Colombie, Pérou, Guatemala :

autant de pays où sévit la plus dure répression

… des gestes individuelles restent possibles

 

Colombie : 28 familles fuient leur communauté après l'assasinat d'un paysan par les escadrons de la mort

Le soir du 6 octobre dernier, un groupe paramilitaire a fait irruption dans la communauté de la Vereda la Argelia, municipalité Carmen de Atrato dans la province du Chaco. Là, la formation paramilitaire a enlevé Ramon Uran et Julio Alberto Montoya Ruiz, et par la suite a assassiné ce dernier alors que M. Uran a réussi à s'échapper avant de subir le sort réservé à son concitoyen.

Plus tard dans la soirée, le même escadron de la mort s'est rendu au domicile de la famille de Julio Alberto Montoya Ruiz, qu'il venait d'assassiner, afin de chercher les frères de la victime (on suppose que c'était pour leur imposer la même sentence). Heureusement ils ne s'y trouvaient pas. Le groupe paramilitaire a alors agressé physiquement la mère de Julio Alberto Montoya Ruiz ainsi que les autres membres de sa famille et a inciendié leur maison.

Ce groupe, qui s'identifie comme «Autodefensas Campesinas de Suroeste AntioqueÑo, Bloque Metro», a ensuite donné l'ordre aux résidents de la Vereda la Argelia d'évacuer leur communanté à l'intérieur des 12 heures qui suivaient, faute de quoi se produirait un massacre d'enfants et d'adultes.

312 personnes, soit 28 familles, ont emprunté la route de l'exil plutôt que de défier l'ordre des paramilitaires.

Le 8 octobre, les personnes déplacées ont eu droit à une réunion avec les autorités municipales et des représentants de la Croix Rouge, à la suite de laquelle l'Armée s'est engagée à fournir un dispositif de sécurité pour le retour des 312 personnes déplacées chez elles.

Ailleurs au pays, dans le département d'Antioquia, deux dirigeants autochtones ont été assassinés le 14 octobre dernier, deux jours après avoir célébré les 505 années de résistance face à l'invasion européenne.

Les proches des victimes accusent les groupes paramilitaires des assassinats. Les deux individus, Mario Domico et son fils David, étaient à la tête de la Organizaciòn Indìgena de Antioquia, qui est une filiale de la Organizaciòn Nacional Indìgena de Colombia (ONIC). Mario assumait aussi le rôle de conseiller municipal et David enseignait, poste qu'il avait dû quitter à la suite des menaces de mort qu'un groupe paramilitaire lui avait proférées.

L'ONIC estime que ces assassinats font partie de la stratégie de la déstabilisation délibérée des organisations autochtones du pays. De plus, elle réitère que les associations autochtones sont neutres dans le conflit qui oppose l'État et les forces de la droite aux insurgés de gauche et devraient donc être à l'abri de répresailles d'un parti comme de l'autre. Elle demande ainsi à tout groupe armé de respecter la neutralité des communautés autochtones.

Action suggérée crivez aux autorités qui figurent ci-dessous afin d'exiger ce qui suit:

1. Que la sécurité et la protection des 28 familles expulsée de la Vereda la Argelia soient garanties.

2. Qu'une investigation soit tenue afin d'identifier et de démanteler le groupe paramilitaire qui s'est rendu coupable de l'assassinat de Julio Alberto Montoya Ruiz et de l'expulsion des 28 familles.

3. La tenue d'une investigation afin d'identifier les assassins de Mario et David Domico.

4. Le respect de la neutralité des communautés autochtones dans le conflit armé qui afflige le pays.

 

Envoyez vos messages à

Presidente Ernesto Samper Pizano
Presidente de la Republica
Palacio de Narino
Carrera 8 No. 7-26
Santafé de Bogota,
Colombie
Fax : (57) 1 284

M. Alfonso Lopez Caballero,
Ambassadeur,
Ambassade de la République de Colombie,
360, rue Albert, Suite 1130,
Ottawa, Ontario, K1R 7X7
Fax : 1-613-230-4416

Señor Presidente

Somos miembros de una red canadiense que se pronuncia a favor de la defensa de los derechos humanos en América latina y que hace conocer casos de violaciones de tales derechos a la opiniòn canadiense.

