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Argumentaire du programme du PDS sur les services publics

 

Pour un système de santé public, universel, gratuit, complet et accessible.

Pour un réseau scolaire unique de la pré-maternelle à l'université public, gratuit, universel, laïc et français sauf pour les enfants de parents anglophones nés au Québec.

Pour des logements à propriété collective et sans but lucratif.

Pour un réseau universel, complet et gratuit de garderies pleinement intégré aux services publics. (Programme du PDS)

 

Privatisation, segmentation et sous-traitance

Avec sa stratégie du déficit zéro, l'État n'arrive plus à assurer des services publics en quantité suffisante (ex. débordement des urgences) et de qualité (des écoles bien équipés à bas ratio professeur/étudiant). L'entreprise privée aurait les fonds pour y arriver.

La première question à poser est pourquoi l'État n'a pas les fonds nécessaires alors qu'il pourrait et devrait les avoir [voir partie « Dette et déficit »].

Oui, l'entreprise privée a les fonds mais elle ne les emploiera que si elle peut les rentabiliser au taux de profit du marché.

Ce qui veut dire un service de première classe pour les riches et des miettes pour les autres.

Ce qui veut aussi dire des services publics orientés pour satisfaire les besoins des banques et des transnationales :

  • une école élitiste ou payante sans formation à la réflexion critique ;
  • un système de santé à deux vitesses qui privilégie le curatif sur le préventif car plus il y a de gens à soigner plus c'est payant ;
  • un marché du logement lucratif soutenu par de maigres subventions aux exclus.

Le gouvernement pourrait sous-traiter les services publics à l'entreprise privée qui, parce qu'elle est plus efficace, nous en donnerait plus pour notre argent.

 

L'économie sociale

La gestion bureaucratique des services publics étant quand même coûteuse et frustrante pour les gens, ne vaudrait-il pas mieux les confier aux organisations communautaires, édifier ce que certains appellent « l'économie sociale » ?

Les organisations communautaires, étant plus près des gens, ne seraient-ils pas plus en mesure de faire appel aux « ressources du milieu » sous forme de bénévolat, de locaux bon marché et de dons en argent par les riches et les entreprises du milieu?

 

Les gouvernements n'interviendraient-ils pas pour assurer un certain équilibre? 

Sans doute y aurait-il un minimum de péréquation pour masquer ce sabotage à grande échelle de cette conquête ouvrière/populaire de l'après-guerre que sont les services publics égaux pour tous et toutes.

Mais cette péréquation de façade ne compenserait même pas le financement des programmes supplémentaires absolument nécessaires aux communautés plus pauvres pour rattraper graduellement le niveau des communautés riches en termes d'espérance de vie, de scolarité moyenne, de pourcentage de femmes au travail, de gens âgés davantage démunis, etc..

Ce « transfert social communautaire » est déjà bien commencé : déversement vers les municipalités de responsabilités sans fonds correspondants, régionalisation des budgets de la santé, décentralisation de la gestion des écoles de quartier avec déductions fiscales pour les dons à celles-ci.

Si l'économie sociale est à ce point un recul social, pourquoi les groupes de femmes et communautaires s'y intéressent-ils autant ? 

Ces groupes, et les femmes et exclus qu'ils représentent, sont plus durement frappés par les coupures dans les services publics que les hommes et que les gens ayant un travail permanent.

Les emplois détruits ou non créés les frappent davantage. Mais aussi les services coupés ou réduits les laissent plus démunis. D'où l'attraction de l'économie sociale.

Il faut donc s'attendre à ce qu'ils s'agrippent au petit budget de l'économie sociale, que le gouvernement leur jette en pâture, comme à une bouée de sauvetage, ce qui ne veut pas dire qu'il ne faille pas appuyer leurs luttes pour des budgets plus élevés et l'instauration de meilleurs critères.

Ce faisant, malheureusement, ces groupes, sans le vouloir et souvent à leur corps défendant, substituent des emplois précaires mal payés à des emplois syndiqués mieux lotis.

La demande pour ces budgets étant forte et l'offre maigrissime, le gouvernement a beau laisser à savoir que les chèques iront aux groupes qui disent du bien de l'économie sociale ou au moins qui baissent leur niveau de critique sociale.

Le résultat politique en est une démobilisation de ces groupes et une tendance au repli sur les services.

C'est l'accentuation de cette démobilisation que vise l'instauration de CLD par le PQ, en dressant les groupes les uns contre les autres pour l'accès aux maigres sommes de ce « guichet unique ».

