CAPITALISME TRIOMPHANT
OU DÉMOCRATIE EN CRISE?


Le discours dominant, il n'y a pas si longtemps, véhiculait abondamment une représentation simpliste du monde et des enjeux sociaux. D'un côté, les bons et de l'autre, les méchants. À l'ouest, la démocratie, les libertés individuelles, l'abondance de l'économie de marché et le choix "individuel" de consommer ce qu'on veut. Du côté des méchants, à l'est: le collectivisme, le totalitarisme, l'absence des libertés individuelles, autant de malheurs découlant de dictatures communistes opposées à la démocratie et aux libertés de l'économie de marché. Avec cet amalgame de vérités prêtes à porter, l'embarras était de situer les 2 autres points cardinaux: le nord et le sud. Qu'à cela ne tienne, les idéologues du nord-ouest ne perdirent pas trop de temps pour fermer la quadrature du cercle. Le simpliste de l'ethnocentrisme inventa la réponse. Ainsi, on découvrit le savant "a priori" que le "nord/ouest" était le pôle, le seul où luit l'étoile qui guide la civilisation mondiale. Un ensemble d'observations prétendument savantes, étaient avancés pour établir un semblant de preuve. Au nord, pays des blancs, région froide et rigoureuse où les gens sont besogneux, disciplinés et ingénieux! Quelles évidences pour démontrer que le froid du nord serait à la racine d'une culture et des caractéristiques d'un système socio-économique. Au sud, pays des gens de couleur, région chaude et torride où le plaisir passe avant le travail, pays d'excès, de désordres... et donc de pauvreté et de sous-développement.

Cette division idéologique avait-elle d'autres fonctions que de justifier la mission salvatrice du capitalisme "nordique"? La caricature est si grossière qu'il semble difficile d'admettre qu'elle ait servi de couverture au discours américain. On en doute? Souvenons-nous des motifs invoqués pour justifier la course folle aux armements nucléaires et n'allons pas croire que ferait partie de la science fiction la série d'interventions politiques et militaires : Corée, Saint-Domingue, Baie des Cochons, embargo sur Cuba, coup d'État au Chili, guerre du Vietnam, guerre des Malouines, intervention à Grenade et au Panama, guerre des "contras" et destabilisation de la révolution au Nicaragua, etc. Au cours des années 80, les Thatcher et Reagan ont martelé le discours néo-libéral; pour le rendre crédible, il et elle leur suffisaient d'afficher l'idéologie que le capitalisme du nord est le seul garant de la "démocratie".

La démocratie .

Tout ce préambule pour rappeler que le discours triomphaliste actuel et que les dogmes du néo-libéralisme ne sont qu'un ramassis de préceptes idéologiques empruntés à l'ethnocentrisme primaire. Les salades que nous servent les néolibéraux des années 90 ne sont rien d'autres que des plats mal réchauffés. La différence entre hier et aujourd'hui, tient au manque d'oppositions organisées et de propositions alternatives susceptibles d'orienter autrement l'histoire. Faute d'opposants, la classe dominante fait adopter ses positions, lève les assemblées et déclare inconstitutionnel un retour sur l'ordre du jour ou sur les décisions de l'exécutif. "Par défaut", dirait-on dans le langage informatique, "s'appliquent" les options conçues par les programmeurs du système.

Pourtant, il fut une brève période où "la démocratie" déborda le cercle restreint de la classe dirigeante: celle qui possède, qui spécule, qui dirige les tribunaux, les parlements et qui est armée? Quoiqu'en disent les détracteurs des années soixante, ce temps ne fut-il pas, au cours du 19e. siècle, le moment où la "démocratie" aura produit ses plus beaux fruits? Entre mai 68 et les débuts des années 80, n'est-ce pas par centaines de millions - à l'est et à l'ouest, au nord comme au sud - que les opprimés, hommes et femmes de toutes conditions, de toutes les couleurs, ont osé prendre la parole et prendre la rue - la place publique- pour se battre et débattre? Ces masses n'ont-elles ouvert des brèches dans les cadres étroits du capitalisme; n'a-t-on pas élargi la définition des droits et libertés pour donner tout son sens à ce que l'on nomme "la démocratie"? Souvenons-nous, sur une période de 12 à 15 ans, dans presque tous les pays, la presse bourgeoise n'a su étouffer les cris de révolte, les revendications et l'exaltation des mouvements sociaux. Comme jamais y furent dénoncés les crimes économiques du capitalisme et des oppressions millénaires, comme le sexisme et le racisme, sont devenus odieux à nos yeux.

