À plat ventre devant le capital
par Marc Bonhomme
Les intolérables coupures continuent. Les dépenses de programme sont gelées ce qui impose l'absorption de l'inflation alors qu'il n'y a plus de chair sur l'os depuis un bon bout de temps
Conclusion : il faut le gel du paiement des intérêts sur la dette publique jusqu'à la réalisation du plein emploi comme le revendique le Parti de la démocratie socialiste. C'est au tour des banques et des riches de passer au cash.
Conclusion : seule la lutte paie, tôt ou tard.
Évidemment, ce ne sont pas ces deux trop brèves mobilisations,
qui vont empêcher l'application brutale de la stratégie du déficit zéro devant laquelle les directions syndicales ont capitulé lors des Sommets économiques de triste mémoire.
Le gouvernement péquiste qui, sur les coupures, ne sera pas contredit une seconde, ni par les Libéraux ni par l'ADQ, a tellement pris pour acquis que la classe ouvrière est stratégiquement battue grâce
qu'il esquisse un au-delà du déficit zéro taillé sur mesure pour le patronat.
À chaque année, à partir de 1999-2000, pendant 5 ans, Hydro-Québec ristournera 400 millions $ à son actionnaire,
pour financer l'entreprise privée et pour la plus grande joie du club de l'électricité.
Certains disent que cet interventionnisme économique qui offusque les purs et durs du néolibéralisme, comme le critique financier du PLQ, serait de la social-démocratie.
Certes, si l'État gelait les paiements d'intérêts et taxait les profits des banques comme il se doit, il aurait les moyens de rétablir non seulement les services publics mais aussi de faire du développement économique qui pourrait comprendre aussi des co-propriétés dans des entreprises privées créatrices d'emplois.
Mais ces investissements
Mais un tel interventionnisme dépasserait la social-démocratie qui se contente de subventionner, c'est-à-dire de rentabiliser l'entreprise privée.
À ce deux milliards promis, le PQ ajoute des promesses de dégrèvements d'impôts une fois le déficit atteint, non seulement pour les PME, mais aussi pour les transnationales par le biais d'un gel de tous leurs impôts sur dix ans si elles ont l'amabilité de faire d'importants investissements.
Qu'importe si le gouvernement du Québec paie près de huit milliards $ en frais d'intérêt
aux banques et aux riches.
Qu'importe si la bourgeoisie est plus intéressée par la spéculation boursière.
On les incitera, par une taxe sur l'électricité, à investir pour " créer de l'emploi ", c'est-à-dire qu'on haussera la rentabilité des projets à la hauteur d'un placement boursier tel que compris par ces messieurs.
On fera même un autre Sommet pour examiner pour lesquels de ces Shylock on saignera le bon peuple.
Après ça viendra le tour des hôpitaux, des écoles et des exclues.
Erreur : après ça ce sera des baisses d'impôt, dixit Landry.
Au diable les urgences, au diable l'éducation des jeunes, au diable les assistés-sociaux et les chômeurs.
Et tout ce merveilleux budget suppose une bonne conjoncture pour au moins deux ans sinon cinq ans pour que se réalisent les pronostics optimistes sur la hausse des revenus (plus 1.5 milliards $ en 98-99 par rapport à 97-98),
Mais les entreprises investissent de plus en plus au Québec depuis 1996. (Remarquez que c'est à peu près la même chose ailleurs en Amérique du Nord.)
Mais pour cela il a fallu que le coût unitaire de la main d'uvre québécoise (coût salarial brut pour fabriquer un dollar de produit) baisse de 30% par rapport aux ÉU depuis 1991. Même en éliminant l'effet de la dévaluation du dollar canadien par rapport au dollar américain, cette baisse est de 10% alors que la croissance de la productivité américaine a été supérieure.
C'est donc dire qu'à taux de change constant, le salaire de la travailleuse québécoise a baissé de plus de 10% par rapport à la travailleuse américaine dans les années 90, les ÉU étant pourtant loin d'être un paradis prolétarien.
Rien d'étonnant que dorénavant le Québec exporte plus de la moitié de sa production de biens et services dont plus du quart aux ÉU contre 15% il y a moins de dix ans.
Comme jadis nous exportons nos meilleures matières premières en commençant par l'électricité mais nous y ajoutons de plus en plus la capacité de nos cerveaux
sous forme de produits de télécommunication, de produits de l'aérospatial, de produits pharmaceutiques, de logiciels et de services de consultation, etc..
Avec les surplus de dollars américains et autres devises ainsi obtenues, le peuple québécois paie les dettes d'Hydro-Québec et du gouvernement du Québec pendant qu'il s'appauvrit.
Au pillage de nos ressources naturelles s'ajoute maintenant celui de nos cerveaux à bon compte.
À la dépendance politique envers le fédéra