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Le Parti de la démocratie socialiste
(PDS)
Une nécessité
En vue des prochaines élections au Québec, le PDS
présentera des candidats et candidates dans tous les comtés sur la base d'une
plate-forme électorale d'un Québec indépendant de plein emploi écologique et de pleine
démocratie.
Pour expliquer son programme et sa plate-forme, et répondre
aux principales objections à la pertinence de présenter un parti des travailleurs et
travailleuses, le PDS est à élaborer un argumentaire.
Le site web de Gauche socialiste a déjà fait connaître les
versions officieuses de l'argumentaire à propos du plein emploi et de la dette et du
déficit. Cette semaine, nous présentons la partie de l'argumentaire traitant de la
pertinence qu'existe un parti des travailleurs et des travailleuses et que ce parti doive
participer de plein pied aux prochaines élections québécoises.
Pourquoi un nouveau
parti ?
Les travailleurs et travailleuses nont pas leur parti.
- Tous les partis traditionnels PQ, PLQ et ADQ sont des
partis de droite qui appliquent ou favorisent des politiques néolibérales de coupures,
de déréglementation, de privatisation et de libre-échange.
- Toutes ces politiques bénéficient aux banques, aux compagnies et
aux riches et sont au détriment des travailleurs et travailleuses, avec ou sans emploi,
dont les étudiants et les retraités.
- Il y a donc un immense vide à gauche à combler sur la scène
politique.
- Ce vide est extrêmement dangereux car la frustration et le
désespoir sont un terrain fertile où se répandent racisme, sexisme, xénophobie et
homophobie.
Les partis traditionnels, ce sont un seul visage à trois
faces, le " Parti néolibéral du Québec "
- Les chefs péquiste et libéral sont d'ailleurs d'anciens ministres
conservateurs fédéraux.
- Le Parti de la démocratie socialiste (PDS), avec son programme de
libération nationale et sociale du Québec, c'est l'alternative au Parti néolibéral à
trois faces.
A. Parti socialiste,
parti démocratique ou mouvement ?
Ne faut-il pas plutôt un parti de citoyens et
citoyennes qu'un parti de travailleurs et travailleuses ?
La notion de citoyen, en soi correcte avec sa signification
d'égalité devant la loi et de démocratie, a le désavantage de mêler les cartes en
incluant aussi bien Conrad Black, Lucien Bouchard que le salarié moyen et le dernier des
exclus.
- Elle donne l'impression que tous ces gens ont les mêmes intérêts
et le même but.
- Au lieu de révéler la dure réalité sociale néolibérale basée
sur l'exploitation des travailleurs et travailleuses et l'oppression nationale et des
femmes, elle permet aux exploiteurs et oppresseurs de faire croire aux exploités et
opprimés que tous et toutes sont dans le même bateau.
Pourquoi ne pas plutôt se doter d'un programme dont le
but est une vraie démocratie au lieu du socialisme ?
- La vraie démocratie n'est pas autre chose que le pouvoir de la
grande majorité de la nation dans toutes les sphères sociales, y inclus l'économie et
les médias.
- Elle s'oppose donc au pouvoir des banques et des transnationales.
- La grande majorité de la nation, ce sont les travailleurs et
travailleuses, y inclus les chômeurs, les étudiants, les femmes à la maison et les
retraités.
- Le pouvoir des travailleurs et travailleuses tant au niveau politique
qu'économique que dans les médias, c'est le socialisme.
- Mieux vaut appeler les choses par leur nom.
- Conrad Black et Lucien Bouchard peuvent toujours se réclamer de la
démocratie, même de la social-démocratie dans le cas de Bouchard, mais pas du
socialisme !
Si le socialisme, compris comme la réalisation
de la pleine démocratie, est le but ultime du PDS, pourquoi ne pas simplement s'appeler
Parti socialiste ?
Le mot " socialisme ", comme d'ailleurs
les mots " christianisme " et " démocratie " avant
lui, à cause de sa signification radicale de liberté et de justice sociale, a été
récupéré et dévoyé par les ennemis du socialisme.
- Les staliniens ont donné au mot socialisme, et même au mot
communisme [voir le lexique], le sens d'une dictature bureaucratique qui s'exerce
au nom des travailleurs et travailleuses.
- Souvent cette dictature a pu apporter beaucoup aux travailleurs et
travailleuses, comme faire passer l'URSS d'un pays arriéré à un pays relativement
développé de plein emploi et vaincre le fascisme hitlérien, mais ce fut au prix d'une
dure répression par moment sanguinaire.