Es con muchìsima tristeza y rabia que recientes acontecimientos en su paìs nos lleva a concluir que su gobierno establece un clima que favorece las actividades de los grupos paramilitares. Ultimamente ellos se han hecho responsables del asesinato del seÑor Julio Alberto Montoya Ruiz de la comunidad de la Vereda la Argelia del Carmen de Atrato y del desplazamiento de la comunidad entera el 6 de octobre pasado. Parece que los grupos paramilitare también asesinaron a los dirigentes de la Organizaciòn Indìgena de Antioquia, Mario y David Domico, el 14 de octubre pasado.

Hasta que su gobierno demuestra lo contrario, la impunidad que encubre a los grupos paramilitares será interpretada por la opinion internacional como una complicidad por parte de su gobierno y por parte del ejército con estos grupos. Es por eso que le rogamos hacer valer la ley de su paìs.

Si su gobierno aspira a restablecer la paz en su paìs, le aconsejamos llevar a cabo una investigaciòn para identificar y castigar a los culpables de los asesinatos de Julio Alberto Montoya Ruiz, de empezar el desmantelamiento de los grupos paramilitares inmediatamente, de favorecer el nacimiento de un verdadero proceso de paz nacional, y de asegurar la seguridad fìsica y sicològica de las comunidades que o ya han sido victimas de los grupos paramilitares o que podrìan serlo.

Esperamos recibir pronto noticias suyas al respecto. Le agradecemos, Señor Presidente, la atenciòn brindada a esta carta. Reciba la expresiòn de nuestros mas respetuosos saludos.

{Source : la Red de Hermandad y Solidaridad con Colombia Date : 22 octobre 1997par Comité chrétien pour les droits humains en Amérique latine (C.C.D.H.A.L.) 25, rue Jarry Ouest Montréal, Québec Canada H2P 1S6 téléphone: (514) 387-2541 télécopieur: (514) 387-5550 ; e-mail : ccdhal@point-net.com}

 

Par ailleurs Il y a six mois au Pérou...

Il y a six mois, les chefs d'État du monde entier félicitaient leur homologue péruvien d'avoir ordonné l'exécution extrajudiciaire du commando du Mouvement Révolutionnaire Tupac Amaru (MRTA) responsable de la prise d'otages de l'ambassade japonaise à Lima. Aujourd'hui, Fujimori, dont la popularité est en chute libre, digère avec une certaine amertume le fait que ses politiques néolibérales et répressives n'ont pas eu l'effet escompté d'immortaliser son régime.

Discrédité par plusieurs cas d'abus de pouvoir et scandales politiques survenus depuis le 22 avril dernier, le dictateur cherche désespérément une dernière avenue qui pourrait le mener à remporter les élections de l'an 2000. Le fait qu'au mois de septembre dernier seulement 19% des Péruviens etaient favorables au gouvernement semble annoncer le début de la fin pour Fujimori. Pendant que le dictateur cherche à inventer la formule magique qui le gardera au pouvoir, les prisonniers politiques dans les geôles de la dictature sombrent dans l'oublie.

Là où aucune fleur ne pousse 24% de prisonniers péruviens (soit 5 500 détenus sur une population carcérale de 18 000) sont inculpés pour terrorisme ou pour trahison de la patrie. Alors que l'appellation « terroriste » pour qualifier le MRTA ne colle pas, il est intéressant de noter que les membres du groupe armé emprisonnés représentent un gros 450 personnes. Les effectifs de la bêtise que fut Sentier lumineux totalisent plus ou moins le même nombre. Il devient alors évident que la plupart des 5 500 individus inculpés pour terrorisme pratiquaient le militantisme syndical, paysan, étudiant, de femmes, ou populaire. Les lois anti-terroristes de Fujimori auraient donc servi à décimer les rangs de l'opposition organisée, démocratique et pacifique du pays.

Insatisfait de l'ultra-violence avec laquelle il a tenté vainement d'écraser ce mouvement d'opposition et fort des louanges reçues pour le dénouement sanglant de la prise d'otages tupacamariste, le régime de Fujimori marie maintenant sadisme et vendetta en transférant des prisonniers politiques à la prison de Challapalca, située à 5 020 m au dessus du niveau de la mer. Au Pérou, à 5 020 mètres d'altitude, rien ne pousse, la température descend à 20 degrés sous zéro et il est impossible d'y vivre sans accuser de graves conséquences sur la santé.

Également au Pérou, les personnes condamnées pour terrorisme agonisent dans une cellule de 2,5 m sur 3 m où sont empilés jusqu'à trois prisonniers.

Ceux-ci passent 23 heures et demie en cellule et une demie heure dans la cour. Ils reçoivent une seule visite de 30 minutes par mois de deux membres de leur famille directe avec lesquels tout contact physique est interdit.