Au cours de cette période, il n'y a pas si longtemps, le mot "démocratie" s'était enrichi de sens, parce que les mouvements de masse ont osé s'emparer de la réalité. Démocratie et liberté, dans la tête des opprimé(e)s et de centaines de millions d'êtres humains, sont devenues deux termes qui, associés, expriment l'espoir. L'espoir de faire reconnaître - au bout de la lutte - les droits à l'égalité des nations, des femmes et les droits sociaux de toutes les couches de ceux et celles qui sont au bas de l'échelle: les exclus ou les "damnés" de la terre.

Le triomphalisme .

Pour la classe dominante, la démocratie est vue comme une aberration et de l'anarchie si ses privilèges de gérance économiques et de contrôle sociale tendent à dépasser le cercle étroit de sa propre classe. Dans sa bataille pour endiguer les mouvements contestataires et révolutionnaires des années 70, le capitalisme a été contraint à des concessions provisoires. La contre-offensive n'a pas tardé. Les G7, tout au long des années 80, se sont investis d'une mission; celle de réaffirmer les dogmes du néo-libéralisme, et celle d'appliquer une politique de coupures dans les programmes sociaux au détriment des couches les plus pauvres. La chute du mur de Berlin et l'effondrement de l'empire stalinien - dans le bloc de l'est et en URSS - vont accélérer l'issu, pour marquer la revanche de la bourgeoisie sur les mouvements sociaux. Pour les ténors du néo-libéralisme, l'effondrement des bureaucraties staliniennes devint comme la preuve de l'échec historique du socialisme... et la pseudo victoire de la démocratie.

Les années 90 sont donc les années de jubilation et de triomphe du capitalisme, sur tous les fronts. Les banques s'enrichissent, les cotes de Wall Street font des bonds, le chômage augmente, les salaires diminuent et les services sociaux se font couper. Les G7, accompagnés de thuriféraires-économistes-conseillers, voyagent, se concertent et se font applaudir par les intellectuels qui prêtent des vertus morales au nouvel ordre international. Quant aux épigones de la presse, ils se gargarisent de mots et font la révérence devant la "globalisation", "l'économie de marché", le "libre-échange" et sur "l'incontournable-crise-des-finances-publiques". Le triomphe du capitalisme, n'est pas que médiatique. La victoire du capital cosmopolite est devenu bien réel, aucune force sociale l'empêche d'agir; il a les mains libres, finie l'entrave des résistances démocratiques. Plus d'opposition à l'Est, plus de résistances qu'on ne saurait mater au Sud et capitulation des travailleurs et des travailleuses, à l'Ouest. Dans leurs projets les plus insensés de contrôle militaire, économique et politique, Hitler et Mussolini ont-ils rêvé d'un tel triomphe "mondial" de l'économie de marché et de l'ordre capitaliste? Chose certaine, les G7, le FMI, la Banque Mondiale et le conseil de sécurité de l'ONU (appuyés de toute la quincaillerie militaire et nucléaire) forment un front déterminé à forcer les 2/3 de l'humanité à s'écraser, sans discuter, sous ses diktats (qui sont ceux du capital). Il n'y a pas que les irréductibles ennemis comme Fidel Castro qu'il faut casser. Mêmes les amis d'hier, s'ils deviennent trop voraces, tel Sadam Hussein, goûteront à la médecine meurtrière des nouveaux maîtres du monde.

L'aristocratie financière au pouvoir .