Les groupes de femmes et d'exclus n'aspirent-ils pas à des services publics près des gens et gérés démocratiquement ?

 

Ces groupes sont en effet aussi attirés par l'idée de dé-bureaucratisation et donc de démocratisation des services publics que l'économie sociale semble vouloir instaurer.

Il faut se souvenir que ce sont les femmes qui ont lutté et obtenu des garderies contrôlées par les parents.

De là l'idée « d'infrastructures sociales » réclamées par les femmes lors de la marche « Du pain et des roses » que le PQ a subverti en « économie sociale ».

Cette aspiration de démocratisation des services publics est légitime. Nous l'appuyons entièrement.

Nous réclamons la pleine démocratisation des services publics de haut en bas [voir partie « Démocratie et socialisme »].

Mais sans davantage de fonds et de démocratisation préalable de haut en bas, la décentralisation est un piège qui se réduit à du délestage de services publics et à de la gestion de la rareté à la petite semaine par les victimes du délestage.

Tout comme le chèque-citoyen [voir partie « Plein emploi »] serait un retour au vieux Crédit social, l'économie sociale est un retour à l'époque des œuvres de bienfaisance, la dimension religieuse en moins.

Rejeter l'économie sociale n'est-ce pas aussi rejeter l'idée de services publics démocratiques et de qualité ? 

Il faut rejeter « l'économie sociale » afin de lutter pour des « infrastructures sociales », c'est-à-dire des services publics universels, complets et de première qualité décidés et gérés démocratiquement.

Pour y arriver, il faut qu'un large débat prenne forme entre les groupes communautaires, les groupes de femmes et les centrales syndicales.

Une des voies de la subversion de l'économie sociale est de travailler conjointement à la syndicalisation massive des personnes travaillant en économie sociale en vue de la parité des salaires et conditions de travail avec les meilleurs situations du secteur public.

 

Le système scolaire

  

Pourquoi le PDS propose-t-il une école unique et la laïque. L'école privée n'a-t-elle pas sa place ?

Si des parents veulent soutenir des écoles privées, qu'ils le fassent ? Nous ne nous opposons pas à l'existence d'écoles privées.

Ce que nous rejetons c'est le financement public de l'école privée ?

Ces écoles privées financées à 80% par l'État (!) sont des écoles à recrutement élitiste qui sont utilisées par les couches supérieures et moyennes pour défendre leur position sociale et assurer l'ascension sociale de leurs enfants sans égard aux problèmes de formation de la majorité de la population.

Ce sont des écoles à recrutement sélectif réservées aux familles qui veulent se préserver du brassage sociale et du pluralisme idéologique de l'école publique.

Pourquoi vouloir imposer une école unique plutôt que la diversification des projets pédagogiques d'école qui nourrissent l'expérimentation et l'innovation ? 

Nous ne nous opposons pas à la diversification des projets pédagogiques pour autant qu'une culture commune démocratique et laïque est assurée.

Ce à quoi nous nous opposons c'est l'élitisation des écoles par la création et la multiplication des écoles à projet particulier et à recrutement élitiste, et ce, y compris dans le secteur public car elle menace le rôle de l'école d'assurer une formation de qualité pour tous les enfants de la pré-maternelle à la fin secondaire.

Ces écoles à projet particulier pour les élites vident les écoles publiques de leurs meilleurs éléments et empêchent que se créent dans les écoles publiques un milieu de formation enrichissant.

C'est ainsi que les écoles entrent en concurrence, se hiérarchisent.

Les écoles à recrutement sélectif deviennent des écoles élites et les autres apparaissent comme des écoles de relégation des enfants et des jeunes en difficulté.

L'apprentissage de la solidarité et de l'entraide fait aussi partie de l'éducation. L'école est un lieu d'apprentissage mais aussi de socialisation. De même que la capacité d'écouter, de comprendre et d'expliquer simplement et clairement à ceux et celles qui comprennent moins vite, étant entendu que chacun a ses points forts et ses points faibles.

La cohabitation de tous les enfants et étudiants dans un même système et les mêmes classes stimule l'apprentissage des uns et des autres tout en fondant les bases de la solidarité populaire.

Mais comment peut-on s'opposer à une formation d'une jeunesse compétente, d'une nouvelle élite pour notre société ?

 L'élitisme nourrit l'exclusion.