Ces mesures violent les traités internationaux dont le Pérou est signataire ainsi que ses propres lois nationales. Le transfèrement vers Challapalca puni non seulement les détenus, mais leur familles aussi car il sera désormais très difficile pour elles de visiter les prisonniers qui s'y trouvent. Jusqu'à maintenant, plus de 50 détenus ont été transférés à Challapalca.

Ancien édifice abandonné, le bâtiment a été transformé en prison de sécurité maximale. Située à 211 km de la ville de Puno, il faut mettre six heures d'auto pour s'y rendre. Sans véhicule, les familles des détenus devront prendre un autobus qui arrive à Challapalca à une heure du matin et qui effectue le retour 24 heures plus tard.

Condamnés à une mort lente mais certaine Le docteur Carlos Monge Casinelli, spécialiste péruvien des effets de l'altitude sur la santé, a affirmé qu' « il est possible de vivre à 5 200 mètres d'altitude, mais avec de graves conséquences sur la santé.

D'après moi, incarcérer une personne dans une prison située à cette altitude c'est la condamner à une mort certaine. » Le docteur Jean-Paul Richalet, spécialiste français de la haute altitude, a pour sa part expliqué que les personnes qui ont des antécédents médicaux (maladies cardiaques ou pulmonaires) peuvent présenter des troubles si elles vivent à une altitude de plus de 4 000 mètres. Les personnes en santé, quant à elles, risquent de souffrir des maux liés à l'altitude qui peuvent déboucher sur de graves maladies ou même entraîner la mort.

A quand le fin de régime?

Alors qu'il est beaucoup trop tôt pour parler d'un fin de régime ou de l'effondrement d'un pouvoir dictatorial (espérons qu'il en sera un jour le cas),la questions suivante s'impose: les prisonniers politiques péruviens sont-ils destinés à payer les frais des frustrations du régime aux prises avec son lent effritement?

Massimo P., octobre 1997

{Sources: Amnistie internationale ; Centre international des droits de la personne et du développement démocratique ; Madres de la Plaza de Mayo ; Voz Rebelde par Comité chrétien pour les droits humains en Amérique latine (C.C.D.H.A.L.) 25, rue Jarry Ouest Montréal, Québec Canada H2P 1S6 téléphone: (514) 387-2541 télécopieur: (514) 387-5550 ; e-mail : ccdhal@point-net.com}

 

 

Au GUATEMALA, les anciennes patrouilles d'autodéfense civiles continuent de harceler la population en toute impunité!

Montréal, le 15 octobre1997

Nous désirons vous transmettre la présente action urgente qui a été élaborée par le Comité pour les droits humains en Amérique latine (CCDHAL). La Commission des droits humains du Guatemala nous a informé que des membres des anciennes Patrouilles d'autodéfense civiles continuent de harceler et d'intimider les communautés autochtones et les organismes qui luttent pour la défense des droits humains

Contexte

Selon le porte-parole du Consejo Etnico Runujel Junam (CERJ), M. Miguel Suquij, des anciens membres des Patrouilles d'autodéfense civile (PAC) ont illégalement détenu sept individus de la communauté de Paxot, municipalité de Chichicastenango dans le Peten. La détention s'est produite le 15 septembre dernier et fut digne d'une scène de lynchage: les sept détenus ont été ligotés et battus après avoir été accusés de vol et de possession d'armes à feu par les anciens PAC. Des membres de la communauté ont dû intervenir auprès des anciens membres des PAC afin de les convaincre de livrer les personnes accusées aux autorités légales. Les anciens membres des PAC ont cédé aux requêtes de la communauté, mais seulement après avoir menacé 22 membres des familles des détenus. Le groupe de 22 personnes, y compris une femme enceinte et sept enfants, a dû se réfugier à l'intérieur du bureau du CERJ à Santa Cruz del Quiche.

Quelques jours après le presque lynchage publique, les anciens PAC ont menacé de terminer ce qu'ils avaient entamé sur la place publique si les individus qu'ils accusaient de vol et de possession d'armes à feu n'étaient pas formellement inculpés par les autorités compétentes. Intimidé par ces menaces, le juge municipal a décidé de transférer les accusés à Santa Cruz. M. Miguel Suquij a dénoncé ce qui n'est qu'une violation des droits humains parmi tant d'autres dont se rendent coupables les anciens PAC. Il a ajouté que les événements comparables à ceux du 15 septembre ont eu lieu dans plusieurs régions de Chichicastenango, donnant ainsi naissance au climat de peur qui règne actuellement au sein des communautés victimes des activités des anciens PAC.

