Plate-forme électorale:
Pour un Québec libre, démocratique et égalitaire

Ndlr : Cette plate-forme électorale a été adoptée par le comité exécutif du Parti de la démocratie socialiste. Elle sera présentée pour adoption au conseil national du parti qui aura lieu le 1er novembre 1997.

Le Parti de la démocratie socialiste

Le Parti de la démocratie socialiste (PDS) est un parti de travailleuses et de travailleurs, (salarié-e-s ou autonomes), de femmes et d'hommes de diverses origines culturelles, de jeunes et de gens âgés, qui veulent tous et toutes vivre dans un pays libéré des inégalités et des injustices. Le PDS se veut l'outil politique de ces gens et des classes populaires et ouvrière pour l'avancement de leurs revendications.

Le PDS présente un programme de lutte et non pas des promesses électorales. Les programmes sociaux, charcutés tant par Québec que par Ottawa, sont les fruits des luttes ouvrières et populaires. L'ADQ et le Parti réformiste veulent aller plus loin et réduire en petites miettes tout ce qui reste de protections sociales.

Les programmes sociaux ne renaîtront pas par l'atteinte du déficit zéro. Ils renaîtront que si nous nous battons pour les réobtenir. Le Parti de la démocratie socialiste propose un programme de lutte pour les différents groupes de la population victimes d'oppression, d'abus, de mépris et d'exploitation.

 

I. Pour un Québec solidaire

Travailler moins pour vivre mieux

Depuis des dizaines d’années, le Québec est cassé en deux. Le développement technologique ne nous a pas conduit à l’enrichissement de l’ensemble de la société et à l’élargissement du temps libre. Au contraire, la logique capitaliste nous a mené à l’augmentation massive du chômage à la généralisation de la précarité. C’est un gaspillage considérable de ressources pour notre société. C’est pourquoi le plein emploi est notre priorité et que nous luttons pour :

· La semaine de travail à 32 heures, sans baisse de salaire;

· l’interdiction du temps supplémentaire obligatoire et un minimum de quatre semaines de vacances rémunérés au plein salaire;

· la retraite partielle volontaire dès 60 ans;

 

Un revenu assurant les moyens de vivre dignement

Alors que les banques et les grandes entreprises annoncent les unes après les autres des taux de profit records, une partie importante de la population du Québec, n’ont pas les ressources suffisantes pour satisfaire aux besoins les plus élémentaires. Nous ne voulons plus que des enfants au Québec se présentent à l’école le ventre vide. Nous ne voulons pas que nombre de travailleurs et de travailleuses soient obligés de travailler à un salaire de misère. C’est pourquoi nous luttons pour

· Un revenu minimum garanti au départ égal au seuil de faible revenu de Statistique Canada

· Un salaire minimum établi à 10.00$ l’heure indexé au coût de la vie.

 

Un revenu juste et équitable

Malgré tous les combats menées par le mouvement des femmes et le mouvement syndical, l’écart des revenus entre les hommes et les femmes demeurent inacceptables. C’est pourquoi nous luttons pour:

· que l’équité salariale soit imposée à tous les employeurs;

· un programme de discrimination positive favorisant une égale participation à l'emploi dans tous les secteurs de travail jusqu’à l’atteinte de l’égalité;

· un réseau universel complet et gratuit de garderies;

· l’abolition des doubles échelles salariales.

 

Une fiscalité équitable

La richesse sociale tend de plus en plus à se concentrer au sommet de la société. Les riches au Québec ne paient pas leur juste part d’impôt. Le gouvernement péquiste se vante d’avoir la fiscalité la plus concurrentielle en Amérique du Nord: il fait tout pour que les riches paient le moins possible. Pour combattre cette injustice flagrante, nous luttons pour:

· que le taux d'impôt sur les profits et les revenus personnels élevés, y compris les gains de capitaux, soit très progressif.

· l’imposition progressive de la richesse mobilière et immobilière surtout au moment de l'héritage et lors des transactions.

· l’élimination des paradis fiscaux et des abris fiscaux des riches doivent être supprimés.

· l’abolition de la TPS et de la TVQ mais les biens de luxe et énergivore taxés davantage, en autant que des alternatives écologiques existent.

· l’imposition d’une taxe au licenciement.