Pourquoi rechercher la prise de pouvoir ou de conquête
de l'État au lieu de développer à la base la " société
civile " qui finirait par marginaliser l'État et sa bureaucratie ?
- Il y a la société civile des travailleurs et travailleuses avec ses
syndicats et organisations communautaires de toutes sortes et il y a la société civile
des patrons et des financiers avec ses Conseil du patronat, Association des
manufacturiers, Chambres de commerce, etc..
- Le développement de la société civile des travailleurs et
travailleuses est puissamment entravée et âprement combattu par l'autre partie de la
société civile.
- Pour assurer le plein développement de la société civile des
travailleurs et travailleuses, celle donc de l'écrasante majorité des citoyens, il faut
marginaliser la plus puissante partie de la société civile, celle des patrons, mais qui
ne représente qu'une infime minorité des citoyens.
- La puissance de la très minoritaire " société
civile " du patronat lui vient de sa mainmise sur l'État (l'armée, la police,
les tribunaux, les prisons, la bureaucratie), ce qui lui permet d'organiser toute la
société civile dans le seul but de faire de l'argent.
- Lui enlever son pouvoir de faire de l'argent suppose donc d'abord la
conquête du pouvoir gouvernemental par les travailleurs et travailleuses.
Ne faut-il pas faire disparaître l'État
au lieu de le conquérir ?
- Pour faire disparaître l'État, il faut d'abord le conquérir. Si
l'on n'est pas assez fort pour le conquérir, on ne sera pas assez fort pour l'éliminer.
- Ce qu'il faut faire disparaître, c'est l'État des banques et des
transnationales.
- Malheureusement, si on en reste là, le patronat, parce qu'il reste
le plus fort avec son Argent et ses réseaux intérieurs de clients et dépendants et ses
réseaux extérieurs d'alliés et collaborateurs, reconstituera rapidement son État.
- Les travailleurs et travailleuses doivent donc rapidement bâtir leur
État à eux et elles, avec ses assemblées aux représentant-e-s élus et révocables et
son maximum possible de démocratie participative, pour tenir à l'écart le patronat
revanchard et ceux et celles qui se laissent séduire par lui.
- Il faudra une ou plusieurs générations pour arriver à une
" société civile " sans exploiteurs et ni apprentis-exploiteurs
assez mature pour s'auto-gouverner sans État.
Faut-il lutter pour le
pouvoir ; le pouvoir ne corromp-t-il pas ; les partis ne sont-ils pas tous
pourris ?
- La sphère politique, bien qu'autonome, ne peut faire autrement que
d'être l'écho de la réalité sociale et économique.
- À une économie dont le but est la recherche du profit maximum
correspondra un système politique qui facilite ce but
et qui se prend, au passage,
un pourcentage.
- Les partis sont l'incarnation des mentalités et des buts des classes
sociales et des groupes sociaux qu'ils représentent.
- Les gens d'affaires soutenant l'enrichissement individuel comme
première vertu sociale, les partis qui les représentent ne peuvent faire autrement que
mettre en pratique dans la sphère politique ce grand principe néolibéral.
- La corruption est donc inhérente au système,
- soit légalement (le système des portes tournantes entre le public
et le privé ou le parapublic, le lobbying, les sinécures, les pensions des députés),
- soit illégalement (des pots de vin au meurtre sur commande).
- Les partis des travailleurs et travailleuses (ou les dirigeants
syndicaux/populaires) qui pactisent avec le néolibéralisme finissent par céder aussi à
la corruption (ex. hauts salaires et nominations lucratives à la fin de leur terme).
Comment un parti des travailleurs et des travailleuses,
même non récupéré par le néolibéralisme, peut-il résister à la pression de la
corruption ?
- On ne peut pas nier la pression systémique qui s'exercera sur un
parti des travailleurs et des travailleuses anti-néolibéral qui aurait du succès.
- L'antidote à ce grand danger est :
- la fidélité au programme de libération nationale et sociale,
- un haut degré de démocratie interne,
- des membres politiquement aguerris par une intense vie de parti.
- On peut aussi compter sur l'antidote d'un mouvement social mobilisé
qui ferait pression sur un parti en voie de compromission avec le néolibéralisme.
- Le parti des travailleurs et travailleuses vise la fin de ce système
de corruption généralisée.
- D'où la nécessité de la conquête du gouvernement pour détruire
les institutions (inamovibilité des députés, système électoral financé par l'Argent,
médias contrôlés par les monopoles, haute bureaucratie liée aux transnationales,
système répressif assurant la loi et l'ordre de la propriété privée) générant cette
corruption.
