Appel de solidarité pour les étudiant-e-s du Timor oriental blessés par balle au cours d'une manifestation
FÉDÉRATION CANADIENNE DES
ÉTUDIANTES ET ÉTUDIANTS
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Les membres sont fortement encouragés à donner leur appui aux cinq étudiant-e-s qui ont été blessés par balle lors d'une confrontation avec les forces policières à Dili, capitale du Timor oriental. Selon Amnistie internationale, les étudiant-e-s blessés ont été transportés dans un hôpital militaire. Il semble qu'on leur ait refusé l'accès à l'aide humanitaire et juridique, soulevant par conséquent de graves inquiétudes quant à leur bien-être pendant leur détention.
Le compte-rendu des événements n'est pas clair, mais il semble qu'il y ait eu une altercations entre les étudiant-e-s et les agent-e-s de sécurité à l'université du Timor oriental à Dili, le matin du 14 novembre 1997. On a rapporté que les étudiant-e-s ont lancé des pierres aux agent-e-s de sécurité à l'université et que la force anti-émeute a été dépêchée sur les lieux ;celle-ci prétendant avoir tiré en l'air des coups de fusils en guise d'avertissement.
D'après le compte-rendu, on sait qu'au moins cinq étudiant-e-s ont été blessés par balle : Antonio Viegas, Albino Barros et Natalina de Araujo ainsi que deux autres étudiant-e-s non identifiés.
La police aurait sorti de force d'un véhicule du Comité international de la Croix rouge un des étudiant-e-s qui a été atteint au coup d'une balle, blessure qui mettait en danger sa vie. Des témoins oculaires ont mentionné qu'il a été violemment battu par la police avant d'être emmené. On croit que cet étudiant ainsi que les quatre autres blessés auraient été transportés à l'hôpital militaire de Dili, Wirahusada Hospital, où ils seraient encore détenus. Les allégations à l'effet qu'un des blessés soit décédé n'ont pu être confirmées.
La force militaire indonésienne a admis avoir fait des arrestations. D'après l'Agence France-Presse, le commandant militaire du Timor oriental aurait déclaré qu'un petit nombre de personnes avaient été arrêtées pour avoir commis des actes criminels.
La Fédération partage les préoccupations d'Amnistie internationale quant à la situation des cinq étudiant-e-s blessés qui risquent de subir d'autres mauvais traitements lors de leur détention à l'hôpital militaire, surtout en raison du violent traitement dont a subi l'étudiant que l'on a retiré de force du véhicule du CICR. La torture et les mauvais traitements sont de routine pour les prisonnier-ère-s politiques au Timor oriental, particulièrement les détenu-e-s à qui l'on refuse l'accès à l'aide humanitaire, à l'aide juridique indépendante et le contact avec leur famille.
RENSEIGNEMENTS GÉNÉRAUX
La semaine dernière marquait le sixième anniversaire du massacre de Santa Cruz à Dili, Timor oriental, lorsqu'au moins 100 personnes, peut-être plus, ont été tuées ou ont «disparu» après que les forces de sécurité aient ouvert le feu sur les manifestant-e-s lors d'une démonstration pacifique. Plusieurs manifestations ont eu lieu tant au Timor oriental qu'en Indonésie pour souligner l'anniversaire de ce massacre. L'agence de presse, AP-Dow Jones, a indiqué que le 12 novembre 1997, deux personnes ont été arrêtées durant une manifestation commémorative dans une école secondaire à Dili.
Les activistes des quatre coins du monde lancent des appels urgents en réponse aux faits décrits ci-dessous. Veuillez envoyer vos lettres par télécopieur ou par avion à l'adresse suivante :
Général Feisal Tanjung (Commandant des
forces militaires)
Panglima ABRI
Markas Besar ABRI Jl.
Medan Merdeka Barat No. 13 Jakarta Timur,
INDONESIA
téléc. : +62 2134450918 (a/s : Coordinating Minister
for Security and Political Affairs 96 demandez à ce que votre
lettre soit acheminée)
Dans votre lettre,
demandez avec insistance que les autorités établissent clairement l'identité des étudiant-e-s blessés et arrêtés lors de l'altercation du 14 novembre et donnent les coordonnées de leur lieu de détention ;
demandez des garanties par écrit à l'effet que les étudiant-e-s d étenus reçoivent tous les soins médicaux nécessaires et qu'ils puissent avoir immédiatement et continuellement accès aux organismes humanitaires, à une aide juridique indépendante et à contacter leur famille ;
demandez des garanties à ce que les étudiant-e-s en détention ne soient pas torturés ou maltraités et que l'on vous informe des motifs d'inculpation des étudiant-e-s en détention.
demandez la tenue d'une enquête complète et indépendante sur les actes posés par la police lors des incidents afin de faire la lumière sur les procédures employées lorsque la police a ouvert le feu sur les étudian t-e-s et d'enquêter sur les mauvais traitements qu'a subi l'étudiant blessé qui a été sorti de force du véhicule du Comité international de la Croix rouge.
Veuillez faire parvenir votre lettre au ministre des affaires étrangères, Lloyd Axworthy, accompagnée d'une lettre demandant la tenue d'une enquête sur la situation ainsi qu'une lettre de protestation à l'ambassadeur indonésien au Canada et au Général Feisal Tanjung. Dans votre lettre, réclamez que la Canada cesse immédiatement tout échange commercial avec l'Indonésie. Exprimez vos inquiétudes et votre consternation relativement au fait que le président indonésien, Suharto, a été permis de se rendre au Canada pour assister à la conférence de l'Organisation de coopération économique de l'Asie-Pacifique malgré son bilan effroyable quant aux abus contre les droits de la personne au Timor oriental.
M. Lloyd Axworthy, ministre des affaires
étrangères
Salle 418-N, Édifice central,
Colline parlementaire
Ottawa (Ontario), K1A 0A6,
téléc. : 613-995-0153
Veuillez faire parvenir une copie de votre correspondance à :
Son excellence, Benjamin Parwoto,
Ambassadeur d'Indonésie
55, ave. Parkdale,
Ottawa (Ontario),
K1Y 1E5
Téléc. : 613-724-1105 ou 613-724-44959
East Timor Alert Network
Bureau national
B.P. 562, Station P
Toronto (Ontario),
M5S 2T1
Téléc. : 416-588-5556
Courriel : etantor@web.net
Jennifer Story
Vice-présidente nationale
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