Québec-Chiapas
Jusqu'où ? Jusqu'à quand ?

 

par le CCIODH, Salut le monde!, Réseau de solidarité avec le Mexique-Montréal, Comité chrétien pour les droits humains en Amérique latine

 La Commission civile internationale d'observation des droits humains au Chiapas (CCIODH), composée de 210 déléguées de 11 pays – dont 6 Québécois-e-s – procédera à la présentation publique de son rapport traduit au français, lors d'une soirée d'information où témoigneront aussi Julie Marquette et Sarah Baillargeon, les deux Québécoises récemment expulsées du Mexique.

Lundi 27 avril à 19:00 au 25 Jarry ouest / coin St-Laurent métro Jarry ou autobus 55 nord
Entrée gratuite

 Le rapport de la Commission d'observation sera aussi disponible en français et en espagnol au coût de 12$ au Comité Chrétien pour les droits humains en Amérique latine. Nous pouvons aussi le copier sur une diskette. Pour information téléphoner au : 514-387-2541. On peut aussi trouver la version originale en espagnol sur le site internet suivant : http://www.pangea.org/encuentro</x-rich

 Du 15 au 28 février 1998, la Commission civile internationale d'observation des droits humains au Chiapas (CCIODH), composée de 210 déléguées de 11 pays – dont 6 québécois-e-s –, a recueilli de l'information sur la situation des droits humains dans l'État mexicain du Chiapas. Durant son séjour, la Commission a réalisé des entrevues avec plus de 150 communautés (villages) autochtones et de personnes déplacées par la guerre, avec plusieurs représentant-e-s du gouvernement mexicain, ainsi que différentes organisations politiques, sociales, et de défense des droits humains.

 L'État du Chiapas vit en ce moment les conséquences d'une situation de profonde décomposition politique et d'une préoccupante destructuration sociale. À tous les niveaux, la Commission a pu mesurer l'incapacité de la part des structures institutionnelles d'assurer le maintien d'un État de droit. La Commission a aussi pu constater à quel point la société chiapanèque et notamment les communautés autochtones souffrent des conséquences d'une situation généralisée de violence et d'impunité, due principalement à la présence de plus de 50 000 soldats de l'Armée fédérale, et de nombreux groupes paramilitaires. Il y a présentement au Chiapas plus de 15 000 réfugié-e-s, majoritairement autochtones, qui vivent dans des conditions inhumaines, sans protection, terrorisé-e-s par la possibilité de subir le même sort que les 45 personnes massacrées le 22 décembre dernier à Acteal.

 Au cours des dernières semaines, les événements se sont précipités et tout porte à croire que le gouvernement prépare une intervention musclée pour en finir une fois pour toutes avec le "problème" du Chiapas : la position du gouvernement se durcit sans cesse, éliminant de fait la voie de la négociation ; un rassemblement des différents corps armés de l'État a récemment procédé à des "descentes" sauvages dans un quartier pauvre de San Cristóbal de las Casas et à Taniparlas un village autochtone, les menaces faites aux organisations sociales se sont intensifiées, et le gouvernement procède à l'expulsion des étrangers et étrangères qui sont trouvés dans la zone de conflit. Les seuls témoins de cette guerre seront-ils les 50 000 soldats de l'armée fédérale qui occupent le Chiapas, envahissent les villages autochtones, et dont le gouvernement mexicain maintient qu'ils réalisent un labeur social ?

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