SOUS LE VERNIS, LA BARBARIE
Et si l'AMI...
Par Ginette Lewis
L'AMI, cet accord sur les investissements qui permet de lever les entraves faits aux investissements pour 29 pays industrialisés de la terre, serait mis sur la glace pour permettre aux différents partenaires d'en discuter.
En fait, il faut lire dans cette nouvelle que les mobilisations un peu partout dans le monde, dont en Europe où le parlement européen s'est opposé à l'Accord, a obligé les plus avides négociateurs à mettre la pédale douce: l'Accord devait se ratifier en 1997. Les multinationales n'ont pas abandonner (la date butoir de 1999 demeure), leur projet qui, dans les faits les rend plus puissantes que l'État puisqu'elles peuvent avec l'AMI contester en cour toutes obstacles (lire lois, règlement protecteur ou amende) qui nuisent à leurs investissements. Elles ne font que le retarder. Car l'AMI, c'est la logique suprême de la mondialisation du capital, c'est là que mène le vent du néolibéralisme. Les mobilisations doivent donc continuer pour permettre à l'offensive ouvrière et populaire de se développer.
Un des arguments percutants contre l'AMI c'est le bilan qui commence à ressortir du traité de l'ALENA. Le grand perdant de l'ouverture des marchés en Amérique du Nord, c'est actuellement le Mexique. Depuis 1994, les secteurs de l'économie mexicaine accusent une baisse généralisée des salaires. De 136, l'indice général est passé sur une période d'un an à 118. (le Devoir, 29 mars 98, p. A4). Mais si depuis 1994, le Mexique connaît une recrudescence (plus de 30 % dans la région de Ciudad Juarez) des zones franches (maquiladores) où les capitalistes font ce qu'ils veulent, qu'en sera-t-il bientôt des travailleurs et travailleuses non concurentiel-le-s aux Etats-Unis et au Canada?. La baisse des salaires risque de se généraliser partout en Amérique du Nord. Déjà que les programmes sociaux qui avantageaient les ouvriers et ouvrières du Canada sont dangereusement amputés. La pauvreté est loin d'avoir atteint le fond du baril, elle commence à peine à faire sa trace dans les sociétés dites riches. Et fait d'autant plus important que l'ALENA est présentement en train de s'agrandir, déjà le Chili est reconnu comme partenaire. Pour 2005 cependant, ce seraient le libre commerce pour 34 États membres en Amérique. C'est directement la continentalisation qui est visée.
Quelle merde! Pas d'après monsieur Landry. Il est d'accord lui et son gouvernement pour le libre-échange. Il faut vendre nos richesses, notre électricité, notre eau, notre porc car les exportations représentent 180 milliards $ et un emploi sur dix...au Canada. Business is business. Il reste prudent pour l'AMI. Il préférerait que l'accord soit négocier par OMC (l'Organisation Mondiale du Commerce) pour pouvoir avoir la supervision d'un organisme supranational dans ce dossier. Il a aussi fait part de ses réticences au gouvernement canadien. Non pas en refusant l'AMI mais en posant des balises à la négociation : respect de la clause culture, respect de la structure fédérale donc de l'autonomie du Québec, respect de l'environnement et des programmes sociaux (son propre gouvernement péquiste ne les respecte pas...), définir les investissements comme dans l'ALENA, éliminer le démantèlement en acceptant les clauses d'exceptions et enfin reprendre le principe du six mois de préavis de l'ALENA pour se retirer et non 20 ans avec préavis de 5 ans comme l'AMI le propose.(le Devoir, p. A8., 27 mars 98). Le gouvernement péquiste montre bien qu'il est un excellent gérant du néolibéralisme.
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