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| Principales différences entre l'AMI et l'ALÉNA | Le NPD contre l'AMI |
Le NPD contre l'AMI
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Le NPD soutient donc que lAMI, dun point de vue social-démocrate, est injustifiable et quaucune combinaison de réserves et dexemptions ne saurait compenser linacceptabilité globale de ses dispositions générales et du plan daction global des entreprises dont il est la dernière manifestation en date.
LAMI, de laveu même du gouvernement, est une tentative pour reconstituer lALÉNA au niveau de lOCDE dans lespoir quil pourra un jour être reconstitué au niveau de lOMC. Et lALÉNA, bien entendu, est une reconstitution de lAccord de libre-échange canado-américain. La stratégie de ceux qui plaident avec succès pour la libéralisation des échanges, des investissements et des services et pour une limitation du rôle de lÉtat dune ampleur inconcevable il y a 15 ans, consiste à faire signer de petits accords qui deviennent les prototypes daccords plus ambitieux. À sa honte éternelle, le Canada, un pays qui est devenu lun des meilleurs pays au monde [sic, NDLR] en employant de façon positive le pouvoir de lÉtat pour compenser linjustice du marché, a joué un rôle de premier plan dans lélaboration de ces prototypes. Cette tradition se poursuit avec lAMI. Incapable, au niveau de lOMC, de contrer lobjection des pays en développement à une discipline dinvestissement libéralisée qui paralyserait leur aptitude à sassurer que linvestissement étranger contribue au développement au lieu de lentraver, les pays les plus puissants de monde, à linstigation de la collectivité internationale des investisseurs, veulent pouvoir présenter lAMI comme une réalité établie dont les pays pauvres sabstiennent à leur péril.
Le droit le plus important et le plus exclusif que lAMI garantirait aux investisseurs sinspire dune disposition de lALÉNA qui permet aux investisseurs de soumettre les gouvernements à la procédure de règlement des différends prévue. En vertu de la procédure de règlement des différends entre linvestisseurs et lÉtat établie par lALÉNA, la Ethyl Corporation des États-Unis demande au gouvernement du Canada une indemnisation de 350 millions de dollars au titre des bénéfices quelle a perdus par suite de linterdiction du MMT, additif toxique de lessence. Comme le NPD trouve scandaleuse cette dispositon de lALÉNA, il ne peut pas en approuver lextension par le truchement de lAMI. Elle donne aux entreprises un statut indu, établit une procédure contraignante et secrète qui aura non seulement un effet juridique, mais un effet paralysant sur les gouvernements puisquils sabstiendront peut-être, pour éviter de tels litiges, de prendre des mesures législatives en matière denvironnement, entre autres.
Cet effet paralysant est aggravé par la façon dont lAMI élargit la définition « dexpropriation » de façon à englober non seulement les actifs corporels comme les biens immobiliers ou largent, mais des mesures « ayant un effet économique équivalent » et pour lesquelles « le paiement dun dédommagement prompt, adéquat et efficace » est exigé. Cette définition élargie jointe à une définition extrêmement large de ce quest un investissement, qui comprend linvestissement dans sa phase de préétablissement, signifie quun large éventail de ce quon peut considérer vraiment comme des choix politiques intérieurs peuvent être assujettis à un arbitrage international éxécutoire.
Larbitrage exécutoire entre linvestisseur et lÉtat illustre de façon frappante le parti pris qui se retrouve dans le plan daction mondial des entreprises. Ni lALÉNA, ni lAMI ne contiennent de dispositions permettant à un syndicat de soumettre un gouvernement à une procédure contraignante de règlement des différends pour avoir violé les normes du code du travail. Les accords mondiaux de protection de lenvironnement doivent être facultatifs. Rien nest prévu pour permettre, par exemple, au Sierra Club de soumettre un gouvernement à une procédure contraignante de règlement des différends pour avoir violé les normes en matière démissions ou les protocoles sur lappauvrissement de lozone. Mais pour les investisseurs, il ny a pas de limites lorsquil sagit de faire respecter leurs droits. Les responsabilités des entreprises, cependant, qui sont parfois établies dans diverses lignes directrices, continueront dêtre facultatives.
Jointes aux autres objections du NPD, comme lincertitude au sujet de lefficacité des réserves à protéger les soins de santé, léducation et les services sociaux, lextension du traitement national aux « incitations à linvestissement », la dévalorisation des « prescriptions de résultats » et la possibilité que les provinces soient également assujetties à laccord, les dispositions précitées de lAMI donnent lieu à une objection encore plus grande concernant cet affront à la flexibilité du processus décisionnaire démocratique. LAMI engagerait le Canada pour 20 ans. Alors que lALÉNA peut être résilié sur préavis de six mois, lAMI prévoit un préavis dau moins cinq ans assorti de lobligation de respecter les obligations contractées envers les entreprises et les investisseurs étrangers pendant encore 15 ans. Il sagit là dune disposition qui engagerait plusieurs législatures et qui est si manifestement antidémocratique que le Nouveau Parti démocratique du Canada ne saurait appuyer lAMI.
{Extraits du rapport minoritaire du Nouveau Parti Démocratique concernant L'AMI ;
Sous-comité du commerce, des différends commerciaux et des investissements internationaux ; le 11 décembre 1997}
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À paraître dans le numéro d'Option Paix du printemps 1998
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