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Après la France,
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Le mouvement européen contre le chômage s'étend
par Robert Crémieux
Pour tous ceux qui étaient à Amsterdam le 14 juin dernier, le mouvement des chômeurs qui a pris naissance en France en décembre puis s'est confirmé en janvier n'est pas une surprise. Bien sûr, sa date et sa forme exactes n'étaient pas planifiées. Mais il était prévisible. Pour au moins deux raisons. D'abord parce que l'année 1997 a été une année noire pour les chômeurs, en France par exemple, avec une aggravation exceptionnelle des conditions de vie (notamment avec la suppression des « fonds sociaux » des ASSEDIC). En Allemagne, c'est le record historique du taux de chômage, à 12,6%, qui a marqué les esprits. Mais aussi parce que les conditions de la résistance ont été posées par les organisations de lutte contre les exclusions (CdSL, DAL, DD!!), par les associations de chômeurs réunies dans le réseau des Marches européennes contre le chômage et les exclusions.
En France, le mouvement a pris de l'ampleur car il a permis la conjonction des luttes menées par le syndicat CGT, le seul qui a organisé des comités de « privés d'emploi », avec les trois associations AC!, APEIS, MNCP, qui de longue date menaient des actions communes sinon unitaires avec les syndicats dits « émergents » : FSU, SUD, Confédération paysanne, CNT, Groupe des 10... Les chômeurs ont fait l'événement lorsque pour la première fois le 13 janiver ils ont défilé à Paris avec une banderole commune, « Tous ensemble on continue », signée des quatre organisations. Ils ont acquis ainsi une légitimité que les instituions et de nombreux partenaires sociaux leur refusait jusque là... Dans la seule première quinzaine de janvier, ils ont été reçus pour la première fois par le ministre des transports, puis par le ministre de l'emploi et enfin par le Premier ministre lui-même.
Les acquis de ce mouvement, qui n'en est qu'à son début, sont remarquables. Les chômeurs ne sont plus seulement des statistiques, ils ont désormais un visage, un discours collectif, des organisations nationales et internationales. Ils ont des revendications clairement formulées liant la question du droit au travail à celle du revenu pour vivre. Ils font des propositions concernant l'ensemble de la société. Ainsi en est-il de la question de la réduction du temps de travail où l'on ne peut plus ignorer qu'au-delà des salariés les chômeurs et précaires sont partie prenante des solutions puisque l'embauche est un des enjeux majeurs du passge aux 35 heures hebdomadaires de travail et des discussions autour de la loi du gouvernement Jospin.
A l'échelle de l'Europe
Le mouvement des chômeurs français a eu un large écho dans toute l'Europe. Pas seulement parce qu'il s'agissait d'un événement historique, mais parce que la question de la lutte pour l'emploi dépasse largement les frontières. Le relais passé aux chômeurs allemands le 5 février a été l'exemple de cette solidarité dans l'action et la revendication. Déjà des signes de mobilisation, après la France et l'Allemagne, parviennent de Belgique et de Grèce. En France, la manifestation prévue pour le 7 mars prochain sera simultanée avec la mobilisation programmée en Allemagne à l'occasion de la prochaine publication des chiffres du chômage.
Des Assises contre le chômage, la précarité et les exclusions sont organisées à Bruxelles les 18 et 19 avril prochain. D'autres initiatives verront sans doute le jour dans les semaines et les mois qui viennent, notamment en liaison avec le sommet européen de Cardiff, en juin prochain. Les acquis du mouvement en France sont un puissant levier pour continuer et amplifier la mobilisation. La reconnaissance par les pouvoirs publics et l'opinion publique, le milliard de francs pour les aides d'urgence sont parmi les plus connues.
Mais il faut y ajouter les points marquées contre les coupures de courant électrique, de gaz et d'eau, la mise en échec de certaines saisies, le droit d'affichage et de représentation dans les ANPE (en France, service public chargé des offres d'emploi), le principe retenu de l'indexation de l'allocation de solidarité (ASS) sur la hausse du côut de la vie. Enfin la structuration et le renformcement du mouvement lui-même, par l'assimilation de forces nouvelles venues renforcer toutes les organisations de chômeurs et de lutte contre l'exclusion, promet de produire des effets à l'occasion des prochaines échéances militantes. 1997 a été l'année où l'on a pu parler du début d'un mouvement social européen. 1998 ne décevra pas.
Source :
Marches européennes contre le chômage,
la précarité et les exclusions
04, rue des Couronnes F-75020 Paris France
Tel : +33 1 44 62 63 44
Fax : +33 1 44 62 63 45
e-mail : mailto:marches97@ras.eu.org
http://www.mygale.org/02/ras/marches/
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