La lutte pour le droit du Québec à l’autodétermination
Une stratégie de mobilisation populaire est incontournable !

par Bernard Rioux

L’initiative de Pro-démocratie et l’action du PQ pour la défense du droit du Québec à l’autodétermination, malgré toutes les différences stratégiques qu’il faut savoir exprimer clairement avec ces organisations, doivent être soutenues. Lorsque les leaders de Pro-démocratie écrivent : « Si la Cour suprême décide d’intervenir et de servir de porte-voix aux décrets et désirs du gouvernement fédéral, le processus signifie l’emprisonnement du Québec dans un régime constitutionnel qu’il n’a pas accepté. Primauté de la contrainte et de la force ! Ça commence à ressembler au régime des mesures de guerre…. », (Le Devoir, Non à la Cours suprême, le droit de choisir notre avenir collectif se plaide devant le peuple québécois, par Pierre Paquette, Jean-Claude Rivest, Monique Vézina et André Tremblay) , ils décrivent correctement la situation. Quand Pro-démocratie écrit dans sa campagne publicitaire; « La cause est entendue : le peuple québécois a le droit de disposer librement et démocratiquement de son avenir. Le gouvernement fédéral par le biais de la Cour suprême est dangereusement déterminé à nous convaincre du contraire, Pas question!  Notre liberté de choix, nos droits démocratiques, ni rien, ni personne ne peut nous les enlever. »… cette coalition rappelle un droit fondamental. Il reste à voir comme il reste à voir comment elle entend se proposer de mobiliser pour sa défense. .

Mais si Pro-démocratie se contente de proposer un front avec les politiciens fédéralistes qui rejettent la stratégie de mise au pas du Québec que préconise Jean Chrétien, l’avenir de la lutte pour ce droit fondamental risque d’être très aléatoire. Malheureusement, il semble que cette bien cette orientation stratégique qu’on a choisi. Ainsi, dans la même contribution du groupe Pro-démocratie, ces quatre dirigeant-e-s définissent ce qui constitue la plate-forme commune comme leur « inquiétude devant la menace qui plane sur l’intégrité et la mise des institutions politiques démocratiques canadiennes et québécoises. »   En fait, ces messieurs dame confondent la défense d’un droit démocratique et le caractère prétendument démocratique de l’État canadien. En fait, la constitution canadienne ne reconnaît pas l’existence de la nation québécoise ni son droit à l’autodétermination. Et les politiciens fédéralistes ont-ils vraiment accepté de jouer jusqu’au bout les règles du jeu fixées par la Loi sur les consultations populaires comme le prétendent les auteurs. Il faut avoir la mémoire courte pour l’affirmer. Une coalition pour la défense droit à l’autodétermination n’a pas à se porter à la défense du caractère démocratique des institutions canadiennes. Elle doit encore moins ce contenter d’un trouver un certain aval dans le jeu politicien car ce se serait se payer d’illusions.

Se contenter du fait qu’une majorité de Québécois et de Québécoises se prononcent pour un tel droit, c’est ne pas reconnaître l’ampleur de la tâche. C’est la population canadienne-anglaise dans son ensemble qui doit être gagnée au droit du Québec à l’autodétermination. C’est pourquoi, il est irresponsable comme l’a fait le premier ministre du Québec dans son discours à la soirée précédent le Conseil national du PQ d’affirmer que la manœuvre fédérale a coulé comme le Titanic. Il faut avoir un point de vue étroitement électoraliste pour faire une telle affirmation. L’offensive fédérale contre le Québec se poursuit. L’intolérance que le PLC sème au Canada-anglais, avec l’aide des Réformistes, continue de s’enraciner . Cette intolérance va être sa marge de manœuvre demain pour pouvoir utiliser toutes les tactiques anti-démocratiques qu’il voudra bien utiliser pour contrer les aspirations légitimes de la population du Québec.

La coalition militante doit compter sur les convictions démocratiques présentes dans de larges secteurs de la population canadienne pour construire un appui massif au droit à l’autodétermination du Québec.. Pour cela, il faut s’appuyer sur l’ensemble des forces vives et progressistes du Canada-anglais. Déjà le Congrès du Travail du Canada, à la demande de la FTQ, a réaffirmé son soutien au droit à l’autodétermination du Québec. Que les organisations syndicales québécoises organisent, en collaboration avec le CTC, une tournée des organisation syndicales du Canada-anglais. Que l’ensemble des mouvements sociaux du Québec prennent des initatives similaires. Que le NPD au Canada-anglais concrétise par une campagne pour le droit à l’autodétermination son vote à la Chambre des communes.

Mais pour que cette campagne marque des points au Canada anglais, elle exige des indépendantistes québécois, une prise de position démocratique radicale sur le droit à l’autodétermination des nations autochtones au Québec et au Canada. Si le mouvement national au Québec refuse d’être radicalement démocratique, il ne saura construire l’appui dont il a besoin dans sa lutte actuelle pour la souveraineté.

Il est possible de battre en brèche les politiques anti-démocratiques du PLC. Mais pour cela, il faut mesure à sa réelle profondeur l’offensive fédérale, comprendre qu’elle prépare le Québec pour des lendemains qui déchantent et qu’il faut mobiliser l’ensemble des forces progressistes et démocratiques au Canada-anglais et au Québec pour ce faire.

 

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