La guerre de basse intensite au Chiapas en passe de devenir une guerre civile

par le Comité chrétien pour les droits humains en Amérique latine
25, rue Jarry Ouest, Montréal, Québec, H2P 1S6
Tel. : (514) 387-2541
Télécopie : (514) 387-5550
C. électronique:
ccdhal@point-net.com

Juger des incidents survenus dans le Nord du Chiapas depuis le 15 novembre dernier, la guerre de basse intensité qui se livre ici depuis la fin des négociations entre l'Armée zapatiste de libération nationale (EZLN) et le gouvernement fédéral est sur le point d'éclater et de précipiter la région dans une véritable guerre civile. La crise que vit présentement le Chiapas remonte au mois de septembre dernier quand les incursions de groupes paramilitaires dans les communautés zapatistes ont augmenté en fréquence et en brutalité.

Les communautés zapatistes sont la principale cible du raz-de-marée de violence qui a laissé derrière lui au moins 5 morts depuis le 22 novembre et qui a poussé plus de 500 autochtones de Yaxjemel et de Chenalh, dont la majorité sont des femmes, des enfants et des aînés, à se réfugier dans les montagnes. Actuellement, ces réfugiés internes sont sans eau, nourriture ou médicaments. Des centaines d'enfants sont en danger de mort. Après s'être rendue à Chenalh, une député du PRD (parti d'opposition) a insisté sur le fait « qu'il est urgent d'agir en faveur des déplacés avant que ceux-ci ne commencent à mourir de faim et de froid car déjà ils n'en peuvent plus. »

Plusieurs femmes ont été violées par des membres de groupes paramilitaires et plus d'une cinquantaine de maisons ont été incendiées lors des attaques perpétrées contre les communautés de Yaxjemel, de Chenalh, de Sabanilla et de Salto de Agua la fin de semaine du 21 novembre. Des membres de plusieurs organismes de défense des droits humains imputent la situation dangereuse et précaire qui subsiste dans l'État du sud à l'impasse du dialogue entre autorités et rebelles, et au non respect des Accords de paix de San Andrés.

C'est ce contexte qui aurait « favorisé la multiplication de groupes paramilitaires qui attaquent et déplacent la population autochtone en toute impunité. » Le subcomandante Marcos, dans un communiqué de presse du 24 novembre, dénonce les événements qui menacent l'établissement de la paix au Chiapas. Tout le monde sait que dans le nord du Chiapas il y a une campagne perpétuelle de violence impunie. À tous les jours il y a des morts, des expulsions, des arrestations et des personnes qui disparaissent.

La plupart de ces cas touche les zapatistes. Les responsables de ces morts, expulsions, disparitions et détentions se nomment parfois "Paz y Justicia", parfois "Chinchulines", ou bien "Escara Roja". Parfois il s'agit de la "Police de sécurité d'État", d'autres fois de la "Police judiciaire", il arrive même qu'ils se nomment "Armée fédérale". Cependant, nommer les responsables n'équivaut pas à grand chose parce que ceux qui agissent, qui financent, qui entraînent, et qui donnent les ordres sont les mêmes.

Le subcomandante fait allusion à la collusion entre le PRI (parti au pouvoir) et les groupes paramilitaires qui opèrent au Mexique. Des investigations réalisées par des organismes comme Amnistie internationale ont révélé ce lien sans que les autorités mexicaines cessent pour autant d'alimenter les formations paramilitaires. En effet, celles-ci sont souvent entraînées et armées par la Police judiciaire et l'Armée fédérale, qui ne font qu'exécuter les ordres qui émanent des deux paliers de gouvernement. Nous rappelons que sans cette assistance technique et financière, mais surtout sans la couverte d'impunité dressée pour leur protection, les organisations paramilitaires ne pourraient exister au Mexique.

Action suggeree

Nous avons déjà organisé une manifestation le 5 décembre dernier pour exiger du gouvernement mexicain ce qui suit:

1. une halte a la violence et a la provocation;

2. la demilitarisation immediate du Mexique;

3. le respect des droits humains et des Accords de San Andres.

Nous vous demandons d'écrire une lettre aux autorités indiquées ci-dessous afin de leur demander de satisfaire les besoins humanitaires des personnes deplacees. Exigez une fin a la guerre de basse intensite en cours au Chiapas, provoquée en grande partie par l'impunité que les autorités accordents aux groupes paramilitaires, avant que le conflit ne se transforme en guerre civile déclarée.

Adresses :

Dr. Ernesto Zedillo Ponce de Léon
Presidente de la Republica
Palacio Nacional
06067 México D.F., Mexico
Fax: 011-525-271-17-64 ou 011-277-23-76

Lic. Emilio Chuayffet Chemor
Secretario de Gobernacion
Bucarelli 99, 1er piso Col. Juarez,
06699 Mexico D.F., Mexico
Fax: 011-525-546-53-50 ou 011-525-566-02-45

Lic. Julio Cesar Ruiz Ferro
Gobernador del Estado de Chiapas
Fax: 011-529-612-09-17 ou 011-529-612-10-93

Lloyd Axworthy
Ministre des affaires étrangères et du Commerce international du Canada
125 Sussex Drive
Ottawa Ontario
K1A 0G2
Fax: (613) 947-4442 ou (613) 995-9926

{Sources : Enlace civil (renseignements supplementaires puises du quotidien mexicain La Jornada)}

[ Accueil de La Gauche ] [ Index de La Gauche ]
[
INPRECOR ]