Malgré la convention sur les droits des enfants
Une simple émission d'Enjeux avec des images chocs sur le sort des enfants dans le monde. On y parlait de l'exploitation sexuelle en Asie, de torture et de sévices des enfants de la rue en Amérique latine et de leur dépendance à la drogue, du travail des enfants Afghans en Arabie saoudite comme jockey de chameaux, des enfants handicapé-e-s en Grèce attaché-e-s à leur lit, des jeunes délinquants en Russie enrégimentés et dressés comme dans l'armée.
Ce reportage choc nous montrait le vrai jour du capitalisme et de sa barbarie. La surexploitation des enfants fait partie de ses stratégies de profit et ne peut s'expliquer par la personnalité cupide de quelques profiteurs.
Actuellement, le quart des enfants de la terre travaillent pour survivre. La répartition se fait ainsi : 61 % (153 millions en Asie, 32 % (80 millions) en Afrique et 7 % (17,5 millions) en Amérique Latine.
Ils et elles travaillent dans des conditions dangereuses, dans des métiers périlleux (pêche en eau profonde ou dans des usines d'explosifs), avec des horaires de dix à douze heures ( au Maroc 72 % des enfants commencent à travailler avant 7 heures du matin) et à des salaires minables quant ce n'est pas pour rembourser les dettes des parents.
Aussi plus de cinq millions d'enfants travaillent comme aide domestique. Au Brésil, les domestiques représentent 22% des enfants qui travaillent. Au Bangladesh, ils ont entre cinq et dix ans. Au Vénézuela les filles entre 10 et 14 ans travaillent pour 60 % d'entre elles comme aide.
Tous ces chiffrent proviennent du rapport de l'Organisation internationale du travail et ont été rapportés dans le Devoir du 29 mai 1998 (p. A7, AFP). Ces chiffres révélateurs commencent à être diffusés. Le sort des enfants commencent à être connu. Mais comme le rapportait l'émission Enjeux, la plupart de ces pays qui perpétuent la surexploitation des enfants ont ratifié la Convention des droits des enfants. Le parallélisme était frappant y compris quant cela écorchait des pays capitalistes soi-disant développés.
Et c'est cela qui m'a le plus fait réfléchir, le sort des femmes et des enfants ne peut se transformer par quelques conventions ou déclarations internationales ou de quelques interventions de l'ONU ou de l'OIT, il faut une réelle solidarité internationale pour repousser les stratégies du profit capitaliste. Il faut à l'heure actuelle de la mondialisation, une lutte internationale contre le néolibéralisme.
La Marche des femmes de l'An 2000 peut devenir un moteur de mobilisation mais les revendications s'adressant à l'ONU et se basant sur les grandes conventions internationales doivent clairement montrées que ces conventions restent souvent sur papier et deviennent pour la majorité des États de beaux voeux pieux. Seule la mobilisation des femmes comptent.
Ginette Lewis
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