Ne serait-il pas plus
réaliste de fonder un mouvement politique qui fasse pression sur le PQ pour qu'il rompe
avec le néolibéralisme ?
- Il y a déjà plein de mouvements (syndicat, comités de citoyens,
groupes de femmes, de jeunes, de consommateurs, environnementales, etc.) qui font pression
sur le PQ pour qu'il atténue ou change ses politiques néolibérales.
- Ces mouvements sont rassemblés en organisations nationales
(centrales syndicales, Fédération des femmes du Québec, Frappru, ACEF, Mouvement action
chômage, Coalition d'assistés-sociaux, etc.) et même en un grand mouvement regroupant
plusieurs d'entre eux, Solidarité Populaire Québec, doté d'un programme adopté suite
à une large discussion.
- Cet ensemble de mouvements sociaux est tout à fait indispensable à
la prise du pouvoir par les travailleurs et travailleuses mais l'ensemble de leurs
revendications ne peut aboutir que s'il est porté sur le terrain du pouvoir.
- Cet ensemble de mouvements est d'ailleurs aussi la source vitale d'un
parti des travailleurs et travailleuses de masse tant pour son programme, ses militants et
militantes et ses votes lors des élections.
- Mais pourquoi ajouter un autre mouvement social alors que le terrain
politique reste vide ?
Ne faut-il pas attendre que les mouvements
sociaux soient prêts à fonder un grand parti des travailleurs et travailleuses ?
Ce serait, en effet, l'idéal.
- Mais, à l'heure actuelle, ce serait attendre après Godot tellement
les hautes directions syndicales et plusieurs directions populaires ont capitulé face au
néolibéralisme et se sont embarquées dans la concertation avec le PQ.
- La seule existence d'un parti des travailleurs et travailleuses un
peu significatif fera progresser le débat au sein des syndicats et ailleurs sur la
nécessité d'un grand parti de masse appuyé par les syndicats et les autres mouvements
populaires.
- Un parti des travailleurs et travailleuses, même très modeste,
menacera le PQ sur sa gauche tout simplement parce qu'il osera l'affronter sur son propre
terrain, celui du pouvoir.
- Il se pourrait même que le PQ se sente obligé de faire plus de
concessions aux mouvements sociaux quand le parti des travailleurs et travailleuses aura
atteint une masse critique de quelques milliers de membres.
B. Avoir beaucoup de votes ou ne pas se présenter
Un parti de gauche au
Québec, n'est-il pas condamné à rester marginal ?
Il faut se rendre compte de l'instabilité politique et
sociale de notre époque pour s'apercevoir comment les choses peuvent tourner
rapidement :
- Depuis la chute du mur de Berlin, en 1989, le monde a été témoin
de ruptures et de tournants majeurs qui laisseraient incrédule un observateur aguerri de
1988.
- Que l'on songe à l'effondrement des pays de l'Est ou à l'actuelle
crise des tigres et dragons asiatiques, considérés comme des modèles du
néolibéralisme.
- À notre échelle, que l'on songe à l'incroyable effondrement des
Conservateurs fédéraux, le parti historique de la Confédération, passés du pouvoir à
deux députés en 1993.
- Un tel revirement n'est pas impossible au Québec même s'il est peu
probable d'ici les prochaines élections.
- Que l'on songe qu'en octobre 1987, à l'époque du PQ
affirmationniste de Pierre-Marc Jonhson, le NPD-Québec, selon un sondage CROP, aurait
pratiquement recueilli le même pourcentage de votes que le PQ !
Au Québec, on est condamné à rester coincé entre le
PQ nationaliste et les Libéraux fédéralistes.
Le Québec n'est pas exempt de possibilité de recomposition rapide
de sa scène politique.
- L'Union nationale, encore au pouvoir en 1970, n'avait plus aucun
député au sortir de l'élection de 1973.
- L'" effet Charest " risque d'être aussi
éphémère qu'il a été retentissant tellement les Libéraux n'avancent pas plus de
solutions qu'auparavant aux crises sociale et nationale.
- Mais l'effet Charest aura au moins révélé la fragilité du
phénomène Bouchard qui paraissait si fort au lendemain de la tempête de verglas et au
moment du jugement de la Cour suprême.
- L'effet Charest aura aussi révélé à quel point le référendum
est une tactique à la fois superficielle et lourde à porter pour les dirigeants
péquistes. Quel contraste par rapport à l'enthousiasme et la fermeté pour la stratégie
du déficit zéro !
- Il n'est pas impossible que l'effet Charest et le phénomène
Bouchard se détruisent l'un l'autre, laissant un vide politique qu'un parti comme le PDS
pourrait remplir s'il s'inscrit rapidement sur l'échiquier politique.
