Compagnons de solidarité :
Nous avons reçu l'information du Centre des Droits de l'Homme Fray Bartolomé de Las Casas et d'autres sources, qu'aujourd'hui, les polices de la Sécurité Publique, des éléments de l'armée nationale mexicaine, des agents de l'Institut national d'Immigration, et des éléments de la police judiciaire fédérale ont réalisé un nouveau coup de filet, similaire à celui du mercredi 8 avril, dans l'ejido Taniperlas, de la municipalité autonome de Florès Magon.
Cette rafle, qui a débuté à 4 h et demi du matin le 11 avril, a permis d'emprisonner illégalement Tomas Sanchez Gomez, Luis Menendez Medina membre du Centre des Droits de l'Homme "Fray Pedro Lorenzo de la Nada", Nicolas Lopez Gomez, Antonio Lopez Vazquez, Mateo Gonzalez (Gutierrez) Lopez, Nicolas Mazariegos Perez, Sergio Valdez Rubalcaba, Antonio Lopez Vazquez et Sebastian Chulin Gonzalez. Monsieur Sergio Valdez Rubalcaba, professeur universitaire de la UAM Xochimilco fut frappé par des éléments de la police pendant sa détention.
De la même manière, les observateurs internationaux suivants furent arrêtées : Julie Marquette (CANADA), Sarah Mireille Baillargeon (CANADA), John Sabato Michael (EUA), Michael Zap (EUA), Jeffrey Wright Conant (EUA), Travis Blaize Loller (EUA), Marta Sanchez Zaragoza (CANADA), Lambot Gautier (BELGIQUE), Berger Dominique Jean Guillaume (BELGIQUE), Olga Claveria Iranzo (ESPAGNE), Ana Lopez (ESPAGNE), Julen Cobos (ESPAGNE) et Marion Landich (ALLEMAGNE).
Les effectifs militaires ont encerclé la communauté, en empêchant le libre transit aussi bien à l'extérieur qu'à l'intérieur de la communauté, durant le temps de la rafle. Les éléments de la sécurité publique ont perquisitionné avec violence des maisons particulières. Les maisons qui ont été perquisitionnées figuraient sur une liste que tenait un policier judiciaire, ces actions ont été réalisées sans ordre de perquisition. Une construction de 10 mètres sur 30, située au centre de la communauté, fut détruite et brûlée par des personnes de cette communauté de filiation priiste, avec l'appui de la police.
Le groupe des observateurs nationaux et étrangers qui était dans la communauté fut harcelé, enregistré avec des caméras vidéo et menacé verbalement, par des menaces de mort et, comme pour le reste de la population, le libre transit lui fut interdit.
Les éléments de la police judiciaire fédérale excitèrent les membres de la communauté de filiation priiste pour qu'ils agressent les observateurs. Ils utilisèrent - en leur donnant de l'argent - des femmes et des enfants pour agresser les observateurs.
Cette rafle a eu lieu au chef-lieu du nouveau municipio autonome Flores Magon, qui fut constitué hier, dans le cadre des commémorations du 11 avril des communautés zapatistes, anniversaire de l'assassinat du général Emiliano Zapata. Le nouveau municipio autonome zapatiste comprend 50 communautés et nommait hier ses premières autorités, conformément aux us et coutumes des communautés. Actuellement, quelques-unes de ses autorités nommées font partie des détenus.
Selon les informations de l'agence d'information du gouvernement, Notimex, cette rafle est la réponse du gouvernement pour arrêter la politique de l'EZLN dans la formation des Municipios autonomes. Le Municipio autonome Flores Magon est le numéro 32 des municipios constitués jusqu'à maintenant.
Selon les informations des périodiques de la capitale du pays (la Jornada et la Cronica ), les festivités pour la naissance du municipio autonome numéro 32 ont commencé durant la nuit de jeudi et se sont prolongées jusqu'à vendredi par des activités culturelles et sportives. Les hommes, femmes, enfants et anciens, originaires de cette communauté et d'autres communautés appartenant au nouveau municipio, ont dansé, joué au volley-ball, écouté des chants révolutionnaires et des poésies, et ont composé des choeurs en l'honneur de Zapata, du Mexique et du Chiapas. Durant les célébrations, ils ont nommé leurs autorités, leurs professeurs d'école, les promoteurs de santé, les défenseurs des droits de l'homme, leur parlement indigène, et, de la même façon que dans les 31 autres municipios autonomes existants dans les autres régions du Chiapas, ils ont élaboré leurs propres lois qui leur permettent de réglementer et de vivre en harmonie et en égalité pour les hommes et les femmes. Un villageois expliquait que la création de ce municipio signifiait simplement que les indigènes ne pouvaient pas rester les bras croisés pendant que le gouvernement fédéral refusait de mettre en place les accords de San Andrés. "Si nous devons mourir, nous n'avons rien à perdre. De plus, il est très difficile de vivre comme cela, sous la pression de l'armée, des paramilitaires, et des divisions de nos communautés "
C'est à cette forme d'organisation sociale qui ne demande pas la permission pour être libre que le gouvernement répond par la répression, argumentant la défense de l'état de droit au Chiapas, un état de droit qui, comme on a pu le constater à Acteal et dans l'impunité avec laquelle agissent les groupes paramilitaires, n'existe pas.
Nous lançons un appel au organismes desolidarité pour qu'ils se tiennent en alerte et se mobilisent devant cette escalade de la politique de guerre de gouvernement de Zedillo. Nous vous tiendrons informés de l'évolution des événements.
Commission internationale du FZLN
12 avril 1998
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