La Fédération des femmes du Québec
Une neutralité...partisane

Par Ginette Lewis 

La Fédération des femmes du Québec a en gros, adoptée la même stratégie que la CSN dans la présente campagne électorale.

 Dans un premier temps, cette approche exige des réponses claires des différentes candidatures des différents partis sur les points importants de l'heure. La FFQ a insisté sur un engagement claire concernant des services d'avortements gratuits et accessibles au Québec. Morganthaler a aussi insisté pour que durant l'actuelle campagne électorale, des engagements soient pris concernant les services en interruption de grossesse à travers le Québec. Elle ont demandé aussi une hausse du salaire minimum à 8.45 $/l'heure, une loi obligeant la conformité dans les droits pour les conjoints de même sexe, des congés payés pour s'occuper des proches malades. Plus particulièrement, la FFQ veut rencontrer les deux chefs de partis mais a eu droit seulement à madame Harel pour le PQ et madame Gagnon-Tremblay pour le PLQ; pourtant elle mène cette campagne depuis un mois.

 Dans un deuxième temps, la stratégie consiste à faire un bilan des différents partis pour conclure que la FFQ (ou la CSN) ne prendront pas position pour quiconque durant le présent scrutin.

 Mais la stratégie au départ est faussée si elle se limite aux trois partis soi-disant officiels : PQ, PLQ, ADQ. C'est vraiment bonnet blanc et blanc bonnet. Tout le monde le reconnaît. Mais pourquoi faire comme tout le monde et ignorer les 97 candidatures du PDS, la plate-forme électorale mentionnant la nécessité de l'égalité entre les hommes et les femmes ? Pourquoi ne pas inviter à annuler ou à voter pour les autres partis ? Pourquoi le refus de mot d'ordre clair ?

 C'est que cette neutralité se situe encore dans le dilemme du moindre mal. Il faut voter Bouchard contre Charest-Harris; même si Bouchard c'est pas les gros chars. Mais Bouchard a fait pire qu'Harris en Ontario et nous promet de remettre cela. Les femmes ont d'ailleurs été les premières cibles de ses politiques de rentabilisation. Les militantes femmes le savent mais reste la question nationale, l'indépendance à conquérir. Cette neutralité laisse en fait la partisanerie péquiste continuer son petit bonhomme de chemin sans réelle rupture avec ce parti. C'est majoritairement aussi les pensées cachées de bien des militants et militantes CSN et autres centrales syndicales. Certains et certaines principalement issu-e-s de la santé vont plutôt développer le vote de la colère et battre le PQ...en votant Charest. A Québec, cela est particulièrement frappant dans les dernières manifestations des militants et militantes de la santé où l'accent est mis pour battre Rochon dans Charlesbourg. Évidement, la direction syndicale ne dit pas pour qui voter mais...c'est tout comme. C'est un vote de refus pas de principe programmatiques. Mais là encore on se situe dans le dilemme des deux grands partis. Dans les deux attitudes, le vote de ces militants et militantes se perd, se noie dans un appui au néolibéralisme et aux coupures sociales. Il vaut mieux voir son vote classé dans les 1 à 2 % des autres partis et en particulier du PDS pour rendre son vote significatif socialement. Un réel vote de refus à la mondialisation et à la rentabilisation sociale, même avec un faible pourcentage a déjà un sens social, Il signifie une rupture avec le PQ et l'apparition d'un courant à gauche. C'est ce que refuse la stratégie de neutralité...partisane. Il faut en finir avec elle et voter pour réellement battre les encenseurs du néolibéralisme. C'est le coeur de la campagne électorale du PDS, mais beaucoup aiment mieux le nier.

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