 

Contre la dette publique

En 1997, le gouvernement fédéral débourse plus du tiers de ses revenus sur l'intérêt de la dette publique et le Québec environ 20%. La dette publique résulte du refus des institutions financières et des riches à payer leur juste part d’impôt, et de leur politique de taux d'intérêt élevé. Nous refusons qu’une partie importante de la richesse collective soit drainée dans les coffres des banques et autres spéculateurs: C’est pourquoi nous luttons pour:

· que le remboursement de la dette publique, sauf pour les petits épargnants, soit gelé jusqu'au moins l’atteinte du plein emploi.

 

Contre la dictature de la haute finance:

La libre circulation mondiale des capitaux et des marchandises dresse les nations les unes contre les autres dans la course pour réduire au minimum les salaires ouvriers, détériorer les services publiques et les normes environnementales et réduire les impôts des riches. Tout est sacrifié sur l’autel de la compétitivité et de la mondialisation des marchés. C’est pourquoi, nous luttons pour:

· le retrait sans délai du Québec de l’ALÉNA

· l’interdiction de la sortie de capitaux sauf sur une base de réciprocité ou d’aide internationale

· la négociations de pactes commerciaux mutuellement avantageux .

 

II. QUÉBEC POUR TOUT LE MONDE

 

Pour l'égalité entre les hommes et les femmes

Productivité et performance au travail, concurrence entre entreprises, compétitivité et réussite sociale individuelle sont les valeurs sociales que nous proposent la société capitaliste et leurs gourous néo-libéraux. Plusieurs hommes craquent devant l'échec, sombrent dans le désarroi et portent leur colère sur leurs conjointes et leurs enfants. La société encourage ce déversement de colère vers les femmes et les enfants en permettant, entre autres, la diffusion de publicité sexiste et de matériel pornographique. C’est pourquoi nous lutterons pour:

· une campagne permanente pour promouvoir le respect et l'égalité des femmes

· la mise en place d’un réseau public de maisons d'hébergement pour protéger les femmes et les enfants victimes de violence

· l’interdiction de la publicité sexiste et la commercialisation du corps des femmes

· pour le libre choix des femmes de leur maternité basé sur un réseau public de maisons de naissance facilement accessibles.

 

Pour des jeunes pleinement intégrés à la vie de la société québécoise

C’est au nom de la jeunesse et de l’avenir que sont faites les coupures dans les services publics et l'élimination de la dette. Pourtant, la jeunesse doit s’endetter pour acquérir une formation adéquate. On nie légalement à tout un secteur de la jeunesse, sa capacité à faire des choix sur le terrain électoral. Le partage du travail n'est pas une vraie solution; seule la réduction du temps de travail fera une place aux jeunes. Dès qu'elle se rassemble, elle est une menace "à l'ordre public". C’est pourquoi, nous luttons pour:

· une réelle gratuité scolaire;

· un système de bourses au niveau du salaire minimum;

· le droit de vote doit être amené à 16 ans;

· la fin de tout harcèlement et de toute répression policière.

 

Des services sociaux universels et gratuits

Le gouvernement péquiste est en train de démanteler des pans entiers de notre système de santé. Il ferme des hôpitaux; il réduit la qualité des soins; il licencie massivement; il créer une situation intenables pour les travailleurs et les travailleuses de ce secteur en augmentant considérablement le fardeau des tâches. Il prépare la privatisation de secteurs entiers du système de santé. C’est pourquoi nous luttons pour:

· un système de santé centrée sur la prévention, public, universel, gratuit, complet et accessible incluant les soins dentaires et oculaires et les médicaments;

 

le rétablissement du plancher d’emplois dans les hôpitaux et les services sociaux

· la salarisation des médecins;

· nationalisation de l'industrie pharmaceutique, principale responsable des coûts de la santé;

· des soins de qualité sur tout le territoire du Québec;

· la reconnaissance des médecines alternatives et des CLSC comme organismes communautaires de première ligne.

 

Pour un réseau scolaire unique, public, laïc et gratuit

Les dernières coupures dans l’éducation sont une attaque contre l’école publique et les conditions d’apprentissage des jeunes: augmentation du nombre d’élèves par groupes, quasi-disparition du personnel professionnel de soutien, diminution du matériel pédagogique disponible. La gratuité scolaire devient de moins en moins réelle avec l’augmentation des frais afférents. Le gouvernement péquiste a déclaré la guerre à l’école publique alors qu’il continue de financer l’école privée. C’est pourquoi nous luttons pour:

· un seul réseau scolaire de la pré-maternelle jusqu'à l'université qui sera public, gratuit, universel et laïc, au sein duquel seront intégrés écoles et classes en anglais pour les enfants des parents anglophones nés au Québec.

· la fin du financement des écoles privées;

· le démantèlement des écoles publiques à recrutement élitiste.