Le 24 septembre, c'était au tour du CERJ d'être la cible d'agresseurs. Une personne non identifiée a proféré des menaces de mort à l'égard du membre du Congrès guatémaltèque Amilcar Mendez, qui fait aussi partie du CERJ. Cet organisme croit que les menaces de mort proférées contre M. Mendez découlent de ses déclarations au sujet des anciens PAC et de leur campagne d'harcèlement et d'intimidation contre les populations indigènes. M. Mendez s'était servi du presque lynchage du 15 septembre comme illustration de dite campagne.

Action suggérée

Écrivez au gouvernement guatémaltèque afin de lui communiquer votre déception quant au fait que les anciens PAC continuent à harceler et à intimider des communautés autochtones. Cette agression se poursuit en dépit de la signature des accords de paix et du démantèlement officiel des PAC. Demandez au gouvernement de prendre les mesures nécessaires pour mettre fin aux activités des anciens PAC et des autres formations paramilitaires. Pour ce faire, l'impunité qui semble triompher à l'égard des anciens groupes paramilitaires devra disparaître. Soulignez que le gouvernement guatémaltèque doit, en vertu de l'Accord global sur les droits humains, assurer la sécurité des personnes et des organismes qui luttent pour la défense des droits humains.

Envoyez aussi une lettre au gouvernement canadien pour lui informer que les agissements des anciennes PAC sont une violation grave des accords de paix. Demandez lui d'insister auprès de son homologue guatémaltèque que le Canada prône l'application des accord de paix et qu'il invite les autorités guatémaltèques à tout faire pour mettre fin aux activités des anciennes PAC et de tout autre groupe paramilitaire.

Pour : Lloyd Axworthy Ministère des affaires étrangères
125 Sussex drive,
Ottawa, Ontario K1A 0G2 ;
Fax: 613-995-9926 ;
ou 613-996-3443

Honorable Ministre,

Par la présente, nous désirons vous communiquer notre très grande inquiétude concernant de graves violations des droits humains survenues récemment au Guatemala. En effet, selon des informations transmises par la Commission des droits humains du Guatemala, des anciens membres des Patrouilles d'autodéfense civiles (PAC) continuent de harceler et d'intimider les communautés autochtones et les organismes qui luttent pour la défense des droits humains dans ce pays, et cela, malgré la signature des Accords de paix et le démantèlement officiel des Patrouilles d'autodéfense civiles.

Voici les faits qui nous ont été relatés: le 15 septembre dernier, dans la communauté de Paxot, (municipalité de Chichicastenango dans le Peten) sept individus ont été illégalement détenus, ligotés et sauvagement battus par des anciens membres des PAC, après avoir été accusés de vol et de possession d'armes à feu. Des membres de la communauté ont dû intervenir auprès des anciens PAC pour les convaincre de livrer les personnes accusées aux autorités légales.

Les anciens membres des PAC ont cédé aux requêtes de la communauté, mais seulement après avoir menacé 22 membres des familles des détenus. Le groupe de 22 personnes, y compris une femme enceinte et sept enfants, a dû se réfugier à l'intérieur du bureau du CERJ (Consejo Etnico Runujel Junam), à Santa Cruz del Quiche.

Le 24 septembre, c'était au tour d'un membre du CERJ, qui avait dénoncé publiquement les activités des anciens membre des PAC, d'être la cible de menaces de mort anonymes. Un autre membre du CERJ a dénoncé que ces faits ne sont qu'une violation des droits humains parmi tant d'autres dont se rendent coupables les anciens PAC. Il a ajouté que les événements comparables à ceux du 15 septembre ont eu lieu dans plusieurs régions de Chichicastenango, donnant ainsi naissance au climat de peur qui règne actuellement au sein des communautés victimes des activités des anciennes PAC.

En tant que citoyens canadiens sensibles au fragile processus de paix que vit le Guatemala, nous vous prions de rappeler à votre homologue guatemaltèque que le Canada prône l'application des Accords de paix et de l'inviter à tout faire pour mettre fin aux activités des anciennes PAC ou de tout autre groupe paramilitaire.

Nous remercions de l'attention que vous saurez porter à ces demandes.

Veuillez agréer, monsieur le ministre l'expression de nos salutations distinguées.

{Source : Projet Accompagnement: 420, rue St-Paul Est, bureau 202, Montréal (Québec) H2Y 1H4 Montréal}

 

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