À quand le parlement pour les femmes?

par Ginette Lewis

La politique est loin d'être un champ privilégié pour les femmes. Elles se présentent peu aux élections, s'intéressent peu aux débats et forment une clientèle électorale souvent silencieuse ou passive.

Alors il faut comprendre positivement les propos de madame Françoise David, présidente de la Fédération des Femmes du Québec et rapportés par le Devoir du 21-22 novembre 98 en page A5 :

 «A chaque fois qu'une féministe est approchée par un parti et qu'elle accepte de se présenter dans un cadre électorale, c'est une bonne nouvelle »

 Bien sûr, le cadre électoral est important à regarder. Le Parti de la Démocratie Socialiste (PDS) malgré ses efforts, a peu obtenu de réponses positives des femmes. Alors, même si la notion de quota et d'égalité des hommes et des femmes sont des éléments du programme, cela n'est pas suffisant pour inciter les femmes à se présenter. Il ne faut pas, non plus, établir une politique de tordage de bras, de pression pour arriver à des quotas, les femmes vont encore être plus prisonnières et ne pourront mener leur campagne à leur goût et en la prenant réellement en main. Elles ne doivent pas être des alibis ou des marionnettes, mais des éléments actifs en politique.

 La dernière campagne électorale a quand même permis aux femmes d'augmenter leur représentation au parlement. Le PQ compte dans son caucus 19 femmes. En tout, le parlement accueillera 29 femmes, contre 27 à la fermeture de la session. C'est un pourcentage de 23,2 % des élues comparativement à 18,3 % en 89 et 4,5 % en 76. (Le Soleil, samedi 5 décembre 98, Gilbert Leduc, p.A17).

 Les nouvelles venues au PQ pourraient être facilement ministrables ; que ce soit Agnès Maltais pour la région de Québec et anciennement présidente de la Régie régionale de la santé ou encore Diane Lemieux dans Bourget, ancienne présidente du Conseil du statut de la femme. Le 23 septembre 98, il y avait 6 ministres femmes sur un cabinet de 26 soit un pourcentage de 27.2 % (IDEM). Cela augmentera-t-il ? La rumeur veut que oui.

 Mais malgré ce renforcement, bien minime, de la place des femmes au parlement, la place des femmes en politique est encore à faire. Faudra-t-il penser une réelle politique de conciliation travail-famille, des encouragements plus grands à s'occuper des affaires publiques, surtout auprès des jeunes, faudra-t-il penser faire les débats autrement...?

 Faudra surtout penser à ne pas perdre les acquis actuels. Et la politique néolibérale du PQ pousse les femmes davantage vers la survie que vers la politique. Alors pour les intéresser, il faudrait peut-être commencer par leur garantir que la politique va améliorer leur sort et non pas les appauvrir. Au lieu de 30 jours de campagne de séduction, le gouvernement Bouchard devrait penser en terme de 30 ans de prospérité pour les femmes. Mais ça, ça ne s'harmonise pas avec la mondialisation et les profits exceptionnels.

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