Ligne de piquetage devant l'usine Daishowa à Québec pour dénoncer une entrave à la liberté d'expression

par Amitié Lubicons-Québec

Québec - Le 23 janvier prochain marquera le deuxième anniversaire d'une injonction interlocutoire obtenue par la multinationale Daishwa devant la Cour d'appel de l'Ontario en 1996. L'injonction interdit une campagne de boycottage des produits forestiers Daishowa organisée en Ontario par le groupe communautaire les Amis des Lubicons. Dans sa décision, la Cour d'appel affirmait, entre autres, que la Charte canadienne des droits et des libertés ne s'appliuait pas dans " le domaine privé " et que le droit de Daishowa de commercer librement surpassait le droit des Amis des Lubicons à la liberté d'expression. Le 19 juin 1997, la Cour suprême du Canada refusait d'entendre l'appel interjeté par les Amis des Lubicons sans pour autant motiver sa décision.

Depuis 1989, Daishowa détient en Alberta les droits de coupe sur 29,000 km2 de forêt boréale dont la presque totalité du territoire traditionnel de 10,000 km2 des Cris du lac Lubicon. Répondant à l'appel des Cris qui faisaient face, dès l'automne 1990, aux pratiques de coupe d'une filiale de Daishowa, les Amis des Lubicons ont lancé une campagne de boycottage en novembre 1991. En quatre ans, 47 entreprises représentant 4,300 détaillants ont abandonné les produits Daishowa. Depuis le début de cette campagne en Ontario, aucun arbre n'a été coupé en territoire lubicon.

Selon Marc Drouin, membre de la campagne Amitié Lubicons-Québec, " le 7 janvier dernier, la ministre fédérale des Affaires indiennes et du Nord, Jane Stewart, exprimait ses excuses à l'égard des Premières Nations du Canada pour les erreurs et les arrogances gouvernementales du passé... Dans le cas des Cris du lac Lubicon, l'injustice se poursuit aujourd'hui. Combien de temps encore devront-ils attendre avant que justice soit faite dans leur cas? Nous demandons à Daishowa de s'engager publiquement à ne pas couper ni acheter d'arbres provenant du territoire lubicon tant qu'une entente territoriale ne sera pas convenue entre les Cris du lac Lubicon et le gouvernement fédéral. C'est aussi simple que ça. "

C'est en janvier 1995 que Daishowa Inc. poursuivait devant un tribunal ontarien Kevin Thomas, Stephen Kenda et Ed Bianchi, tous membres des Amis des Lubicons et organisateurs du boycott. Le procès, entamé le 2 septembre 1997 à Toronto, s'est terminé le 12 décembre dernier et un verdict sera rendu au mois de février. En plus de mesures punitives contre les Amis des Lubicons, la multinationale réclame une injonction permanente contre toute forme de boycottage de ses produits en Ontario.

Selon M. Drouin, " si Daishowa obtient un jugement favorable en février, cette cause pourrait servir de jurisprudence à l'avenir, partout au pays, contre toute forme de boycottage. En cette époque de la mondialisation des marchés, les droits des citoyennes et des citoyens reculent comme en témoigne cette poursuite et cela augure très mal pour l'avenir. C'est inacceptable! "

Le verdict en Ontario, après plus de trois ans de procédures juridiques, sera rendu alors que Daishowa s'apprête à construire une deuxième usine dans la région de Peace River en Alberta, en bordure du territoire cri. La nouvelle usine de 900 millions $, annoncée le 20 décembre 1996, s'approvisionnera en matière ligneuse, sans doute à même le territoire autochtone.

Pour de plus amples renseignements:

Marc Drouin, de la campagne Amitié Lubicons-Québec : (514) 844-0484 Vendredi dès 9h : (514) 951-1837
Stephen Kenda, les Amis des Lubicons (Toronto) : (416) 763-7500
Bernard Ominayak, chef des Cris du lac Lubicon (Alberta) : (403) 629-3945
Koichi Kitagawa, pdg, Les Produits Forestiers Daishowa Ltd. : (416) 862-5000

La campagne Amitié Lubicons-Québec est endossée par :

L'Association des etudiantes et étudiants en études hispaniques (UdeM),
l'Association des etudiantes et étudiants en anthropologie (UdeM),
l'Association des etudiantes et étudiants diplômé-e-s employé-e-s à McGill (CSN),
le Canevas,
le Centre de ressources sur la non violence,
le Centre Wampum,
le Cercle des Premières Nations (UQAM),
Citoyen-ne-s opposé-e-s à la brutalité policière,
la Coalition Démocratique de Montréal,
la Coalition Y,
le Comité baie James,
le Comité chômage de l'Est de Montréal,
le Comité Chômage du Sud-Ouest,
le Comité chrétien pour les droits humains en Amérique latine,
le Comité de Justice et Paix de Ville-Marie,
le Comité de mobilisation inter-départementale (UdeM),
le Comité des sans emplois de Montréal-Centre,
le Comité justice sociale (CRCQ),
le Comité Québec-Amérique centrale,
le Comité souverainiste (UQAM),
la Fédération autonome du collégial (FAC),
First Nations Solidarity Working Group (Concordia),
Food not Bombs (Montréal),
le Groupe de recherche en intérêt public (GRIP-Québec) UQAM,
le GRIP-Québec Concordia,
le GRIP-Québec McGill,
Justice and Peace Committee - Archdiocese of Mtl,
la Librairie Abya-Yala,
la Librairie Alternative,
le Mouvement pour le droit à l'éducation (MDE),
le Mouvement Vert Mauricie,
Option Paix,
Parti de la démocratie socialiste,
les Productions B'alba,
Project Ploughshares (Montréal),
Rebelles,
le Regroupement de solidarité avec les Autochtones,
le Réseau d'alerte pour le Timor oriental (RATO),
le Réseau de solidarité avec le Mexique,
Rhythm Activism,
la Rue des femmes de Montréal,
Salut le monde!,
Terres en vue...

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