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L’Union des forces progressistes : pour un véritable renouvellement de la politique ! mercredi 26 juin 2002, par Molly Alexander, Pierre Dostie |
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Par Pierre Dostie, vice-président porte-parole de l’UFP et Molly Alexander, vice-présidente porte-parole de l’UFP Les commentateurs politiques se perdent en conjecture devant la montée de l’ADQ qui semble-t-il n’avait pas été prévue. Les progressistes sont inquiets, les conservateurs sont plein d’espoirs alors que le PQ et le PLQ sont désemparés. Pour ne pas dire en panique. Le PLQ, qui a subi une transplantation de chef dont le donneur était le Parti conservateur fédéral, chercherait son identité. Ce parti est en effet bien à l’étroit. Depuis 10 ans que le PQ a largement investi le créneau néolibéral du PLQ et que l’aile radicale de droite des deux partis glisse vers l’ADQ. Le PQ quant à lui serait sur le bord d’une rupture entre d’une part les tenants du soit-disant modèle québécois dit « progressiste » - il faut le dire vite ! - et d’autre part les droitistes qui comme Joseph Facal, François Legault, André Boisclair et les autres (courant majoritaire ?) songeraient même à une coalition électorale avec l’ADQ. Pire encore, la population s’apprêterait à voter massivement pour Mario Dumont alors que 80% des électeurs ne connaissent pas une ligne de son programme ! On croirait rêver. En fait, cette situation d’apparence surréaliste se construit au jour le jour et elle est en grande partie le fait de notre mode de scrutin. Un ras-le-bol généralisé du tandem PQ-PLQ Depuis trente ans maintenant que nous assistons au paradigme souveraineté-fédéralisme représenté par le tandem PQ-PLQ qui alternent, en raison de deux mandats consécutifs, entre le pouvoir et l’opposition officielle. Notre système tend à maintenir, c’est bien connu, le bipartisme. Il laisse bien peu de place à l’émergence d’une troisième force politique, nous en savons quelque chose... L’alternance au pouvoir des deux partis est la seule porte de sortie pour les électrices et les électeurs qui le plus souvent ne votent pas pour leurs convictions - leur vote serait perdu - mais soit pour élire le moins pire parti, soit pour battre un gouvernement en votant - en se bouchant le nez - pour le parti qui a le plus de chances de l’emporter. Tour à tour, le mode de scrutin favorise le parti gagnant par une sur-représentation à l’Assemblée nationale, et pénalise le perdant par une sous-représentation. Or où en sommes-nous après deux référendums perdants, un déficit zéro sur le dos du peuple, un accroissement de l’écart entre les riches et les pauvres, des fusions municipales forcées, le saccage de nos forêts, les méga-porcheries et la pollution de l’environnement, la gifle faite aux revendications de la marche mondiale des femmes, les lois matraques contre les grévistes et les manifestants anti-globalisation, la privatisation graduelle de l’électricité et de la gestion des rivières, etc., etc. ? La question nationale est toujours dans l’impasse. Le PQ, par le monopole qu’il a longtemps exercé sur cette question, a tenu en otage un projet de société progressiste (notamment la sociale-démocratie, la réforme du mode de scrutin, la régionalisation, etc.) sous prétexte qu’il fallait d’abord réaliser la souveraineté et décider ensuite de ce qu’on fera de ce pays. « Souveraineté d’abord, démocratie ensuite » avaient crié à la face du Premier Ministre René Lévesque les Chevrette, Brassard, Bédard en repoussant avec mépris il y aura bientôt 20 ans de cela le projet de loi sur la proportionnelle régionale auquel il tenait tant et qui avait été rédigé suite à une commission parlementaire ayant entendu plus de 200 mémoires qui convergeaient vers un large consensus dans la société québécoise. On venait de clouer le cercueil d’un élément de projet de société qui aurait pu donner un sens à la souveraineté. Par la suite, le PQ s’emploiera, par sa manière de gouverner et de présenter cet enjeu, à rendre la souveraineté aussi repoussante que possible... Jouer les opportunistes ou faire de l’éducation politique Né à la faveur d’une crise au sein du PLQ en 1990 lors de l’échec de