors que ce sont les travailleurs et travailleuses qui se sont battus pour obtenir l'assurance-maladie) prévoyait qu'il fallait un genre de médecine payante à l'acte pour inciter les gens à se responsabiliser face à la santé : tu te drogues: tu payes ta cure de désintoxication.
« Dans certains pays, un courant de pensée veut en outre que l'individu soit appelé à assumer une part de responsabilité dans les coûts découlant de certaines habitudes tel l'usage du tabac, de l'alcool, de la drogue. etc. »(Le Soleil, 15 avril 97, p.B7, Claude Castonguay)
C'est oublier que la pauvreté à un incidence directe sur la santé des gens. Sans argent pour le loyer, sans argent pour une alimentation de qualité, sans argent pour les loisirs ou pour des projets de vie, ta santé que tu le veuilles ou non s'en ressent...mais quand on vit dans l'abondance, cette réalité nous dépasse.
Alors quand le gouvernement Bouchard coupe dans la santé, en plus de nier le droit au travail des femmes, il nie la pauvreté et accentue la culpabilisation sur la santé.
Une des pires situations est celle en santé mentale où le gouvernement en plus d'exiger les mêmes mesures de rentabilisation, décide d'accentuer son tournant désintitutionnalisation. Le mot à la mode est devenu la communauté, bien que ça ne veuille rien dire. D'ici sept ans les hôpitaux psychiatriques, comme Robert-Giffard vont disparaître de la carte. 3000 lits doivent être coupés sans ressources suffisantes de suivi. Le ministère veut couper 175 millions $ dans le réseau et réinvestir 120 millions $ dans les CLSC et les familles d'accueil et les ressources alternatives, un trou de 55 millions.
Inutile d'expliquer qu'avec un problème de santé mentale, les perspectives de travail pour les personnes atteintes sont minces. Alors vous avez là un bon bassin de pauvreté. D'autant plus que l'arrivée de l'assurance-médicaments a touché de plein fouet particulièrement ces personnes. Les médicaments en santé mentale coûtent chers (que voulez-vous les trusts pharmaceutiques doivent faire des profits pour financer leur recherche...) et malgré l'échelonnage des montants, ces gens sont passés de médicaments gratuits à devoir payer un montant minime mais à devoir payer pareil. La pauvreté c'est manger ou payer des médicaments.
Alors est-ce encore de ta faute si tu es malade et si tu le restes ?
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