Il n'y a aucune
garantie de rupture ou de tournant d'ici les prochaines élections.
C'est vrai.
- Pour un petit parti, et même pour un plus grand, le résultat du
vote dépend avant tout des rapports de force dans la société.
- Le résultat électoral d'un parti de gauche qui a un programme
anti-néolibéral n'est pas indépendant du développement de toutes les luttes sociales
(syndicales, populaires, des femmes, des jeunes, environnementales, des droits
humains
).
- L'absence prolongée de luttes sociales victorieuses, comme c'est
malheureusement le cas, sape la confiance des travailleurs et travailleuses en eux-mêmes,
ce qui est un obstacle au vote pour un parti qui représente leurs intérêts.
- Mais une victoire inattendue, par exemple pour la syndicalisation des
restaurants MacDonald ou pour arrêter la fermeture de lits au CHUM, etc. pourrait faire
souffler un vent d'optimisme qui améliorerait notre performance électorale.
Sans tournant dans l'opinion, sans reprise des luttes
sociales, comment convaincre les gens de voter pour nous ?
La faillite sociale du néolibéralisme et l'insatisfaction
généralisée qu'elle entraîne
- crée les conditions de vote pour un parti alternatif de gauche par
les travailleurs et travailleuses les plus politisés,
- comme elle crée aussi les conditions de tournant politique et de
reprise des luttes sociales.
- La crise du système de santé, la crise asiatique, la crise
écologique qu'a illustré la tempête de verglas, la montée de la violence contre les
femmes, et en général la croissance partout de la misère et des inégalités
démontrent la faillite du capitalisme.
- Une campagne basée sur le constat de cette faillite et sur
l'alternative de notre programme de libération nationale/sociale peut rencontrer un écho
significatif si on arrive à le faire connaître auprès des gens les plus politisés.
- Mais dans un monde entièrement dominé par le néolibéralisme, une
campagne réussie ne peut s'évaluer seulement en nombre de votes, qui risque de rester
modeste.
Ne serait-il pas possible de faire une campagne de
grande ampleur pour aller chercher le plus de votes possible ?
Pour faire ça, il faut soit beaucoup d'argent, soit beaucoup de
" travailleurs d'élection ", soit l'accès aux grands médias. Le PDS
n'a ni l'un ni l'autre.
- Le PDS lutte contre le pouvoir de " l'Argent " et
sa base n'est pas riche.
- Les grands médias contrôlés par Desmarais, Black, Québécor, etc.
et le gouvernement canadien vont tâcher de faire le silence sur le PDS.
- Les chefs syndicaux et plusieurs autres dirigeants populaires en
alliance avec le PQ ne diront pas du bien du PDS si seulement ils en parlent.
- Les partis traditionnels ont de nombreux travailleurs d'élection
parce que :
- quelques uns attendent des " retours
d'ascenseurs ",
- la plupart sont d'honnêtes gens qui se sont laissés gagner par la
propagande des médias, les promesses des chefs de partis ou les discours des hautes
instances syndicales, ou tout simplement qui ont peur de perdre le peu qu'ils ont.
Sans moyens, vaut-il la peine de faire une campagne
électorale ?
- Il y a quelques groupes et médias populaires qui sont prêts à
parler du PDS.
- Mais il y a surtout nos militants et nos militantes qui savent
profiter de l'opportunité d'une campagne électorale.
- Une campagne électorale ouvre momentanément un espace politique
plus grand auprès des gens les plus politisés, alors plus ouverts à examiner des
alternatives.
- Présenter une alternative ouvrière et populaire sans candidats
n'est pas très crédible et donc ouvre peu de portes nouvelles.
- Une bonne partie des gens politisés ne nous sont pas connus ou sont
difficilement rejoignables dans leurs organisations faute de moyens de notre part mais
aussi de réticence des directions de ces organisations.
- Une campagne électorale nous offre l'occasion de nous mobiliser pour
les rejoindre soit directement dans leurs organisations soit chez eux ou à leur lieu de
travail.
Suite aux efforts persistants, tenaces et de longue durée du
PDS, quand arrivera un tournant politique et/ou une reprise dans les luttes sociales,
comme en France par exemple, alors il y aura un parti des travailleurs et des
travailleuses " sur la mappe " et des tas de gens le reconnaîtront
comme leur parti.
On ne s'improvise pas comme parti politique du jour au
lendemain :
- Une pensée alternative, un programme de libération nationale et
sociale et une stratégie victorieuse se débattent et se complètent dans les discussions
continuelles à la base comme au sommet.