la Conférence du Lac Meech, (encore une fois autour de la question nationale), au moment précis où Robert Bourassa alors Premier ministre, a privé le Québec de la seule opportunité qui s’est présenté à lui de tenir un référendum gagnant, l’ADQ et son « équipe Mario Dumont », a depuis ce temps surfé sur les contradictions entre les deux vieux partis tout en cultivant l’ambiguïté sur son propre programme, radicalement à droite. Tôt ou tard, le temps et la montée du courant radical de droite allaient jouer pour lui. Le mode de scrutin, qui le défavorisait au début, finirait par jouer en sa faveur. L’impasse actuelle dans laquelle se trouvent embourbés le PQ et le PLQ a tellement écoeuré les électeurs, qu’il veulent maintenant « n’importe quoi sauf ces deux partis-là ». La belle gueule et les airs de jeunesse de l’« équipe Mario Dumont » - il faut être gonflé pour donner son nom au parti - font dire aux gens qu’on a « rien à perdre à donner une chance aux jeunes et une bonne dégelée aux vieux partis ». Et le drame c’est que si notre système permet occasionnellement l’apparition d’une troisième force politique, il y a à moyen terme de fortes probabilités qu’il n’en reste que deux sur l’échiquier politique. Advenant que la montée de l’ADQ se réalise, qui du PQ ou du PLQ disparaîtra ? Et la gauche, comment peut-elle tirer son épingle du jeu dans ce tableau ? La réponse se trouve malheureusement en bonne partie hors du mode de scrutin actuel. C’est pourquoi la revendication de la proportionnelle est si prioritaire pour les progressistes qui ont au moins réussi ces dernières années à remettre cette question à l’ordre du jour. Il faut continuer à faire l’éducation politique non seulement sur les vertus démocratiques de la proportionnelle mais sur l’influence, les effets d’un mode de scrutin sur les pratiques politiques, les comportements des électeurs et même les moeurs politiques. Car en l’absence de réelle opposition, un gouvernement peut se permettre les pires égarements tout en se conservant un appui considérable - par dépit - de la part des électrices et des électeurs, comme c’est le cas actuellement du gouvernement Chrétien au Fédéral. Il faut aussi que la gauche s’emploie à instaurer et valider des pratiques politiques alternatives crédibles aux yeux de la population. Notre tâche est énorme : révolutionner non seulement la société mais aussi et d’abord la façon de faire de la politique. Il nous faudra démasquer les mirages de la droite et renverser certains préjugés envers la gauche québécoise ! Pour l’UFP pour une véritable alternative politique, c’est :
Voilà autant d’éléments de pratique politique alternative auxquels les électrices et les électeurs ne sont peut-être pas habitués. Avec lesquels les journalistes ne sont pas familiers non plus. Il faudra prendre le temps d’expliquer notre programme et d’affirmer notre style politique, de décoder le langage de pseudo-changement de l’AQQ et le pseudo-progressisme cycliquement pré-électoral du PQ, de convaincre nos soeurs et nos frères nouvellement arrivés que nous pouvons mieux les représenter que les partis traditionnels. Il faudra survivre au sarcasme des uns et à la méfiance des autres. Les clichés sur la go-gauche ne tiennent plus. Depuis 5-6 ans, les progressistes ont fait un bond historique pour sortir de leur isolement et de leur division. Ils et elles ont commencé à se rassembler significativement et à construire l’unité. Une nouvelle culture politique est née, directement branchée sur les forces sociales porteuses de changement qui ne trouvent aucun autre débouché dans les vieux partis, celui de Mario y compris. L’Union des forces progressistes est le résultat d’un processus de maturation de la gauche et le véhicule qui lui permettra enfin de sortir de sa marginalité. Il faut maintenant s’enraciner dans la population, durer, accepter de nous remettre en question tout en ne cessant jamais de croire en ces valeurs fondamentales qui aujourd’hui animent la fondation de l’Union des forces progressistes. Et surtout, il faudra toujours nous employer à illustrer quotidiennement ces valeurs par nos agissements ! Le 26 juin 2002
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Pierre Dostie
Molly Alexander |