Dans une émission de Scully Rencontre (01/31/97), un éminent économiste américain avançait des données révélatrices sur les tristes "performances" du système capitaliste. À elles seules, les 365 personnes les plus fortunées de la planète possèdent autant de richesses que tous les avoirs réunis des 2 milliards d'êtres humains les plus pauvres. Cet écart économique est sans doute scandaleux et inadmissible. Pourtant, ce ne sont pas les additions ou les soustractions mathématiques qui doivent, dans cette comparaison, nous faire frémir d'inquiétude. Inquiétons-nous surtout de l'inimaginable concentration de pouvoirs réunis entre les mains d'une poignée de bandits qui tiennent, à leur merci, l'ensemble de l'humanité. Il aura fallu à peine dix ans aux complexes militaro-industriels, aux puissantes pétrolières, au capital financier et à la maffia internationale (dont les ramifications s'étendent jusqu'aux banques pour "blanchir" l'argent) pour mettre au pas la "classe politique", la presse, les intellectuels et les bureaucraties syndicales et partidaires de la classe ouvrière. Voilà ce qui est inquiétant. Des populations entières capitulent, après de trop brefs combats, sous le coup du chantage des puissants monopoles capitalistes: menaces du FMI, menaces d'embargo commercial, d'augmentation du taux d'échange et des taux d'intérêts, de fermeture d'usines, de coupures, de licenciements, et la liste ne finit plus...

Par définition, les aristocraties ne peuvent faire bon ménage avec les régimes "démocratiques". L'aristocratie des sociétés anciennes était composée de la minorité, la plus riche, celle qui proclamait son pouvoir politique en attestant "des titres" qu'elle disait posséder de naissance et qu'elle léguait par "le sang" à ses fils. La révolution bourgeoise a aboli cette forme de perpétuer le pouvoir. Cela a-t-il empêché que voit le jour une classe de riches, plus puissants que ceux des sociétés anciennes. La nouvelle aristocratie (qu'on pourrait nommer "ploutocratie") est pourtant très différente de l'ancienne; ses "titres", en effet, ne sont pas rattachés à un village en particulier, un comté, une nation et un seul pays. Le domaine de la ploutocratie devient le "village global" qui n'est rien d'autre que le marché mondial. Sur ce domaine, la magie de la naissance est insuffisante pour faire le départage des "fiefs"... Les taux "de croissance des profits", les "titres" boursiers et dans les compagnies deviennent "la marque" de l'autorité incontestable! Gageons que les 365 plus fortunés de la planète, grâce à leurs "titres" et à leurs actions dans les plus importantes sociétés multinationales, constituent la haute noblesse de la nouvelle aristocratie financière.

Que penser de ces multinationales? Certains diront qu'il faut leur faire confiance étant entendu que ces sociétés seraient à l'avant-garde du développement des sciences et des nouvelles technologies. Les exemples souvent rapportés sont ceux de la Nasa et des puissants complexes militaro-industriels qui, à coup d'investissements milliardaires, auraient révolutionné l'aereo-spatial, les sciences de la physique-nucléaire, de la conservation et transformation de l'énergie, de l'informatique, des techniques de communications, de la robotique, etc. Si on continuait cette recherche et si on regardait du côté des grandes "pétrolières", on trouverait certainement un nombre impressionnant de "nouveautés" que ces dernières auraient découvertes et mises en marché. Ceci dit, est-il justifié de faire confiance aux monopoles? Veut-on dire qu'il faut laisser toute liberté et leur permettre de se soustraire aux règles du contrôle démocratique? Les sociétés multinationales, avec leurs secrets industriels et leurs brevets d'exclusivité, au nom du progrès, ne sont-elles pas déjà à la racine des trop nombreux déséquilibres écologiques? Leurs "sciences" ne sont-elles pas étroitement associés à de graves problèmes: contamination, radiation et à combien d'autres "maladies" dites industrielles! La confiance est une chose, la bêtise en est une autre. Pourtant, en cette période du capitalisme triomphant, si on se plaint, on apparaît comme un intellectuel "dogmatique" qui veut empêcher la roue de tourner.

