La journée de protestation étudiante pan-canadienne
Au Québec : Les occupants expulsés ... par un trou dans l'mur !?!.
Suite à une manifestation d'environ 800 étudiants, la centaine d'étudiants et de citoyens de différents milieux, qui occupaient depuis 13h00, le 11 février, les bureaux du Conseil du Patronat du Québec, viennent d'être fouillés et arrêtés, puis relâchés (à l'exception de quelques uns qui sont détenus). Les occupants avaient décidé en Assemblée Générale de ne pas quitter l'endroit avant d'avoir reçu des deux paliers de gouvernement une réponse officielle à leurs revendications, exigeant un référendum pan-canadien sur l'Accord Multilatéral sur l'Investissement, une éducation accessible et de qualité, ainsi que la reconnaissance constitutionnelle du droit de grève et de manifestation.
Les policiers ont dû scier le mur pour pénétrer dans les lieux de l'occupation. La section technique de la SPCUM ainsi que l'escouade canine ont encerclé les occupants et ont procédé à une arrestation massive des militants non-violents, qui sont accusés de méfait. Quelques actes de brutalité policière et des obligations de révéler des renseignements confidentiels ont été notés. L'escouade anti-émeute était présente en très grand nombre et se préparait à disperser la vigile d'environ cent personnes qui appuyait les occupants. À 2h00, les occupants et la vigile ont quitté les lieux en direction du 980 Guy où deux ou trois occupants sont détenus.
Tout comme les 108 personnes arrêtées au Reine-Élisabeth, ceux qui ont occupé le CPQ sont des étudiants sur-endettés, des sans-emplois, des travailleurs et travailleuses précaires, ou tout simplement des citoyens qui en ont ras-le-bol de voir la richesse et le pouvoir se concentrer dans les mains d'un nombre de plus en plus restreint de grandes entreprises, de spéculateurs et d'experts financiers. « Face au discours dominant qui légitime les privatisations, les déréglementations et les coupes sauvages dans les programmes sociaux au nom de la sacro-sainte compétitivité, quel pouvoir reste-t-il aux citoyens lorsque l'ensemble des partis politiques et des grands médias projettent ce discours unique comme inévitable ? », demande Mike Brophy, étudiant en sociologie à l'UQAM ? « Comment développer collectivement des alternatives sociales lorsque tout mouvement de contestation se voit écrasé par une répression de plus en plus sévère, sans même pouvoir se faire entendre sur la place publique ? »
La répression prend également la forme juridique, comme le démontre l'utilisation systématique des lois spéciales face aux syndicats qui veulent conserver leurs acquis. « La situation actuelle n'est cependant qu'un avant-goût de ce que l'Accord multilatéral sur l'investissement nous réserve, alors que les gouvernements devront garantir la stabilité des investissements en s'engageant pour au moins vingt ans à indemniser les investissemeurs pour les profits perdus en raison (...) d'état d'urgence, d'une révolution, d'une insurrection, de troubles civils ou d'autres événements similaires (...) - clause 3.1 de l'A.M.I - », explique Anna Kruzynski. « L'A.M.I. réduira drastiquement les libertés civiles et le peu de pouvoir populaire qu'il nous reste. La lutte ne fait que commencer ! »
Pour plus d'information, contactez au (514) 249-3007 Mike Brophy, étudiant en sociologie à l'UQAM; Anna Kruzynski, présidente de la section québécoise de la Fédération canadienne des étudiantes et étudiants (514) 398-1600 Télécopieur (514) 398-1862
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