- Une organisation crédible auprès des mouvements sociaux suppose des
militants et militantes connus, respectés et identifiés au parti, ce qui ne s'acquiert
qu'à travers une série de luttes où naît la confiance.
- Une organisation capable d'avoir des représentants élus et,
éventuellement, d'assumer le pouvoir, doit, au préalable, s'être montré apte à
s'organiser lors des élections avec tout ce que celles-ci comportent de chaînes
téléphoniques, de porte-à-porte, d'assemblées de cuisine, de tracts et poster à
distribuer, de conférences de presse à organiser, etc..
Sans tournant ni reprise des luttes, ne vaudrait-il pas
mieux être prudent en ne se présentant pas pour ne pas démobiliser davantage les
militants et militantes avec un score électoral bas ?
- Est-ce mobilisateur que de laisser le champ libre aux partis
néolibéraux, de laisser aux militants et militantes le choix entre l'abstention,
l'annulation et le soi-disant vote pour le parti " le moins
pire " ?
- La participation du PDS aux élections est d'abord
stratégique : il s'agit de se positionner comme parti de la gauche du Québec, de
devenir le parti " naturel " des militant-e-s et
travailleurs/travailleuses les plus politisés, ce que nous ne sommes pas encore.
- Il s'agit de se positionner pour l'avenir avant que les travailleurs
et travailleuses, par découragement et désillusion, ne se laissent gagner par un parti
populiste de droite ou de " gauche " qui, dans la réalité, accepte
le néolibéralisme.
- Est-ce que parce que les luttes sociales sont difficiles et très
souvent perdantes, on ne livre pas bataille ?
- C'est une question de lutte pour la justice sociale et la liberté, y
inclus sur le crucial terrain politique.
Le vote c'est important. Ne faudrait-il pas
modérer notre programme pour avoir plus de votes, quitte à ne pas attaquer le
néolibéralisme de front ?
- Pactiser avec le néolibéralisme, c'est accepter la politique du
déficit zéro, la spéculation et la domination de l'économie par le patronat.
- Avant l'ère néolibérale, des partis aux programmes modérés comme
le NPD ou les partis européens se nommant social-démocrate, socialiste ou même
communiste pouvaient arracher d'importantes concessions grâce à l'intensité des luttes
sociales des années 60 et 70.
- À l'ère du capitalisme sauvage néolibéral, il n'y a plus de marge
de manuvre, à part la possibilité de bonbons électoraux.
- Au contraire, toutes les conquêtes ouvrières et populaires des 50
dernières années sont en train d'être démolies morceau par morceau.
- Quant à ces partis des années 60 et 70, la plupart ont fait la paix
avec la dictature de l'Argent en acceptant son agenda néolibéral de déficit zéro et de
libre-échange.
Pourquoi ne serait-ce
pas possible aujourd'hui à un parti des travailleurs et travailleuses d'arracher
d'importantes concessions tout en ayant un programme modéré, acceptable à la limite par
le patronat ?
- Aujourd'hui, les travailleurs et travailleuses doivent vivre avec les
conséquences de la grave erreur de programme qu'ont fait la grande majorité des partis
des travailleurs et travailleuses des années 60 et 70.
- L'erreur fondamentale de ces partis est d'avoir eu des programmes
laissant le pouvoir économique aux banques et aux transnationales.
- Banques et transnationales combattront toujours toute mesure
significative de redistribution du revenu et, si celles-ci sont conquises de hautte lutte,
les remettront en question au moindre relâchement de la lutte sociale.
- Dans un système basé sur l'Argent, les banques et les
transnationales, parce qu'elles contrôlent les moyens de faire de l'argent, finissent par
l'emporter à la longue.
- Ce pouvoir économique leur permet de contrôler, en dernière
analyse, le pouvoir politique même organisé relativement démocratiquement.
- C'est grâce à sa mainmise sur le pouvoir économique que le
patronat a pu reprendre l'initiative dans les années 80.
- D'où la nécessité d'un programme anti-néolibéral qui remette en
cause le pouvoir économique du patronat par le moyen de la conquête du pouvoir
politique.
C. Le PQ, moins
néolibéral que les Libéraux ?
Un parti indépendantiste anti-néolibéral ne
va-t-il pas diviser le vote souverainiste et anti-fédéraliste et ainsi faire le jeu des
Libéraux ?
- Les Libéraux feraient-ils plus de coupures que le PQ, taxeraient-ils
encore moins les profits et les riches ?
