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Le Parti de la démocratie socialiste (PDS)

Une nécessité

 

 En vue des prochaines élections au Québec, le PDS présentera des candidats et candidates dans tous les comtés sur la base d'une plate-forme électorale d'un Québec indépendant de plein emploi écologique et de pleine démocratie.

 Pour expliquer son programme et sa plate-forme, et répondre aux principales objections à la pertinence de présenter un parti des travailleurs et travailleuses, le PDS est à élaborer un argumentaire.

 Le site web de Gauche socialiste a déjà fait connaître les versions officieuses de l'argumentaire à propos du plein emploi et de la dette et du déficit. Cette semaine, nous présentons la partie de l'argumentaire traitant de la pertinence qu'existe un parti des travailleurs et des travailleuses et que ce parti doive participer de plein pied aux prochaines élections québécoises.

 Pourquoi un nouveau parti ?

 Les travailleurs et travailleuses n’ont pas leur parti.

 Les partis traditionnels, ce sont un seul visage à trois faces, le " Parti néolibéral du Québec "

 

 A. Parti socialiste, parti démocratique ou mouvement ?

 

 Ne faut-il pas plutôt un parti de citoyens et citoyennes qu'un parti de travailleurs et travailleuses ?

 La notion de citoyen, en soi correcte avec sa signification d'égalité devant la loi et de démocratie, a le désavantage de mêler les cartes en incluant aussi bien Conrad Black, Lucien Bouchard que le salarié moyen et le dernier des exclus.

  

Pourquoi ne pas plutôt se doter d'un programme dont le but est une vraie démocratie au lieu du socialisme ?

 

 Si le socialisme, compris comme la réalisation de la pleine démocratie, est le but ultime du PDS, pourquoi ne pas simplement s'appeler Parti socialiste ?

 Le mot " socialisme ", comme d'ailleurs les mots " christianisme " et " démocratie " avant lui, à cause de sa signification radicale de liberté et de justice sociale, a été récupéré et dévoyé par les ennemis du socialisme.

 

Pourquoi rechercher la prise de pouvoir ou de conquête de l'État au lieu de développer à la base la " société civile " qui finirait par marginaliser l'État et sa bureaucratie ?

 

 

  Ne faut-il pas faire disparaître l'État au lieu de le conquérir ?

 

 Faut-il lutter pour le pouvoir ; le pouvoir ne corromp-t-il pas ; les partis ne sont-ils pas tous pourris ?

 

 

Comment un parti des travailleurs et des travailleuses, même non récupéré par le néolibéralisme, peut-il résister à la pression de la corruption ?

 

 

 Ne serait-il pas plus réaliste de fonder un mouvement politique qui fasse pression sur le PQ pour qu'il rompe avec le néolibéralisme ? 

 

 Ne faut-il pas attendre que les mouvements sociaux soient prêts à fonder un grand parti des travailleurs et travailleuses ?

 

Ce serait, en effet, l'idéal.

  

B. Avoir beaucoup de votes ou ne pas se présenter

 

 Un parti de gauche au Québec, n'est-il pas condamné à rester marginal ?

 Il faut se rendre compte de l'instabilité politique et sociale de notre époque pour s'apercevoir comment les choses peuvent tourner rapidement :

 

Au Québec, on est condamné à rester coincé entre le PQ nationaliste et les Libéraux fédéralistes.

 

Le Québec n'est pas exempt de possibilité de recomposition rapide de sa scène politique.

 

 Il n'y a aucune garantie de rupture ou de tournant d'ici les prochaines élections.

 C'est vrai.

 

Sans tournant dans l'opinion, sans reprise des luttes sociales, comment convaincre les gens de voter pour nous ?

 

La faillite sociale du néolibéralisme et l'insatisfaction généralisée qu'elle entraîne

 

Ne serait-il pas possible de faire une campagne de grande ampleur pour aller chercher le plus de votes possible ?

 

Pour faire ça, il faut soit beaucoup d'argent, soit beaucoup de " travailleurs d'élection ", soit l'accès aux grands médias. Le PDS n'a ni l'un ni l'autre.

   

Sans moyens, vaut-il la peine de faire une campagne électorale ?

 

 

 Suite aux efforts persistants, tenaces et de longue durée du PDS, quand arrivera un tournant politique et/ou une reprise dans les luttes sociales, comme en France par exemple, alors il y aura un parti des travailleurs et des travailleuses " sur la mappe " et des tas de gens le reconnaîtront comme leur parti.