Les valeurs démocratiques et égalitaires n'ont jamais signifié médiocrité que dans les esprits des gens qui ont des privilèges à sauvegarder et qui de nos jours se satisfont de l'exclusion.

Cet élitisme, aujourd'hui, prône la hausse des critères d'accessibilité au collégial et à l'université. Ils se font les apôtres du renforcement des exigences pour l'obtention d'un diplôme d'études secondaires (DES) et des exigences pour l'entrée au cégep.

Derrière l'élitisme proclamé, il s'agit de diminuer les contingents ayant accès aux études supérieures plus étroitement définies pour les besoins du capital.

Le gouvernement cherche à créer les conditions institutionnelles pour contrer les pressions du chômage structurel qui poussent de plus en plus de jeunes à rester à l'école, ce qui augmente la masse de la clientèle dans les cégeps et des les universités.

La diminution de l'accessibilité aux études postsecondaires que se soient par les hausses des exigences ou par l'introduction des frais afférents de toutes sortes et la hausse des frais de scolarité constituent un ensemble de pressions à l'exclusion des jeunes et pavent la voie à une dégradation profonde de l'insertion des jeunes dans la société.

De la même manière qu'il y division du travail pour plus d'efficacité productive, ne faut-il pas qu'il y ait division au sein du système scolaire selon les capacités de chacun ?

Il ne faut confondre division du travail et division sociale. Le patronat veut se servir de l'école comme lieu d'intériorisation de la division de la société en classes sociales.

Rien d'étonnant alors que le patronat veuille :

  • une socialisation nec plus ultra des fils et filles de riches avec leurs semblables dans des écoles privées, des écoles publiques d'élite et des universités payantes,
  • une enrégimentation des fils et filles du peuple dans des écoles-casernes, sans formation à la réflexion critique, donnant
  • un apprentissage sur mesure en fonction des besoins de l'entreprise privée
  • avec, en prime, une récupération des fils et filles « brillantes » des travailleurs et travailleuses.

Ceci dit, nous encourageons les projets d'écoles ou de classes en autant qu'ils se fassent sans exclusion et en se dotant des moyens d'embarquer tout le monde.

Mais cela suppose de petites classes et des professeur-e-s bien formés et appuyés de services professionnels et d'équipements suffisants répartis selon les difficultés d'apprentissage.

L'intégration des jeunes en difficulté d'apprentissage dans les classes normales ne nuirait-elle pas aux autres ? 

Il y aura toujours des cas extrêmes de maladies physiques et mentales, et des cas difficiles, nécessitant des classes spéciales et même l'enseignement individualisé.

Ceci dit, une grande partie de ces jeunes sont parfaitement intégrables à des classes normales si

  • ces classes ont un ratio élevé professeur/étudiant,
  • ces professeurs sont appuyés par des professionnels que les récentes coupures ont largement sacrifiés.

L'intégration des jeunes en difficulté favorisent la socialisation.

Les drop-out, en revenant à l'école, ne profitent-ils pas du système ? 

C'est le système d'écoles-casernes sous-financés et d'économie excluante qui génère les drop-out.

Toute personne qui n'a pas un diplôme d'étude secondaire, sinon un diplôme d'études collégiales, est quasi un handicapé social, avec tout ce que cela comporte pour elle-même, ses proches et la société.

L'éducation aux adultes doit, au contraire, être bonifiée, les contenus adaptés et les étudiants encouragés non seulement financièrement mais par un service de placement après études.

Le refus de la mainmise du patronat sur l'école ne cache-t-elle pas un dogmatisme qui refuse un partenariat nécessaire avec les entreprises. La majorité de ces jeunes n'espèrent-ils pas trouver un emploi au terme de leur formation, pourquoi donc ne pas leur faciliter la voie par des partenariats bien construits? 

L'école publique obligatoire doit demeurer une institution de formation qui développe les connaissances fondamentales et l'esprit critique qui permettront aux jeunes de s'inscrire comme citoyen ou citoyenne à part entière dans la vie sociale et politique de leur communauté.

La soumission de l'école aux priorités du patronat, c'est réduire l'école à un service aux entreprises avec le risque de rapetissement des curriculums et à une formation sur mesure qui n'est en fait qu'une formation pointue pour une force de travail corvéable et rejetable à merci.

L'utilisation des nouvelles technologies aujourd'hui constitue une nouvelle menace sur l'école publique dans la mesure où cette intégration ne se fera pas pour soutenir une formation où l'élève sera au centre mais où l'école sera réduite à un vaste marché pour les marchands dans l'éducation. On a parlé de l'école Macdonald, l'école Microsoft est à nos portes.

