SOUS LE VERNIS, LA BARBARIE

Et l'information...

par Ginette Lewis

On le sait, dans les sociétés capitalistes, il y a censure. Il y a contrôle de l'information. La bourgeoisie ne veut pas lire n'importe quoi. Les sports et les scandales en premières pages, les manifestations, les grèves et les nouvelles internationales
(quand il y en a) à la dernière page. Demandez les recettes à Conrad Black et à l'empire Péladeau. Le pire c'est de lire des articles identiques d'un journal à l'autre. Les grandes agences avec leurs moyens bouchent les trous des pages.

A la radio, c'est le délire des péteux de bretelles. J'enrage quand par erreur, en pitonnant je me ramasse sur ce genre d'émissions. Juste le timbre de voix de l'animateur me fait retrousser le poil féministe. Je trouve que cela joue sur la provocation: un jeu éminemment macho. Que ceux-ci abordent des sujets idiots qui souvent développent le mépris des femmes. Et finalement ces émissions cultivent l'ignorance, les préjugés et le racisme. Pas surprenant que le spectacle Talk show de Patrick Huard pose ce problème à travers un personnage à mi-chemin entre André Arthur et le jeune Lapointe.

Mais c'est la télévision qui m'a enragée cette semaine et qui m'a fait prendre conscience de l'étendue du contrôle de l'information. A TQS, à RC et à TVA, dans le bulletin régional de l'heure du souper, le même ordre des nouvelles. Ce n'est plus seulement le contenu qui est resserrer mais l'ordre de présentation. Il faut qu'il y ait entente :les trois chaînes ne pouvaient par hasard arriver au même résultat. A réaliser cela, j'ai eu l'impression d'être une dinde qu'on bourre pour les côtes BBM. L'information ce n'est pas important.

Ma rage s'est amplifiée quand j'ai relu deux vieux articles : un qui mentionnait comment les fonctionnaires du Ministère de l'Environnement sont contrôlés et ne peuvent accorder d'entrevue sans l'accord du ministre et sous son contrôle. Et Dieu sait que sur l'environnement, il y a du croustillant... Quant à l'autre, il était mentionné qu'au Canada, l'espionnage industrielle est en hausse. Ce phénomène courant ailleurs et récent (peut-être pas tant que ça, mais plus connu) ici au pays du mieux être, m'a fait réalisé que la véritable information importante pour la bourgeoisie ce sont les secrets industriels, les sources de financement, les listes de clients, les recettes de procédés, et comment faire de l'argent à moindre coûts. Vraiment sous le vernis, la barbarie.

 

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