 On ne s'improvise pas comme parti politique du jour au lendemain :

 

Sans tournant ni reprise des luttes, ne vaudrait-il pas mieux être prudent en ne se présentant pas pour ne pas démobiliser davantage les militants et militantes avec un score électoral bas ?

 

 

 Le vote c'est important. Ne faudrait-il pas modérer notre programme pour avoir plus de votes, quitte à ne pas attaquer le néolibéralisme de front ?

 

 

 Pourquoi ne serait-ce pas possible aujourd'hui à un parti des travailleurs et travailleuses d'arracher d'importantes concessions tout en ayant un programme modéré, acceptable à la limite par le patronat ?

 

 

 C. Le PQ, moins néolibéral que les Libéraux ?

 

 Un parti indépendantiste anti-néolibéral ne va-t-il pas diviser le vote souverainiste et anti-fédéraliste et ainsi faire le jeu des Libéraux ?

 

  

Une fois atteint le déficit zéro en l'an 2000, le PQ ne réinvestira-t-il pas dans les services publics ?

 

Ce n'est pas ce que dit le dernier budget du PQ.

 

Pour l'année fiscale 1998-99, le PQ n'a-t-il pas promis d'augmenter les budgets de la santé et des garderies de 200 à 300 millions $ ?

 

Le PQ ne se dit-il pas social-démocrate ?

 

 D. Le PQ, au moins, fera un référendum pour l'indépendance

  

Le PQ, au moins, est pour l’indépendance.

 

 

 Être contre le PQ ne conduit-il pas à être contre l'indépendance ?

 

Il n'y a pas lieu de choisir entre plein emploi et indépendance ou entre donner stratégiquement la priorité à l'un ou à l'autre. Au Québec, l'un est la voie qui conduit à l'autre et vice-versa.

 

Le PQ n'a-t-il pas promis un référendum ? 

 

Mieux vaut un référendum que pas de référendum du tout.

 

Ce n'est pas évident que le PQ veuille réellement d'un référendum

 

 Une fois au pouvoir en 1994, le PQ a tenu un référendum rapidement et presque gagnant, en 1995. 

 

Le référendum de 1995 a complètement traumatisé le patronat et les fédéralistes.

 Le PQ n'avait pas compter sur l'aspiration profonde du peuple québécois à sa libération nationale et sociale.

  

Un prochain référendum pourrait être gagnant si on force le PQ à le tenir.

 

 

La lutte contre le plan B n'exige-t-elle pas de se rallier derrière le PQ ? 

  

Si les Libéraux gagnent les élections, c’en est fini du référendum.

 

 

 Le PQ a toujours été plus lié aux gens, plus sensible aux pressions populaires.

 C’est vrai.

 

 

Le PDS doit utiliser les élections pour redonner confiance au peuple québécois en ses propres forces.

 

  • Le moyen fondamental c'est de faire apparaître sur la scène politique un parti des travailleurs et des travailleuses.
Ainsi, quelque soit la situation le lendemain des élections, les travailleurs seront politiquement plus forts qu'avant.
Si le PQ se risque à un autre référendum, les travailleurs seront en meilleur position qu'en 1995 pour en faire un référendum gagnant en mettant au cœur de la campagne référendaire leur projet de société sans que le PQ soit capable, cette fois-ci, de le saboter avec son projet de partenariat néolibéral avec le Canada et le patronat.
Si les Libéraux gagnent les élections ou que le PQ laisse tomber son référendum, les travailleurs seront en meilleure position pour mobiliser tout le peuple québécois contre leurs politiques ouvertement et franchement à la fois néolibérales et fédéralistes.
Somme toute, plus les travailleurs et travailleuses seront politiquement indépendants et mobilisés, plus ils seront en mesure d'imposer une dynamique d'indépendance sociale et nationale. Un parti des travailleurs et travailleuses assez fort aura sa propre tactique d'accès à l'indépendance à déterminer en temps et lieu, peut-être un référendum mais plus probablement une Assemblée constituante débouchant sur une déclaration unilatérale.
L'important, stratégiquement, c'est de renforcer politiquement les travailleurs et travailleuses en les rendant indépendants, si l'on peut dire, du PQ et par là, du patronat.

 

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