MON PAYS DE RIVIÈRES
MON PAYS D'UN FLEUVE
Mon pays de rivières bétonnées
souviens-toi du fleuve des aubes verdoyantes
Où s'est enfuie cette corne ruisselante
ouvrant ses bras aux ruisseaux assoiffés
Terre-mère des suantes sources du matin
il a fallu que de secs Seigneurs saignent tes flancs
Délaissant tes muscles assassins et ton coeur chagrin
le Seigneur des eaux a fui vers l'Empereur des océans
Humide humus baignant les fontaines fanées
de tes racines humiliées a jailli une liberté mort-née
Oh! pourquoi de ce ciel de tempêtes si brèves
n'est-il resté que l'amertume de la douce sève
Marais étouffant puant l'or et l'envie
dans tes nuits vaseuses grouille la Vie
Fleuve de lumière Océan de chaleur
fraternisez ce grenouillage sans couleur
Fleuve, mon pays, tu es tellement grand.
Femme de mon pays, tu es tellement belle.
Quand, avant de disparaître, souillé de poubelles,
tes géantes eaux la libéreront-elles des mécréants ?
Celui qui habite l'hiver.
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