· un financement adéquat de l'éducation des adultes, y compris de type communautaire.

· la mise en place d’un curriculum faisant une large place aux langues et cultures des peuples aborigènes et groupes minoritaires et à l'histoire des classes populaires, des femmes et des peuples aborigènes.

 

Pour un logement de qualité pour tout le monde

Le marché privé du logement a démontré son incapacité à répondre aux besoins de logement de la population. Un nombre grandissant de ménages locataires consacrent plus de 30% de leur revenu pour se loger. Les personnes sans-emploi et les personnes âgées remettent la moitié de leurs revenus à des propriétaires immobiliers. Au prix élevé des loyers s'ajoute la mauvaise qualité de nombreux logements. Nous luttons pour:

· des loyers contrôlés et fixés à un taux maximal de 25% du revenu net du ménage locataire.

· le développement de logement à propriété collective et sans but lucratif.

 

III. Un Québec démocratique, égalitaire et indépendant

 

Pour un développement écologique

 

Capitalisme et développement durable sont incompatibles. Pour faire plaisir aux entreprises, le gouvernement Bouchard est en train de réduire à rien le ministère de l’environnement et de la faune. Les normes écologiques sont maintenant devenus des irritants qui nuisent à l’investissement. C’est pourquoi nous luttons pour:

 

· l’interdiction et le recyclage des produits destructeurs d’ozone;

· la réduction des gaz à effet de serre;

· une politique énergétique basée sur l’efficacité énergétique et les énergies renouvelables;

· la réduction et le recyclage des déchets;

· l’application du principe des pollueurs-payeurs;

· l’instauration d’un sévère zonage pour protéger les terres agricoles.

 

Pour un développement démocratique

Le pouvoir économique se concentre sans cesse dans les directions des banques, des multinationales et du gouvernement fédéral. Le pouvoir politique est réduit au rôle de commis-voyageur des entreprises. Les politiques économiques des gouvernements sont fixés d’après les menaces des firmes de cotation. Les populations ont de moins en moins de pouvoirs sur leur avenir collectif. La démocratie est ainsi vidée de tout contenu réel. C’est pourquoi nous luttons pour:

· pour la nationalisation des institutions financières et des monopoles des communications, des transports, des ressources naturelles au coût d'achat réel des actifs, payable seulement à la réalisation du plein emploi.

· des conseils de travailleurs et travailleuses doivent être établis dans les entreprises nationalisées

· l’instauration d’un mode de scrutin proportionnel

· la mise en place d’un mécanisme de rappel des élu-e-s à l’Assemblée nationale.

 

Pour un Québec indépendant, français et pluraliste

Le problème démocratique fondamental de la nation québécoise c’est qu’elle n’est pas reconnue par l’État canadien. Le plan B est la concrétisation actuelle de la négation du droit du Québec à l’autodétermination. Malgré tout, le gouvernement péquiste essaie de nous faire croire que les fédéralistes canadiens peuvent être des partenaires loyaux. Il faut refuser de se payer d’illusions. Nous voulons plus qu’une souveraineté limitée, c’est pourquoi nous luttons pour:

· l’indépendance complète du Québec tant au plan politique qu'au plan économique

· faire du français la langue commune du Québec, au travail, dans le système d'éducation, dans les services publics et dans l’affichage

· pour une société réellement pluraliste, favorisant le rapprochement interculturel et interracial par l’acception des différents dans le respect de l’égalité entre tous et toutes.

 

Pour des nations aborigènes reconnues et libres

Le gouvernement péquiste tient un double discours. Il revendique le droit à l’autodétermination pour le Québec mais il refuse ce droit aux nations autochtones. Cette hypocrisie affaiblit la lutte indépendantiste et empêche de créer la nécessaire alliance avec les nations autochtones contre le gouvernement fédéral. C’est pourquoi nous défendons:

 

Pour un monde solidaire

Au lieu de vouloir construire un monde solidaire basé sur la coopération et l’entraide, les puissances économiques et leurs gouvernements proposent la concurrence de tous contre tous comme le modèle à suivre. Dans la jungle de la concurrence, seuls les plus forts méritent de subsister. Coopération et solidarité, c’est ce que nous voulons pour les peuples de la terre, c’est pourquoi nous luttons:

· pour l’annulation de la dette du Tiers monde

· le démantèlement de tous les organismes et accords de libre-échange de l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) à l’Accord de coopération économique Asie-Pacifique (APEC)

· pour le démantèlement des alliances militaires contre le Tiers Monde, tel l’OTAN et NORAD.

 

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