SOUS LE VERNIS, LA BARBARIE
Deux poids, deux mesures
 
Par Ginette Lewis

 Ma mère me disait quand j'étais petite, que ce qui est bon pour les autres ne l'était pas nécessairement pour moi. Ma mère me disait cela pour me montrer à être autonome, à ne pas faire comme les autres. Mais moi, je ne comprenais pas ça et je demandais toujours pourquoi. Ca m'apparaissait injuste.

 Je pense que les travailleurs et travailleuses de Loto-Québec ont réagi ainsi en apprenant que leur employeur a réalisé assez de profits pour remettre au gouvernement du Québec 1 milliard $. Loto-Québec a remplacé Hydro comme vache à lait pour le gouvernement. Surtout que ce syndicat est en conflit et que les médias le blâment de demander trop alors que le gros des revendications visent les clauses normatives de la convention plutôt que les clauses salariales. Ce qui est bien pour Loto, ne l'est pas pour les employé-e-s.

 Mais 1 milliard dans les goussets du gouvernement est-ce que ca va changer le sort des travailleurs et travailleuses de la santé et de l'éducation ? Va-t-on réinvestir davantage dans les services pour améliorer la qualité ? Va-t-on accorder les augmentations de salaires demandées dans le secteur public ? Des demandes qui en fait ne seront qu'un rattrapage. Les salaires du secteur public ont connu une baisse de 5,1 % depuis 1990 par rapport aux autres travailleurs et travailleuses; ce chiffre grimpe à 7,3 % si on ne compare que les travailleuses du secteur privé. Les secteurs les plus défavorisés sont ceux des techniques et de bureau. Le manque à gagner se chiffre à 10,6 % et 11,1 % pour ces titres d'emploi. Alors monsieur Léonard, au lieu de regarder la rémunération globale et parler de 1,7 % d'avance du secteur public, devrait regarder l'analyse en détail et placer quelques millions dans la fonction publique en redistribuant les profits de Loto-Québec, profits réalisés à partir des poches du petit peuple.

 Autre deux poids, deux mesures, le gouvernement fédéral qui vote une augmentation salariale de 2 % pour ses chers-chères député-e-s mais qui laisse sa fonction publique au dépourvu. C'est Daryl Bean, président de l'Alliance de la fonction publique du Canada qui a dénoncé cette situation. Il a dit ne pas être en désaccord avec l'augmentation des député-e-s gelé-e-s depuis sept ans mais aimerait bien que les travailleurs et travailleuses bénéficient du même régime. D'autant plus qu'il négocie depuis juin 1997 au nom de 135,000 membres. La négociation traîne alors que certains élus du peuple avait promis de régler la négo avant de se voter des augmentations salariales. Pourtant l'armée a reçu 9,4 % d'augmentations sur 2 ans et la GRC 12,85 % sur trois ans. Selon M. Dean un réel rattrapage exigerait des augmentations immédiates de 10 % à 20%, mais il sait être réaliste a-t-il ajouté. A l'heure actuelle, malgré les profits de la Caisse d'assurance-emploi, les fonctionnaires ont rien et les député-e-s remportent la galette.

"Maman, pourquoi que l'on ne peut pas avoir comme les autres, c'est pas juste. ?"

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