Les ministres, surtout en période électorale, n'aiment pas se faire mettre sous le nez les déchets que laissent derrière elles les compagnies petro-chimiques, les fabriquants de plastiques, de voitures, de fertilisants, d'insecticides, d'armes nucléaires et chimiques et on en passe... Mais, en ces temps si difficiles de déficit zéro et de chômage, l'argument massue est vivement assené: "Ne faisons pas la fine gueule". On a trop de chômage, il faut des investisseurs et bienvenue aux monopoles créateurs d'emplois. Et vlan, ... et go, allons-y: deréglementation et assouplissement du code du travail et des mesures "environnementales". Mythe ou vérité: les gros monopoles sont-ils créateurs d'emplois? Par le même détour, évaluons si le pouvoir politique des sociétés multinationales est proportionnelle au nombre d'emplois qu'elles créent effectivement.

Tout d'abord, il est indéniable que les multinationales occupent une place de plus en plus importante et dans la sphère de l'économie et dans celle du politique. De quelques centaines qu'elles étaient dans les années 70, ces entreprises dépassent maintenant le chiffre de 40,000. Leur puissance politique se mesure par le poids qu'elles exercent sur les gouvernements, faisant rapidement basculer de la sphère "publique" vers la sphère "privée" des décisions fondamentales pour la vie sociale ( normes environnementales, de la santé, de l'éducation, de la culture et des communications). Ce basculage s'observe par les politiques de privatisation des société d'État qui sont vendues aux enchères et achetées par le capital privé. Le pouvoir des monopoles ne tient pas seulement au fait que leur nombre augmente, mais surtout au fait que les sociétés multinationales et leurs banques tiennent à la gorge les gouvernements. Pensons que le chiffre d'affaires des 200 principales entreprises de la planète représente plus du quart de l'économie mondiale. Autre fait révélateur, parmi celles-ci plus d'une centaine se rangent avec les 100 pays dont l'économie est la plus performante. Le Monde Diplomatique, qui rapporte ces chiffres (éditorial de Ramonet, janvier 1997), donne des exemples: le chiffre d'affaire de GM. est plus élevé que le PNB du Danemark et celui de Toyota dépasse le PNB de la Norvège. Ces données, auxquelles pourraient s'ajouter d'autres études, laissent entrevoir le profil de la nouvelle aristocratie capitaliste, des nouveaux maîtres du monde. Reste à savoir si le poids politique des sociétés multinationales s'appuie sur le nombre d'emplois (donc de voteurs) qu'elles créent ou si ce pouvoir ne vient pas tout simplement du chantage des capitaux? Si le ministre Landry n'était pas sans vergogne, il rougirait jusqu'aux oreilles en lisant ce que nous rapporte Ramonet. On apprend, dans la même édition du journal, que les 200 plus grandes entreprises qui ont le contrôle sur 25% de l'économie mondiale "n'emploient que 18,8 millions de salariés, soit moins de 0,75% de la main-d'oeuvre planétaire..."

Crise de la démocratie.

Capitalisme où est ton triomphe? Ton triomphe vient-il de l'amplitude des capitaux accumulés? de leur concentration? Ton triomphe et ta victoire se mesurent-ils, au contraire, par l'amplitude et l'élargissement de la "dépossession", de l'appauvrissement et de l'aliénation des grandes masses humaines. Ta puissance et ta grandeur est-ce autre chose que la dictature de la loi du profit?