Des sommes considérables sont données à ces marchands sans que le problème concret de l'école, le taux de décrochage, les conditions réelles du développement des capacités d'apprendre, les conditions de la réussite scolaire ne soient réellement posées.

Ne faut-il pas une meilleure coordination école-travail pour prendre en charge les jeunes chômeurs ou précaires sans formation suffisante ?

 Il ne faut pas confondre prise en charge et soumission de l'école aux besoins du patronat

Le patronat voudrait faire de l'éducation des adultes un mode de gestion des jeunes adultes en chômage.

Ces jeunes, quand ils vivent de l'aide sociale ou de l'assurance-emploi sont forcés dans des parcours d'employabilité qui tendent à faire de l'éducation des adultes un instrument pour adapter les jeunes aux besoins de l'entreprise, de fournir du cheap labor, par des stages débouchant au mieux sur des emplois précaires, en général les maintenant dans un cycle vicieux de stage et d'emploi précaire et de formations ne débouchant sur rien de concret.

La minorité anglophone ne devrait-elle pas continuer à avoir droit à son propre réseau scolaire indépendant  ?

 Le français comme langue commune publique de la nation québécoise est assiégée tant :

  • par la globalisation financière, commerciale et informatique qui favorise l'anglais,
  • par la pression de l'ALÉNA et de la culture commerciale des ÉU dans un contexte nord-américain,
  • par la situation d'oppression du Québec dans un Canada anglophone.

L'école est un moyen stratégique de francisation tant pour la population de souche qu'immigrante.

La minorité anglophone du Québec a toujours eu droit à l'enseignement dans sa langue.

Comme minorité privilégiée, elle a eu aussi le privilège de contrôler son propre réseau scolaire (et de santé) indépendant et mieux financé grâce à sa plus grande richesse.

Un réseau unique français permettant des écoles ou classes en anglais là où le nombre le justifie, pour les étudiants de parents qui ont été scolarisés en anglais au Québec (clause Québec), mettrait fin aux privilèges sans remettre en question un acquis, en autant que l'apprentissage du français y soit assuré.

 

Le cégep, comme échelon supplémentaire obligatoire entre le secondaire et l'université, est-il encore pertinent ?

 

Le CÉGEP est un véhicule d'accès important à la formation post-secondaire.

Son taux de fréquentation est relativement élevé.

Depuis quelques années, le gouvernement a permis que s'y instaure des frais afférents de plus en plus lourds et a opéré dans ce secteur des coupures qui remettent en question la possibilité d'y faire un enseignement de qualité.

Les hypothèses soulevées par certains d'une remise en question des cégeps au profit de la reconstitution des collèges techniques d'une part et des collèges généralistes d'autre part s'inscrivent dans la même tendance à l'élitisme et au refus de poursuivre les efforts pour élargir l'accessibilité aux études post-secondaires.

 

Le Québec n'a pas les moyens de permettre l'accès de tous et toutes au cégep et à l'université.

 L'actuel développement technologique exige très certainement l'accès de tous et toutes à un diplôme d'enseignement collégial.

L'accès à l'Université, s'il n'est pas immédiatement possible, doit se faire non selon la fortune et le revenu mais au mérite des notes scolaires sans discrimination entre les cégeps.

La croissance de la scolarisation d'une population n'est pas que le reflet du développement économique et social. Elle y contribue en facilitant la croissance de la productivité du travail, de la qualité des services publics et du niveau de la démocratie.

L'accès de tous et toutes à une Université gratuite est donc un objectif valable et nécessaire dans des délais raisonnables.

La substitution d'un système de bourses à l'actuel système de prêts-bourses, au niveau du salaire minimum est le premier pas à faire pour arriver à l'Université pour tous et toutes.

 

Comme nos universités manquent de fonds, ne faut-il pas encourager la collaboration avec l'entreprise privée, surtout au niveau de la recherche ? 

Le financement de la recherche universitaire et de chaires universitaires par l'entreprise privée réduit

  • la recherche à de la technologie appliquée et à des études sociologiques de complaisance
  • l'enseignement aux besoins de formation et de justification des transnationales.

Le problème de financement de l'université est celui de tous les services publics [voir la partie Dette et déficit], de même que son problème tour d'ivoire est un problème de démocratisation des services publics [voir la partie Démocratie et socialisme].

