CSN-CEQ
Une confrontation inutile

Par Ginette Lewis

 Quant la nouvelle fait caricature, c'est que l'onde de choc a été assez grand pour qu'on s'en moque. Alors quoi d'étonnant de voir une grosse tête de Gérald Larose et de Lorraine Pagé, nez à nez en pleine confrontation.

 Gérald devait être dans ses lunes... mais ses lunes macho...

 La confrontation se résume à qui aura la plus grande part du gâteau. La CEQ en négociant l'équité salariale, que la CSN qualifie de démarche de restructuration salariale, touche l'ensemble des 3 niveaux d'enseignement : primaire, secondaire et collégial. Les femmes majoritaires dans l'enseignement primaire sont sous payées par rapport aux deux autres niveaux d'enseignement. L'enseignement étant un ghetto d'emploi féminin, l'équité salariale est donc nécessaire.

 Mais l'équité selon la CEQ coûterait 700 millions et c'est ça qui fait voir rouge à Gérald. Si le CEQ négocie à part et avant les autres centrales ( la loi sur l'équité salariale oblige une entente avant le 21 novembre soit un an après la promulgation de la loi), il ne restera plus rien dans les coffres pour la négo du secteur public.

 Ce qui me choque avec ce type de raisonnement, c'est l'apparence de front commun et un dessous de couverte qui dessert celui qui tire le plus fort. Cette logique est antisyndicale et défavorise en partant les femmes majoritaires dans la fonction publique et pas seulement à la CEQ. Gérald parle pour sa chapelle, pas pour sa centrale, pas pour les femmes, pas pour un règlement unitaire.

 L'équité salariale n'est pas acquise dans la fonction publique pour les femmes, nombre de titres d'emploi demeurent des ghettos, alors Gérald ne peut opposer l'équité à un règlement dans le secteur public. S'il réussit à le faire c'est que les demandes salariales du Front commun ont exclu de leur démarche l'équité (lire mis en veilleuse). Les demandes salariales du Front Commun sont purement des demandes d'augmentations salariales. Aucune dimension sociale n'y a été rajoutée pour favoriser les femmes (sauf la demande de congés parentaux), pour lutter contre le chômage en posant, par exemple, la baisse des heures de travail. C'est uniquement l'élément corporatiste qui a été retenu : ~on a assez payé, on a le droit à une augmentation~. Et quelle augmentation 11 % sur trois ans (3.5 %, 3.5%. 4%), ça veut dire en salaire net : combien de cafés par semaine ?

 Ce qui me choque aussi dans ce type de raisonnement c'est que le déficit zéro est un mur de béton. Les directions syndicales ont établi une stratégie attentiste. On ne dérange pas le PQ quand on part avec les mêmes barèmes de règlement. Le PQ pense pouvoir avoir une marge de manoeuvre garantissant des augmentations, on se fit à ses renseignements et on fixe nos propres limites en fonction du PQ. La base syndicale ne sert qu'à entériner les demandes concoctées en haut lieu intersyndicaux. C'est économiser la mobilisation, c'est épargner le PQ... SURTOUT EN PÉRIODE ÉLECTORALE. Et c'est là que je décroche. C'est vrai que la mobilisation actuelle est à zéro dans le secteur public mais la période électorale est un beau moment pour créer l'enthousiasme et l'action. Les gens voient la possibilité réelle de déranger, de pouvoir gagner... Il faut donc utiliser ce moment. Mais en lieu et place, Gérald se chicane sur la place publique avec Lorraine sur le dos des femmes.

 De cette confrontation qui va sortir perdant ? Gérald ou Lorraine...ou la FTQ qui va jouer la médiation bureaucratique ou les autres syndicats de la fonction publique non admis dans le Front Commun?

 Non... tout simplement les femmes, tout simplement leurs demandes pour l'équité salariale !

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