URGENCE, DANS LES URGENCES
Par Ginette Lewis
La réforme Rochon commence à battre de l'aile. Basée supposément sur des principes scientifiques et sur des prévisions précises, cette réforme n'est en fait que la concrétisation pour le secteur de la santé du néolibéralisme. Marc-Yvan Côté avait déjà sous le gouvervement libéral mis en projet presque l'ensemble de ce que Rochon applique maintenant. Comme quoi PQ et PLQ sont souvent sur la même longueur d'onde et bien plus souvent que le laisse entendre Bouchard, fier du dernier consensus avec Johnson-Ryan sur le droit à l'autodétermination du peuple québécois.
En fait la réforme Rochon coûte cher
Malgré les départs massifs à la retraite, les statistiques sur la masse salariale sont peu dévoilés. Et pour cause, les listes de rappel font autant de remplacement, les rentabilisations sont difficiles à faire: d'abord il a fallut à grand frais (temps supplémentaire) remplacer les départs à la retraite (on ne pouvait tout couper) et deuxièmement remplacer la période des vacances estivales. La crise du verglas, précédée par la période des congés des fêtes rêvet le même caractère pour tout l'ouest de la province.
Quant aux fermetures d'hôpitaux, tant à Montréal qu'à Québec, la rentabilisation risque de coûter cher avec la situation des urgences. L'argent des lits fermés fondera-t-elle sous les poursuites pour des personnes mortes sans soins ? Et que dire des déménagements de services ou de spécialités. Les poumons se sont promenés entre Montréal et Québec. Les grands brûlés et l'hématologie partiraient de St-Sacrement à Québec, mais à quels coûts ? Les grands perdants évidemment: les personnes malades. Et les rénovations dans différents hôpitaux de Québec, à peine finies mais inutilisés? Tout ce brasse-camarade permet aux penseurs de la santé d'assumer leur hégémonie; qu'on pense à la région de Québec et au rôle de l'Université Laval.
EN fait la réforme Rochon coûte cher, les rentabilisations tardent à venir. Les hôpitaux continuent d'accumuler des déficits. Et c'est devant ce constat que Rochon peut bien penser à son avenir. Le néolibéralisme qu'il défend n'aboutit pas au déficit zéro en santé. Et avec la prochaine phase qui vise la privatisation de tout ce qui n'est pas soins, la facture va s'avérer en bout de compte salée. Au nom de la rentabilisation, de la rationnalisation, le néolibéralisme crée un système de santé à deux degrés en coûtant davantage au plan social en bout de compte.
Les vraies perdantes
Les vraiens perdantes de tout ce gachis Rochon, ce sont celles qui ont vu leur droit au travail se ratatiner comme une peau de chagrin, qui ont vu leurs conditions de travail s'alourdir, qui ont dû pallier à la maison aux insuffisances du virage ambulatoire, qui sont dans les corridors d'urgence à être soignées, parce qu'elles utilisent plus les services de santé. Ce sont les femmes que Rochon et son gouvernement péquiste baffouent. Les coupures de l'aide sociale de madame Harel, le démantelement des services en éducation de madame Marois, l'assurance-médicaments qui, dans les faits fait perde la gratuité et fait payer les plus démuni-e-s, les centres locaux de développement de monsieur Chevrette qui vont reléguer l'économie sociale dans une voie de garage, ne sont que la suite logique de ce gouvernement néolibéral.
Les grands muets
Mais dernièrement la crise a éclaté, les urgences débordent, le PLQ en profite pour mousser ses attaques contre le PQ, Augustin Roy, ancien président du Conseil des médecins et libéral au plus profond de son coeur, décroche ses flèches, les urgentologues commencent à protester, le directeur des soins professionnels se doit de décrier la situation dans les urgences à la directrice du CHUM. Mais dans tout ce brouhaha, pas un mot des syndicats. Les centrales syndicales se taisent...mais seront présentent à l'allocution de monsieur Bouchard sur le statut du Québec la semaine procchaime.
Et voilà la souris qui sort du sac. La riposte au néolibéralisme n'existe pas, les syndicats pratiquent le partenariat avec le gouvernement péquiste. Résultat: défaite par dessus défaite, entente par dessus entente. Les départs massifs ont fait les frais d'entente malgré le démantelement énorme que cela créait. Les syndicats ont participé aux coupures en acceptant cela. Et la prochaine convention collective s'annonce bien. Les centrales entendent mettre l'enphase sur la question monétaire en invoquant que le secteur de la santé a fait sa part. Et les personnes assistées sociales ont-elles fait leur part? La conjoncture n'est pas à une demande aussi corporatiste. Il faut lutter pour l'emploi. Il faut exiger la réduction des heures de travail sans perte de salaire et participer à baisser le chômage en invoquant la nécessité de services de qualité. La lutte contre le néolibéralisme dans la santé va demander plus que jamais de dépasser les simples frontières syndicales et de s'étendre vers la popuatipon en général. En plus, elle va nécessiter de mener des actions en dehors des sentiers battus. Il va falloir investir le terrain de la politique, pas pour soutenir le PQ et son indépendance de facade mais pour rompre définitivement avec sa statégie par étapes et contre le néolibéralisme, pour une réel projet social qui va éviter aux Québécois et Québécoises, une barbarie certaine.
Mais à exiger des hausses salariales, les centrales vont se voir répondre de continuer la lutte pour le déficit zéro car l'indépendance... en dépend. Résultat: peut-être un statu quo. Bien que Bouchard et cie lorgne depuis un certain temps sur la sécurité d'emploi.
Oui il y a urgence pas seulement dans les urgences, mais dans tout le secteur de la santé, et en particulier pour les femmes.
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