Il faut, au contraire, favoriser un choix démocratique des projets de recherche et la participation des étudiants au niveau du baccalauréat à la recherche dans le cadre d'une université démocratisée.

 

Le système de santé

 

Le gouvernement a-t-il vraiment l'intention de privatiser les hôpitaux ? 

Cette privatisation se fait à la pièce. Du côté des soins, il y a :

Il y a aussi privatisation des services périphériques aux soins de santé :

La salarisation des médecins ne donnera-t-elle pas naissance à une médecine bureaucratisée ?

Il faut mettre fin au système du médecin-entrepreneur qui, grâce à la castonguette, puise allègrement dans les coffres de l'État.

Il faut aussi mettre fin au système du médecin-vendeur au service des transnationales pharmaceutiques.

Le résultat en est un système biaisé

  • sur le curatif aux dépens du préventif,
  • sur la médicamentation aux dépens de la promotion d'un environnement et d'un régime de vie sains.

Le problème de la bureaucratisation n'est pas un problème du système de santé mais de démocratisation des services publics [voir la partie Démocratie et socialisme].

Reste que

  • le contingentement des facultés de médecine par la Corporation des médecins
  • et la quasi-impossibilité de pratique pour les médecins-immigrants

doivent être levés pour empêcher une restriction artificielle du nombre des médecins, ce qui favorise l'obtention de hauts revenus.

Les sages-femmes sont-elles assez compétentes pour faire des accouchements sans risque ? 

 

Une politique favorable aux médicaments bon marché, donc génériques, ne risque-t-elle pas de pénaliser la recherche-développement pharmaceutique, un point fort de l'économie montréalaise ?

 Tant que l'industrie pharmaceutique sera contrôlée par une poignée de transnationales en voie de fusion, tout État, surtout petit, ne pourra pas éviter le chantage pour accorder de longs brevets de 20 ans en retour d'investissements en recherche-développement sur son sol.

Comme les recherches sont faites par des chercheurs d'ici formés à grand frais dans nos universités, nous proposons la nationalisation, payable à la valeur aux livres au moment de la réalisation du plein emploi, de cette industrie à la fois stratégique et vitale.

En attendant, rien n'empêche le gouvernement, dans le cadre d'une politique de médicaments gratuits, d'utiliser à plein la puissance de son pouvoir d'achat.

Le vieillissement de la population ne fera-t-il pas exploser les coûts hospitaliers, comme d'ailleurs de celui du financement des pensions ?

Les gens âgées ne sont pas qu'une charge mais aussi un atout à condition

  • de ne pas les user à la corde dans leurs meilleures années,
  • et de leur laisser une place sur le marché du travail à la mesure de leurs capacités et de leur volonté.

Le vieillissement de la population se combat par une politique de rajeunissement de la population

  • soit par une politique d'immigration plus ouverte,
  • soit par un plus haut taux de fertilité induit par des politiques de soutien aux mères (congés de maternité, garderies, logement social, davantage de services publics…).

Que ce soit la participation des gens âgés au travail social ou la rajeunissement de la population, ces politiques présupposent

  • le plein emploi, autrement ce sera la lutte des jeunes contre les vieux, qui fait le bonheur du patronat,
  • une politique de socialisation des tâches ménagères à commencer par un réseau universel et gratuit de garderies de la pouponnière au préscolaire.

En attendant, il convient, parce que c'est plus humain et moins cher que l'hospitalisation,

  • de favoriser le soins gratuits ou bon marché à domicile, de la cuisine à la santé en passant par le ménage,
  • la construction de foyers et d'hôpitaux pour soins de maladies chroniques.

Les syndicats ne sont-ils pas contre toute réforme du système de la santé, en particulier contre le virage ambulatoire ?

 Le gouvernement s'est servi des réformes comme couverture aux coupures.

Un virage ambulatoire au service de la population suppose une augmentation substantielle du budget des CLSC pour

  • devenir un service efficace, complet et accessible de première ligne, y incluant l'absorption des cliniques privées,
  • et offrir les soins à domicile sans contingentement.

Une véritable réforme de la santé suppose aussi un budget adéquat

  • pour réduire l'attente des interventions chirurgicales,
  • pour permettre aux CLSC de faire de la prévention dans les écoles, dans les lieux de travail et dans les quartiers,
  • pour établir des foyers de personnes handicapées mentales bien encadrés par du personnel pleinement intégré à la fonction publique.

La régionalisation ne permet-elle pas de mieux adapter les services à la population ? 

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