Mexique
La Police de sécurité publique ouvre le feu sur une manifestation pacifique d'autochtones tzeltals au Chiapas.
Bilan: un mort et deux blessés.
par le Comité chrétien pour les droits humains en Amérique latine
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Après une manifestation de 6 000 autochtones hier, le 12 janvier, à Ocosingo (État du Chiapas), la Police de sécurité publique (PSP) a ouvert le feu sur un groupe de 500 manifestants qui avaient décidé de bloquer, de façon pacifique, la route qui mène à San Cristobal. Mme Guadalupe Lopez MENDEZ, une femme tzeltal de 25 ans, est morte dans un hôpital de Altamirano quelques heures après avoir été atteinte des balles de la PSP, tandis que sa fillette, Isabel Santiz MENDEZ, et un jeune dénomme Lazaro Lopez VESQUEZ, ont tous le deux été blessés par les tirs. La manifestation s"inscrivait dans la longue liste de protestations survenues le même jour partout au Mexique, en Amérique latine, en Europe et aux USA pour dénoncer le massacre d'Acteal du 22 décembre dernier.
Les quatre principales revendications des manifestants d"Ocosingo étaient : le retrait de l'Armée mexicaine des communautés autochtones, le demantèlement des organisations paramilitaires, un procès à l'égard de l'ancien gouverneur Julio Cesar Ruiz Ferro et que la lumière soit faite sur le carnage d'Acteal et ses auteurs matériels et intellectuels traduits en justice.
La PSP s'est presentée pour déloger les manifestants qui bloquaient la route. Ce geste a été perçu par les autochtones comme une provocation puisque c'est ce même corps de " sécurité " qui, positionné à une centaine de mêtres d'Acteal le 22 décembre lors de la tuerie, n'est pas intervenu pour empêcher la réalisation des tristes événements. Les manifestants se sont donc mis à scander, en direction des forces de sécurité : " Assassins, assassins, allez-vous en d'ici, c'est vous qui avez tué nos frères d'Acteal. " Quelques minutes se sont écoulés, après lesquelles des pierres ont été lancées vers la PSP. Celle-ci a réplique en braquant ses mitraillettes sur le rassemblement de 500 personnes et a ensuite fait feu.
Cette nouvelle vague de violence étatique est survenue le même jour où les membres d'Équipe Canada, en mission commerciale au Mexique (malgré l'appel du Comité chrétien et de plusieurs autres ONG pour l'annulation du voyage d'Équipe Canada) se faisaient assurés par le président Zedillo que son gouvernement allait tout faire pour rétablir la paix au Chiapas.
L'assassinat de Mme Lopez MENDEZ par des agents gouvernementaux confirme que le gouvernement Zedillo s'obstine à récuser la paix négociée comme solution à l'impasse que vit actuellement le Chiapas. Cette mort prouve aussi que le limogeage du gouverneur Ruiz Ferro est un geste symbolique, voir presque inutile, puisque l'attitude gouvernementale reste immuable.
Or, un changement de cap majeur s'impose au gouvernement Zedillo s'il croit pouvoir rétablir la paix au Chiapas et s'il souhaite éviter que la région sombre dans une guerre civile, situation qui devient de plus en plus probable à la lumiere du massacre d'Acteal.
| Action suggérée Si vous ne l'avez pas déjà fait, nous vous demandons d'envoyer la lettre type qui a accompagnée notre action urgente de la semaine passée (voir semaine du 28/12/97) et qui demande aux premiers ministres canadien et québécois d'annuler la mission commerciale d'Équipe Canada. Bien que la mission de nos élus s'est tout de même rendue au Mexique, votre lettre signifie que vous reconnaissez les gouvernements et communautés d'affaires canadiens complices des politiques gouvernementales de Zedillo en matière du non respect des droits humains. |
Sources : Centro de Derechos Humanos Fray Bartolome de las Casas, Enlace Civil (renseignements supplementaires du quotidien La Jornada) Date: 13 janvier 1998
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