SOUS LE VERNIS, LA BARBARIE
Où se trouve le vrai scandale?

Par Ginette Lewis

Une entente secrète, quel scandale, vient d'être découverte. Elle pose à la fois la problématique des délateurs et la question autochtone. En effet, un contrebandier de cigarettes de la nation Mohawk Byron Horne a conclut en 1996 avec le Ministère du revenu une entente le lavant des dettes qu'il devait en taxes au gouvernement par la vente de cigarettes, en retour de délation de ses autres comparses de trafic. La dette était petite 4,5 millions $ et le monsieur très pauvre: il déposait 1 million $ par semaine à la banque dont un 10 % en or. Le Mouvement Desjardins avait d'ailleurs porté plainte contre M. Horne pour blanchiment d'argent. Ce pauvre monsieur a dû avoir de la misère à respecter l'entente car il a de nouveau perdu son permis d'opération en 1997. Quel scandale...non c'est légal...

Payer des délateurs alors que la santé et l'éducation s'en vont en faillite, ça c'est scandaleux.

Mais il y a encore pire en fait de scandale.

Le gouvernement fédéral en une seule année a fait sur le dos des chômeurs et des chômeuses 6 milliards $ de surplus net, c'est déjà un cumulatif de 15 milliards $ et, en l'an 2000, ce sera 25 milliards. C,est l'augmentation directe de la pauvreté de la population pour faire des quidi-quidi au patronat.

Mais il y a aussi pire en fait de scandale.

Le gouvernement du Québec a décidé de baisser le taux de cotisations à la CSST pour les entrepreneurs. Le taux passera de 2.47 $ du 100 $ de la masse salariale en 1998 à 2.22 $ du 100 $ en 1999. La caisse affiche déjà un surplus de 209 millions $ en 1998. Et ça c'est sur le dos des personnes accidentées du travail. Travailler maintenant ça veut dire fonctionne et faire ta gueule. Il ne faut surtout pas que tu sois malade ou que tu te blesses. Pourtant quand on pousse la machine... pardon! les personnes, il faut s'attendre à de la fatigue et à des accidents. Mais on ne déclare pas, ou on conteste ou on scrute la personne en accident de travail. Alors ce 209 millions $ représente les coupures faites, le changement d'optique entre la prévention (avant l'accident) versus l'interrogation (est-ce réellement dangereux?) après l'accident.

Le vrai scandale dans tous ces faits c'est que ce sont toujours les pauvres qui paient. La personne assistée sociale ne pourrait laver ses dettes ainsi au Ministère du revenus, la chômeuse pourrait difficilement contester ses semaines restreintes sur l'assurance-emploi et la personne accidentée déclarée se voit automatiquement entraînée dans un dédale de justification, d'expertise médicale quand ce n'est pas des contestations à n'en pu finir. Oui vraiment, sous le vernis, la barbarie.

 

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