APPEL
«Le capitalisme, pour nous, n'est pas un rêve à réaliser au futur, mais un cauchemar au présent.» (Eduardo Galeano) Du 3 au 6 juin 1999 aura lieu, à Cologne, le prochain Sommet de l'Union Européenne, cette fois sous présidence allemande. Il sera suivi, du 18 au 20 juin, par le dernier Sommet économique mondial de ce siècle.L'ordre mondial dominant est loin de promouvoir le bien-être économique, partout dans le monde ; but qu'il proclame pourtant bruyamment d'être le sien. Tel qu'il se présente de nos jours, cet ordre, aujourd'hui comme hier, représente une menace pour l'Humanité. Il détruit l'environnement, comme il détruit la sécurité sociale. Il accentue la pauvreté et l'exclusion, le chômage et l'endettement du «Tiers Monde». Il durcit et favorise l'oppression et l'exploitation des femmes, partout dans le monde. Le pillage écologique et la violence guerrière vont en croissant.
En même temps qu'existent une richesse et une surabondance de marchandises jamais vues dans l'histoire de l'Humanité, les dettes des pays appauvris ont atteint des ordres de grandeur gigantesques. Le piège des dettes ne leur laisse guère de perspectives de développement : Les créanciers riches se sont appropriés pour une durée se mesurant en générations, les «droits» aux ressources et au travail à venir des pays débiteurs. En même temps, les pays débiteurs sont forcés de se plier aux injonctions du FMI et de la Banque Mondiale, ce qui résulte généralement en une dégradation des conditions de vie des habitants de ces pays.
Plus de 100 millions de personnes dans le monde sont refugiés, non pas volontairement, mais chassées par la pauvreté, la guerre, l'oppression et la destruction de leur environnement. Loin de reconnaître leurs propres responsabilités envers cette situation, les pays de l'Union Européenne et du G7 érigent des barrières et des murs autour de leurs frontières. On chasse, ou m&ecric;me tue les refugiés, quand ceux-ci tentent de franchir ces frontières. Les refugiés et les immigrés sont discriminés, exclus, et une partie est expulsée. Le racisme et la xénophobie constituent souvent une menace pour leur vie. Le racisme au quotidien et la politique des États vont main dans la main.
La disparité dans la distribution des richesses est en constante augmentation, aussi bien entre les pays industrialisés et le «Tiers Monde» qu'à l'intérieur des riches pays capitalistes. P.ex. en RFA, 10 % des ménages possèdent plus de 50 % des biens, tandis que la moitié la moins bien lotie n'en possède à peine 2,5 %. La déréglementation et le chômage désintègrent, là aussi, la société ; ils renforcent la mentalité du chacun-pour-soi et minent la solidarité.
Depuis longtemps s'organise, au niveau international, la résistance contre cet ordre. Dans toutes les régions du monde, les femmes et les hommes sont en lutte contre les formes les plus variées d'exploitation et d'oppression :
Les femmes se défendent contre les structures patriarchales omniprésentes, contre l'exploitation dans la famille et sur les lieux detravail, contre l'abus et la violence. Les personnes prennent la défense contre la destruction de la nature, le pillage écologique et le gaspillage des ressources. Elles se tournent contre l'exclusion sociale de tous ceux qui se voient définis comme n'étant pas «normaux», comme leshomosexuel(le)s, les handicapé(e)s etc Les mouvements de défense contre le piège de la dette et contre la mondialisation de la misére n'existent pas seulement dans lespays débiteurs de l'Asie, de l'Afrique, de l'Amérique Latine ou de l'Europe de l'Est. Dans les États créanciers aussi, de plus en plusde personnes et d'institutions exigent l'annulation de la dette. Et, qui plus est, partout, un certain nombre de personnes demandentun dédommagement pour l'exploitation dans le passé. Les chômeurs et les travailleurs ont commencé à s'allier au niveau international et d'organiser des actions transfrontalières. Les personnes poussées dans l'illégalité, les refugiés et les migrants se sont liés entre eux, à travers toute la société se sont forméune multitude d'initiatives anti-racistes qui organisent la solidarité contre le racisme.
Pour le prochain millénaire, il s'agit d'aiguiller l'ordre économique mondial dans une nouvelle direction. À la place des profits des corporations transnationales et des banques, il s'agit de mettre à l'ordre du jour les intérêts de la grande majorité de l'Humanité, comme le droit à la nourriture, l'eau, aux vêtements, à l'habitat, aux soins médicaux, à un environnement intact, à l'éducation et au travail. Il ne suffit pas de codifier ces droits dans une «déclaration générale des droits humains» qui n'engage à rien, mais ils doivent devenir les vrais fondements d'un nouvel ordre économique mondial. Il ne s'agit pas de distribuer des aumônes, mais de créer un contexte économique qui n'est basé ni sur l'exploitation ni sur l'oppression.
Comme c'étatit déjà le cas pendant les précédents Sommets de l'économie mondiaux et de l'Union Européenne, cette fois aussi, nous ferons en sorte que ces Sommets ne se dérouleront pas sans protestations bruyantes. Avec nos actions, nous voulons présenter nos alternatives et montrer qu'existent un grand nombre de personnes qui ne se résignent pas à accepter cet ordre mondial destructeur. Ces actions, nous les voyons aussi comme un lieu citoyen de prise de parole pour les vicimes de ce système mondial, pour les refugiés poussés dans l'illégalité, pour les chômeurs, pour les syndicalistes persécutés, pour les prisonniers politiques, et pour les représentants des mouvements de libération.
Nous exigeons :
L'ANNULATION DE TOUTE LA DETTE ET LE PAIEMENT DE RÉPARATIONS POUR
L'EXPLOITATION COLONIALE ET NÉO-COLONIALE !
L'EXISTENCE GARANTIE ET LE DROIT AU TRAVAIL PROTÉGÉ !
L'ÉLIMINATION DES CAUSES DE L'ÉMIGRATION ; LE DROIT À LA CITOYENNETÉ POUR LES
IMMIGRANT(E)S ET L'OUVERTURE DES FRONTIÈRES POUR TOUS !
L'ÉTABLISSEMENT DE NOUVELLES RELATIONS ÉCONOMIQUES INTERNATIONALES SELON DES CRITÈRES
SOCIAUX ET ÉCOLOGIQUES !
C'est pourquoi nous appelons aux actions suivantes :
Contact à partir du 15 janvier : Bündnis Köln '99 Körnerstr. 69 50823 Köln. - tel: (+49) 221-952 00 08l; -Fax: (+49) 221-952 00 77 ; -e-mail: koeln99@eu-g7.de
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