SOUS LE VERNIS, LA BARBARIE

Douceur printanière

Par Ginette Lewis

La lumière jaillit de partout, la chaleur nous enveloppe, le soleil est omniprésent et surtout, surtout les oiseaux gazouillent. Cette musique si variée, si différente sans suite mais si belle. Oui, oui je suis atteinte de la fièvre du printemps. C'est pas politique, mais ça fait du bien.

Ce qui me mettait le coeur en fête c'est aussi trois petites nouvelles qui pourraient être de petites graines plantées pouvant devenir récolte importante.

D'abord, malgré la fermeture du MC Do de St-Hubert, le syndicat a été reconnu. La campagne de la FTQ rapporte surtout qu'un sondage publié recensait 64 % des Québécois et des Québécoises en accord avec la syndicalisation des Mc DO. Chez les jeunes entre 18 et 34 ans le chiffre atteint 72 %. C'est un bel encouragement pour les 13000 personnes travaillant dans cette multinationale. Concernant les moyens de pressions, dans 60 % des cas les gens étaient prêt-e-s à signer une pétition mais moins de 50% accepteraient de boycotter les restaurants. Comme quoi l'estomac a encore sa place... surtout qu'il faut en avoir un bon pour manger du MC DO...!

Autre bonne nouvelle, cette fois-ci pour la CSN. Les employés de la compagnie funéraire Dallaire obtiennent la reconnaissance syndicale même si le propriétaire dit avoir retenu les services d'un sous-traitant pour exécuter le travail. C'est encore l'article 45 du Code du travail qui est ici en jeu. Qu'on se souvienne du Manoir Richelieu, de l'Hôtel Méridien ou des camionneurs de Métro-Richelieu et l'ampleur des luttes et des forces en jeu apparaissent. Ainsi le sous traitant Gestion Hélène Maurice devra négocier une première convention collective avec les 125 personnes touchant des titres d'emploi comme porteur, chauffeurs, et directeurs de funérailles.

Enfin mon dernier rayon de soleil c'est la plainte des Métallurgistes unis faite dans le cadre de l'ALENA pour rendre publique les conditions et la surexploitation dont sont victimes les travailleurs et travailleuses mexicain-e-s. C'est la Société Echlin qui est mise en cause. Présente dans les trois pays de l'ALENA cette industrie de pièces d'autos est accusée de travail exécuté dans des conditions non sécuritaires et d'embauche de fiers-à-bras dans la syndicalisation de son usine mexicaine. C'est un début à la solidarité internationale.

Mais dans toute cette euphorie printanière , un gros nuage de pluie est apparu. C'est le défi à la loi anti-scab par les religieuses du Saint nom de Jésus et de Marie à Outremont dans le conflit avec ses employé-e-s. En plus, elles auraient commises 425 infractions, auraient décrété lock out et congédié 100 des 180 syndiqué-e-s. Elles n'ont sûrement pas suivi le cours de négo 101...mais elles ont obtenu d'excellentes notes au cours affrontement 102...Mais mon Père est-ce péché d'haïr ainsi son personnel ?

Je vous laisse sur ce souffle glacial.