Et si le prince charmant existait...
par Ginette Lewis
Un des thèmes de la marche de l'an 2000 est la pauvreté des femmes. Les femmes fournissent les 2/3 des heures de travail dans le monde et ne reçoivent que de dixième du revenu mondial. Les femmes travaillent mais restent pauvres.
C'est d'abord le travail invisible, tout comme le salaire, pour les femmes qui restent à la maison ou qui travaillent avec leur mari. L'AFEAS a mené il y a à peine quelques années une grande campagne pour faire reconnaître le travail de ces femmes collaboratrices de leurs maris, leur permettre d'avoir l'assurance-chômage, d'avoir une part de l'entreprise, d'avoir les protections sociales etc...
C'est aussi le travail des femmes dans la précarité et le salaire minimum dans des emplois de sous catégories. Elles détiennent le monopole du travail à temps partiel et du salaire minimum. 80 % des femmes travaillent dans trois types d'emplois : les services, le travail de bureau et le commerce. Elles connaissent peu la syndicalisation et gagnent à peine 75 % du salaire des hommes (et parce que les hommes ces dernières années ont vu avec les crises économiques le leur baisser). Et les jeunes femmes bien que scolarisées ne peuvent envisager un changement radical de cette exploitation. Elle devront se battre.
Ce sont aussi les droits de la maternité qui sont niés. Les femmes s'absentent plus du travail pour les enfants. Il manque de place dans les garderies. Le droit à des congés de maternité sans perte d'acquis n'est pas toujours reconnu. Pas étonnant que les familles monoparentales avec une femme chef de famille forment le gros bataillon des personnes sur l'aide sociale.
Et après avoir vécu tout ce trajet, les personnes âgées se retrouvent elles aussi pauvres. Pauvres parce qu'elles ont travaillé à la maison sans s'accumuler de caisse de retraite et doivent vivre des seules pensions gouvernementales. Pauvres par ce qu'au travail, souvent elles n'ont pas de caisse de retraite de la compagnie et n'ont pas assez d'argent pour investir dans les régimes de retraite.
Alors au travail, à la maison les femmes sont pauvres, sont pauvres tout au long de leur vie à moins d'épouser un bon parti...Alors ne vous demandez plus pourquoi le mythe du prince charmant perdure...c'est notre seul espoir de sortir de la pauvreté.
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