Dans la Rome antique, le retour des armées victorieuses était jour de triomphe, de jubilation, de fête. Il était alors permis, mêmes aux esclaves, de participer à la fête. L'aristocratie capitaliste, elle, quant elle triomphe, réserve à de petits cercles sélectes la jubilation des profits juteux... Son plaisir se gâte s'il est question de partager le butin qui s'engrosse au gré du chronomètre du taux de profit. La jubilation tient à la magouille et à la stratégie à utiliser pour planter l'adversaire et lui disputer sa part du marché. Dans ce monde sélecte des barons de la finances et des PDG des multinationales, s'en trouve-t-il un qui se demande, au moment de planifier ses investissements, la place que devraient occuper "les droits démocratiques" dans son entreprise et "ses stratégies" de mise en marché? La remarque fait sourire. Peut-on imaginer le conseil d'administration d'une société multinationale ou celui d'une banque qui orienterait ses investissements dans le but de multiplier les emplois, d'assurer l'équité salariale, de diminuer la semaine de travail, de favoriser l'accès universel à l'éducation et aux soins de santé, et d'appuyer les initiatives du contrôle démocratique de la majorité de la population sur les décisions économiques et politiques. Et pourtant, le discours néolibéral, tous les jours, répète que l'économie de marché si on la laisse "libre" va miraculeusement produire de tels effets... même si les "acteurs" sociaux ne s'en préoccupent pas!

Si la démocratie est en crise, serait-ce parce que l'État ne prendrait pas assez de décisions d'ordre publique? Serait-ce que ces décisions ne seraient pas suffisamment médiatisés? Certainement pas. Au Québec, tout dernièrement encore, le gouvernement s'est même payé le luxe de médiatiser des sommets pour annoncer ses orientations. On pourrait penser qu'il n'y a pas de crise si tous les "décideurs" (comme dirait Larose) sont d'accord sur les orientations de fond? En plus des sommets, n'y a-t-il pas des "commissions parlementaires" sur des sujets de premier ordre: la santé (suite au rapport Rochon) et l'éducation sous les ordres des ministres Robillard, ensuite Garon et finalement Marois. Les "mécanismes" de consultation et de sondage font-ils défauts? Ce n'est pas là qu'il faut regarder si on parle de crise de la démocratie.

S'il y a crise - et il y en a une - c'est que en dépit des consultations, le pouvoir politique fait à sa tête. Ce dont il tient compte, c'est de s'ajuster à la volonté des banquiers et à ce qu'il désigne du nom d'"impératifs économiques". Devant le chantage de quelques-uns, les milliardaires, n'ont pas de poids ni les demandes, ni les besoins, ni l'opinion, ni les contestations des majorités qui s'expriment. La réforme dans les soins de santé et dans l'éducation: oui, consultations coûteuses. Décisions: celles arrêtées par le conseil des ministres. Critères: le "cadre du déficit zéro". Et il en est ainsi dans tous les domaines importants de la vie politique. La façade des consultations démocratiques est là; mais, le pouvoir politique décide et décrète contre la volonté majoritairement exprimée au nom "d'intérêts supérieurs et incontournables". Ces fameux incontournables sont devenus comme une prière mise sur cassette: "le déficit, la dette, on n'a pas le choix..coupons". L'argument des barons du système financier qui réclament le "tribu" des intérêts, devient la norme et le dogme incontournable.

Malgré le triomphe arrogant des capitalistes et en dépit de la crise profonde de la démocratie, qui a dit que l'histoire était close! Ceux qui le disent ne sont-ils pas les mêmes qui pensent qu'après eux viendra le déluge! Gageons que les damnés de la terre, dans des jours pas si lointains, se lèveront une autre fois, plus unis que maintenant, plus puissants et plus déterminés que ceux d'hier. Ce jour-là, tremblons. Les exclus, les opprimés, hommes et femmes, seront là, dans un prochain tournant décisif de l'histoire et, souhaitons-le, ils et elles feront la peau à toute cette racaille qui opprime l'humanité. Oui, souhaitons qu'ils et elles fassent un grand ménage sur la surface de la terre. Qu'ils et elles redéfiniront les règles de l'existence pour instituer, définitivement, celles de la démocratie. Qu'il serait heureux d'être encore là pour partager la fête de la libération de l'humanité. Une véritable fête démocratique. "L'homme, écrivait Camus, est cette force qui un jour ou l'autre balance les tyrans et les dieux". Vivement, préparons ce jour et donnons vie à cet homme et à cette femme.


Jean-Jacques Roy
Enseignant en philosophie,
Cégep de Limoilou
Février 1997
(Cet essai sera publié dans la revue "Les Cahiers", édités par le Département de français au Cégep de Limoilou)

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