Construction
dun front large de lutte
pour le droit à la syndicalisation
Par Alain Marcoux
Au moment même, où les groupes populaires mène la difficile lutte contre la réforme de la sécurité du revenu de la ministre Harel, des jeunes travailleurs et travailleuses des restaurants McDonalds se font nier leur droit démocratique à la syndicalisation. Dun côté, les jeunes de 18-24 ans exclus du marché du travail sont dans la lorgnette du gouvernement du gouvernement Bouchard qui leur impose lobligation de parcours vers des « MCJobs », de lautre côté, le patronat mène une lutte acharnée contre toute tentative de se syndiquer pour améliorer leurs pénibles conditions de travail (ex :cinéma Famous Players, réseau Admission, McDo, etc.).
Les jeunes, la pauvreté et lexclusion
Le visage de la jeunesse au Québec sassimile de plus en plus à celui de la pauvreté et de lexclusion. Les quelques emplois qui sont offert aux jeunes sont généralement temporaires, sous payés et non-syndiqués. Lorsquils réussissent à sortirent de lexclusion du marché du travail, les jeunes se retrouvent bien souvent à travailler dans des conditions qui les maintiennent sous le seuil de la pauvreté.
Limportance que mettent actuellement les centrales syndicales à organiser les secteurs du marché du travail où sont concentrés les jeunes travailleurs doit être saluée. Cest en sorganisant à lintérieur dun syndicat que les jeunes travailleurs et travailleuses pourront construire un rapport de force contre le patronat pour améliorer leurs conditions de travail. Toutefois, le seul jeu des rapports de force locaux employeurs-syndicats est insuffisant pour permettre une amélioration significative des conditions de travail des jeunes et lensemble des travailleurs et travailleuses québécois. Pour améliorer réellement les conditions de travail du jeune « cheap labor » il faut construire un large front de lutte qui réclame des mesures concrètes favorisant lexercice du droit à la syndicalisation (par exemple, laccréditation multipatronale), la hausse du salaire minimum à 10$ lheure, la réduction du temps de travail à 32 heures sans perte de salaire. Il faut aussi, être conséquent politiquement en rompant avec le P.Q. pour construire une alternative politique, tel le PDS, qui met de lavant dans laction directe mais aussi sur le terrain des élections de telles mesures.
Un seul constat :un gouvernement à la solde du patronat
Le caractère bourgeois du gouvernement péquiste ressort clairement dans sa position de « neutralité » face aux mesures dilatoires antisyndicales de McDo et de nombreux autres employeurs, qui est en fait un parti pris pour le patronat. Le gouvernement péquiste est plus expéditif lorsque vient le temps de faire mille et une courbettes devant lentreprise privée (baisse dimpôts, subventions de toutes sortes), que lorsque de jeunes travailleurs et travailleuses surexploités se voient nier leur droit à la syndicalisation par une multinationale qui fait des profits faramineux sur le dos de ceux-ci. Le P.Q. a été plus rapide à proposer à la multinationale Paccar (camion Kenworth) des prêts sans intérêts, que dintervenir pour faire respecter le droit à la syndicalisation du jeune « cheap labor » de chez McDo.
La mobilisation sorganise
Les comités des jeunes du PDS, de Québec et de Montréal, travaillent depuis quelques semaines à construire la riposte nécessaire aux attaques contre notre droit au travail, à la syndicalisation et à des conditions de travail décentes. Suite à la fermeture du restaurant de St-Hubert, le comité des jeunes du PDS de Montréal a tenu, avec dautres organisations de jeunes, une ligne de piquetage devant le restaurant McDo du Mont-Royal. On y a dénoncé la fermeture du restaurant de St-Hubert et linaction du gouvernement Bouchard face aux mesures dobstruction antisyndicales de McDo. Ces actions ne sont pas une campagne de boycottage proprement dit, puisque pour le moment le syndicat concerné par la fermeture du restaurant de St-Hubert et celui en processus daccréditation au Mont-Royal nont pas encore décidé de lancer une telle campagne. Malgré tout, la tenue dune ligne de piquetage, devant les établissements de McDo, dénonçant son antisyndicalisme a un impact sur la multinationale. Une partie de plus en plus large de la population appui la lutte des jeunes travailleurs et travailleuses des restaurants McDo. Par solidarité avec ceux-ci, plusieurs personnes nentre pas dans les restaurants où se tient une ligne de piquetage de protestation.
À Québec, le comité des jeunes du PDS a lancé un appel pour construire dans la région une coalition pour le droit à la syndicalisation. Les actions visent McDo en particulier puisque cest là que se situe actuellement lenjeu de la syndicalisation de nouveau secteur du marché du travail. Déjà, des associations étudiantes de Cégeps , des groupes décologistes, des regroupements de jeunes travailleurs et travailleuses ont répondu à lappel. La coalition se mobilisera dans les semaines qui suivent (voir appel de la coalition) autour des revendications suivantes :
-lintervention du gouvernement pour faire cesser les mesures dobstruction antisyndicale (manipulations judiciaires) de McDo, qui vise à empêcher lexercice du droit à la syndicalisation ;
la fin des mesures de représailles, intimidations et menaces envers leurs salarié-e-s et que la Commission des normes du travail intervienne rapidement sur ce dossier ;
-lélargissement du droit à la syndicalisation, y compris laccréditation multi-patronale, et lobligation pour lemployeur de négocier des conventions collectives ;
-la réouverture de létablissement de St-Hubert, la réembauche des employé-e-s licenciés et le remboursement complet des salaires perdus et limposition damende pour mesure antisyndicale.
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