- Depuis le budget libéral québécois de 1993-94, les revenus perçus
directement par le gouvernement du Québec ont augmenté de plus de 4 milliards $ par
année mais les dépenses totales sont restées à peu près stables jusqu'en 1998-99.
- Compte tenu que les transferts fédéraux ont, depuis ce temps,
diminué d'un peu plus de 2 milliards $ par année, on peut affirmer que le PQ et les
Libéraux fédéraux se sont également partagés la tâche des coupures dans les
hôpitaux, l'éducation, l'aide sociale, etc..
- Somme toute, PQ et Libéraux, c'est le même combat réactionnaire
pour le " déficit zéro ".
- En politique sociale, le PQ n'est pas " moins
pire " que les Libéraux.
Une fois atteint le déficit zéro en l'an 2000, le PQ
ne réinvestira-t-il pas dans les services publics ?
Ce n'est pas ce que dit le dernier budget du PQ.
- Pour les entreprises, le PQ promet des rabais et des gels d'impôt
après l'an 2000.
- Pour rentabiliser les investissements des PME et transnationales, le
PQ cofinancera leurs projets à même 2 milliards $ sur 5 ans pris sur notre facture
d'électricité.
- S'il reste des surplus, le PQ promet des baisses d'impôt pour les
personnes, baisses qui seront automatiquement beaucoup plus généreuses pour les riches.
- Pour le renflouage des services publics : rien.
Pour l'année fiscale 1998-99, le PQ n'a-t-il pas promis d'augmenter
les budgets de la santé et des garderies de 200 à 300 millions $ ?
- Si on ignore les effets de l'inflation, c'est vrai.
- Comme quoi, le PQ, comme n'importe quel parti néolibéral, réagit
aux pressions sociales :
- la grève sur le tas du CHUM et la crise des urgences se sont
répercutées dans les sondages au point que le PQ n'a pas eu le choix que de remettre un
peu d'argent dans la santé.
- La Marche des femmes a suffisamment traumatisé le PQ pour qu'il
n'aliène pas cette " clientèle électorale ".
- Rappelons-nous, aussi, que c'est la grève des étudiants des
Cégeps, durant l'automne 1996, qui a forcé le PQ à geler les frais de scolarité, ce
sur quoi il n'a pas encore osé revenir.
Le PQ ne se dit-il pas social-démocrate ?
- L'ancien premier ministre Bourassa aussi se disait social-démocrate.
- Drôle de parti social-démocrate qui, dès 1982, coupait le salaire
de ses employés de 20%, ce qu'aucun parti de droite à la Ralph Klein ou à la Mike
Harris n'a jamais osé faire. Et c'était à l'époque du fameux " préjugé
favorable aux travailleurs " !
- On peut toujours faire des discours et colloques sur la
social-démocratie où l'on dit tout ce que l'on veut. Les faits parlent d'eux-mêmes.
D. Le PQ, au moins,
fera un référendum pour l'indépendance
Le PQ, au moins, est pour lindépendance.
- Le peuple québécois sera-t-il capable de vaincre le plan B tout en
se faisant taper dessus par le PQ avec sa stratégie du déficit zéro ?
- Est-on si certain que cela que le PQ, hier parti de la
souveraineté-association, de l'associationnisme, aujourd'hui de la
souveraineté-partenariat et du dollar canadien, soit indépendantiste ?
- Le PQ se dit aussi parti du plein emploi. L'est-il ?
- À travers combien d'étapes et de beaux risques le PQ
mènera-t-il encore le peuple québécois ; à travers combien d'abdications et de
compromissions encore face à Ottawa, que ce soit à propos du français ou de la
répartition des pouvoirs ?
- Faut-il se souvenir que le PQ est sorti du Parti libéral à la fin
des années 60 pour contrôler et dompter l'impétueux mouvement de libération nationale
et sociale des années 60-70, ce qu'il a malheureusement réussi à faire jusqu'à
aujourd'hui ?
- Le PQ, aux yeux du patronat, est un mal nécessaire pour empêcher
que le mouvement indépendantiste n'aboutisse à créer un parti de masse des travailleurs
et travailleuses avec un programme de libération nationale et sociale seule capable
d'aboutir à l'indépendance tant vis-à-vis du fédéral que du patronat.
Être contre le PQ ne conduit-il pas à être
contre l'indépendance ?
- Si nous sommes contre le PQ, c'est justement parce que nous
sommes :
- pour l'indépendance,
- pour une profonde mobilisation populaire qui seule viendra à bout du
plan B,
- pour un projet de société basé sur le plein emploi axé sur le
développement durable, qui seul permettra une profonde mobilisation populaire.
