SOUS LE VERNIS, LA BARBARIE
Par Ginette Lewis
L'effet de serre, malgré les mises en garde du sommet de Rio, reste un phénomène presque tabou. Les effets se multiplient mais on préfère les taire, on préfère agir en aveugle... par intérêt ?
El Niño, ces dangereux courants chauds marins dans le Pacifique qui reviennent périodiquement pourraient être dus aux effets de serre. Peut-être les compagnies d'assurances multinationales quand elles auront assez payé pour ces désastres naturels parleront-elles des dangers des effets de serre même si cela va à l'encontre des grandes pétrolières et des industries polluantes ? L'Angleterre a, en effet, connu des records de sécheresse en janvier et d'humidité en juin. L'Asie a fait face à ces plus grands cyclones et des inondations sans précédents ont frappé l'Amérique du Nord et l'Europe.
En attendant le président américain retarde les échéances pour limités les effets des gaz à effets de serre. Depuis 90, les émissions ont augmenté de 7,4 % aux États-Unis et en 96 de 3,4 % alors que ce pays est le plus grand pollueur au monde. La raison invoquée pour justifier ce retard... ramener en l'an 2000 les niveaux des années 90 causerait une perturbation de l'économie mondiale... mieux vaut 2012.
Le Canada est aussi bon premier au chapitre de l'émission des gaz à effet de serre. Les augmentations se chiffrent à 13 % pour 97 et rien n'est envisagé pour améliorer la situation. Bien pire, le Canada n'a pas d'échéancier à proposer au sommet de Kyoto en décembre alors que l'Union européenne propose 15 % de réduction par rapport à 1990, d'ici 2010. (Le Devoir, A1, 29 octobre 97, Francoeur, LG)
Au Québec, nous avons l'eau, nous avons l'hiver, et avec monsieur Chrétien nous avons le meilleur pays au monde où il fait bon vivre.
Pourtant un récent rapport d'Environnement Canada (Le Devoir, p. A1, 23 octobre 97 par Francoeur, LG) mentionne que le réchauffement de 2 à 6 degrés du climat changerait considérablement l'économie. En effet les eaux du St-Laurent se verraient réduites au seul niveau de la voie maritime du St-Laurent. Les Grands Lacs, cette mer intérieure, deviendraient une série de grands lacs reliés par un grand canal. Le fleuve verrait son débit réduit de 40 % Les pêches, l'industrie des sports d'hiver, les industries forestière et maritime seraient les plus touchées. Pauvre monsieur Coutu, son industrie de vente de l'eau ne pourrait fructifier autant que rêver. Elle se verrait morte-née.
Les effets de serre sont de plus en plus graves et les principaux responsables, de plus en plus inconséquents à commencer par les États-Unis. Il faut se mobiliser contre cette détérioration et arracher des normes de respect de l'environnement. Faire respecter des conditions décentes de vie au détriment des profits.
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