- Nous sommes aussi contre le PQ parce que nous sommes :
- pour le plein emploi axé sur le développement durable,
- pour une profonde mobilisation populaire qui seule viendra à bout
des forces néolibérales,
- pour l'indépendance qui, comme l'ont démontré les résultats du
référendum de 1995, est la revendication qui unit et qui mobilise le plus le peuple
québécois.
Il n'y a pas lieu de choisir entre plein emploi et indépendance ou
entre donner stratégiquement la priorité à l'un ou à l'autre. Au Québec, l'un est la
voie qui conduit à l'autre et vice-versa.
Le PQ n'a-t-il pas promis un référendum ?
- La promesse d'un référendum, c'est la seule chose pratique qui
différencie le PQ des Libéraux.
- Le PQ n'a jamais voulu mobiliser le peuple par le moyen d'une
Assemblée constituante élue la proportionnelle dont le but aurait été de doter le
Québec d'un " projet de société " sur la base d'un Québec libre et
égalitaire.
- Aussi leur est-il difficile de laisser tomber l'étapisme
référendaire, perçu comme ultime moyen vers l'indépendance, sans perdre tout soutien
populaire et sans provoquer une crise au sein de leur propre parti.
- La seule fois que le PQ a perdu le pouvoir, en 1985, c'est parce
qu'il n'avait pas contrebalancé son virage anti-travailleur de 1982 par l'espoir de
l'indépendance, ce à quoi sert la promesse d'un référendum.
Mieux vaut un référendum que pas de référendum du
tout.
Ce n'est pas évident que le PQ veuille réellement d'un
référendum
- Le meilleur moment pour gagner le référendum a été après
l'échec de l'accord du lac Meech en 1990 alors que
- le peuple québécois était de nouveau descendu dans la rue par
centaines de milliers le 24 juin 1990,
- que les sondages n'avaient jamais été aussi favorables,
- qu'un million de personnes avaient signé une pétition exigeant un
référendum.
- Le PQ, loin d'aller dans le sens du mouvement populaire, s'est hâté
de le désamorcer en tendant la main au premier ministre Bourassa pour noyer le poisson
dans la Commission Bélanger-Campeau.
- Il avait renoué avec sa vocation d'éteignoir national, comme à la
fin des années 60.
Une fois au pouvoir en 1994, le PQ a tenu un
référendum rapidement et presque gagnant, en 1995.
- Une fois revenu au pouvoir en 1994, le PQ a été coincé dans un
dilemme faustien :
- ne pas tenir de référendum et perdre les prochaines élections
sinon voir le parti implosé bien avant,
- tenir un référendum contrôlé donc sans dynamique vers
l'indépendance.
- Le PQ a choisi la voie du référendum hâtif
- pour se donner le temps de l'oubli avant les prochaines élections en
cas de défaite,
- pour maximiser ses chances de victoire avant l'application de la
stratégie du déficit zéro.
- Pour découpler référendum et indépendance, le PQ a voulu un
référendum :
- sur la base de la souveraineté-partenariat et non de
l'indépendance,
- sans mobiliser à fond le peuple québécois pour ne pas apeurer le
patronat dont le PQ voulait au moins la neutralité sinon l'appui.
Le référendum de 1995 a complètement traumatisé le patronat et
les fédéralistes.
Le PQ n'avait pas compter sur l'aspiration profonde du peuple
québécois à sa libération nationale et sociale.
- Pour gagner l'appui du peuple au "oui", le PQ avait prit le
risque d'organiser la Consultation sur l'avenir du Québec au début de 1995 à laquelle
participa plus de 50 000 personnes.
- Cette consultation se transforma, au déplaisir du PQ, en succédané
d'Assemblée constituante pour un " projet de société ".
- Même si le référendum eut lieu plus de six mois plus tard, le
temps de refroidir les esprits, le peuple n'avait pas oublié cette porte entrouverte sur
l'espoir.
- Au grand désarroi de la machine péquiste, la campagne
référendaire d'octobre 1995 se transforma en affrontement ouvert de classes entre
- syndicats et groupes populaires acquis à l'indépendance et
- banquiers et grands patrons acquis au fédéralisme.
- Il a fallu que la machine péquiste, prise de panique, à trois
semaines de l'échéance référendaire, mette Bouchard à la tête de la campagne pour
remettre l'emphase sur le thème officiel de la souveraineté-partenariat tel que
négocié avec l'ADQ et le Bloc en juin 1995, afin de désamorcer le débat sur le "
projet de société ".
- Comme le montrent les sondages de l'époque, ce soudain recentrage a
fait baisser momentanément l'appui au "oui", suffisamment pour causer la
défaite de justesse.
- Mais même la victoire du "oui" n'aurait pas
automatiquement embrayé sur l'indépendance même si ça en augmentait les chances.
Un prochain référendum pourrait être gagnant si on
force le PQ à le tenir.
- Peut-être, malgré le traumatisme de 1995, le PQ tiendra-t-il un
autre référendum.
- Il y va de sa crédibilité malgré l'envie presque irrésistible de
ses dirigeants à le laisser tomber à la moindre pression.
- Mais depuis octobre 1995, la stratégie du déficit zéro a fait des
ravages. De plus en plus de gens :
- soit comprennent une éventuelle victoire du oui comme renforçant le
néolibéralisme du PQ.
- soit veulent punir le PQ en votant pour le non au référendum,
- soit se désintéressent de la lutte pour l'indépendance.
- Le fédéral en a profité pour foncer droit devant avec son plan B.
- Comme le montrent les sondages, le peuple québécois est tellement
dégoutté du PQ qu'il voterait aujourd'hui clairement pour le non, et même pour les
Libéraux, malgré le plan B.
- C'est cette grande faille de la stratégie péquiste que Chrétien et
Charest veulent exploiter en transformant les prochaines élections en élections
référendaires perdantes.
La lutte contre le plan B n'exige-t-elle pas de se
rallier derrière le PQ ?
- Comment le PQ peut-il affronter le plan B alors que sa stratégie du
déficit zéro a pavé la voie au plan B ?
- Le plan B vise à empêcher le référendum sinon à forcer le PQ à
négocier les conditions du référendum pour le rendre sans effets.
- Bouchard, cet ancien négociateur patronal et ex-ministre
conservateur, souverainiste par carriérisme, négocie toujours et fait toujours des
concessions.
- Cest normal dailleurs, le PQ ne peut pas compter sur
lappui du peuple sur lequel il tape doù lobligation de négocier sans
rapport de forces.
Si les Libéraux gagnent les élections, cen est
fini du référendum.
- Cela est-il pire quun effondrement dans quelques années une
fois réalisé que la stratégie référendaire du PQ ne mène nulle part ?
- Une victoire libérale aurait lavantage de la clarté toujours
préférable à lillusion.
- Elle aurait lavantage dune douloureuse prise de
conscience maintenant.
- Pourrait s'en suivre une accélération des ruptures avec le PQ et
une recomposition des allégeances politiques qui pourrait bénéficier en partie au PDS
si celui-ci a su se rendre visible dans la campagne électorale.
Le PQ a toujours été
plus lié aux gens, plus sensible aux pressions populaires.
Cest vrai.
- Parce que cest un parti populiste qui a besoin du vote ouvrier
et populaire pour être élu.
- À cause de cela, il doit faire certaines concessions une fois élu.
- Mais sa politique du déficit zéro a réduit à
zéro ou
presque sa marge de manuvre.
- Faut-il laisser tomber la tâche stratégique de la construction d'un
parti des travailleurs et des travailleuses pour quelques bonbons
électoraux ?
| Le PDS doit utiliser les élections pour redonner
confiance au peuple québécois en ses propres forces.
|
- Le moyen fondamental c'est de faire apparaître sur la scène
politique un parti des travailleurs et des travailleuses.
|
| Ainsi, quelque soit la situation le lendemain des
élections, les travailleurs seront politiquement plus forts qu'avant. |
| Si le PQ se risque à un autre référendum, les
travailleurs seront en meilleur position qu'en 1995 pour en faire un référendum gagnant
en mettant au cur de la campagne référendaire leur projet de société sans que le
PQ soit capable, cette fois-ci, de le saboter avec son projet de partenariat néolibéral
avec le Canada et le patronat. |
| Si les Libéraux gagnent les élections ou que le PQ
laisse tomber son référendum, les travailleurs seront en meilleure position pour
mobiliser tout le peuple québécois contre leurs politiques ouvertement et franchement à
la fois néolibérales et fédéralistes. |
| Somme toute, plus les travailleurs et travailleuses
seront politiquement indépendants et mobilisés, plus ils seront en mesure d'imposer une
dynamique d'indépendance sociale et nationale. Un parti des travailleurs et travailleuses
assez fort aura sa propre tactique d'accès à l'indépendance à déterminer en temps et
lieu, peut-être un référendum mais plus probablement une Assemblée constituante
débouchant sur une déclaration unilatérale. |
| L'important, stratégiquement, c'est de renforcer
politiquement les travailleurs et travailleuses en les rendant indépendants, si l'on peut
dire, du PQ et par là, du patronat. |
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