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Non à une loi spéciale pour l’UQAM

mercredi 22 avril 2009


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Tout indique que le gouvernement libéral est prêt à déposer une loi spéciale pour forcer le retour au travail des profs de l’UQAM, en grève depuis 28 jours pour défendre cette institution.

Modèle de lettre pour les député-e-s

Objet : Non à une loi spéciale pour l’UQAM

Madame la Députée, Monsieur le Député,

Au moment même où la communauté uqamienne célébrait les 40 ans de l’Université du Québec à Montréal (UQAM), la ministre de l’Éducation lançait jeudi 9 avril un ultimatum à notre université. À défaut d’une entente entre la direction et les professeur-e-s de l’UQAM, le gouvernement « prendra ses responsabilités », a-t-elle annoncé. Face à la lutte historique que mène la communauté uqamienne, cette déclaration laisse présager le pire : une loi spéciale visant à forcer le retour en classe.

L’adoption d’une telle loi exprimerait un profond mépris envers l’UQAM et sa communauté. Au lieu de maintenir cette université dans un état précaire, il faut la refinancer adéquatement. De plus, cette loi spéciale représenterait un véritable affront à la démocratie, en minant le droit à la négociation collective et le droit de grève.

Si le gouvernement souhaite prendre ses responsabilités, cela doit se traduire par des solutions au problème de sous-financement chronique de l’UQAM. Cette université subit le ratio élèves/profs le plus élevé au Québec. De plus, les professeur-e-s de l’UQAM sont payé-e-s 10 % de moins que leurs collègues d’autres universités. Ce sous-financement cause également l’effritement de plus en plus marqué de l’accessibilité aux études à l’UQAM. Ces dernières années, de nombreuses hausses de frais ont été imposées aux étudiantes et aux étudiants.

Rappelons que près de 53 % des étudiantes et étudiants de l’UQAM sont les premiers de leur famille à accéder aux études universitaires. C’est pourquoi un refinancement public et adéquat de l’UQAM est nécessaire afin qu’elle puisse continuer à remplir son rôle dans la démocratisation de l’éducation au Québec.

De plus, ce refinancement permettrait d’assurer des conditions de travail et salariales décentes pour les autres employé-e-s de l’UQAM, présentement en négociation. À défaut d’un tel refinancement, c’est d’autres conflits de travail qui sont à craindre et qui viendront perturber le cours normal des activités académiques de l’UQAM.

Devant le dépôt probable d’une loi spéciale à l’Assemblée nationale forçant le retour au travail des professeur-e-s de l’UQAM, j’espère que vous vous opposerez à cette manière de faire qui contrevient aux principes de la négociation équitable et au droit de grève. Est-il nécessaire de rappeler qu’un règlement négocié vaudra toujours mieux qu’un décret imposé  ?

Une loi spéciale ne réglera aucunement les problèmes de l’UQAM et ne fera très probablement qu’envenimer le conflit. Forcer un retour en classe dans ces conditions serait bien la preuve que l’État se soucie prioritairement du taux de diplomation sans égard à la qualité de l’enseignement.

J’espère que, comme député-e, vous prendrez prochainement vos responsabilités pour défendre une éducation accessible et de qualité à l’UQAM.

Je vous prie d’agréer, Madame la Députée, Monsieur le Député, l’expression de ma haute considération.

Nom du/de la signataire

Modèle de lettre pour la ministre

Madame Michelle Courchesne Ministre Ministère de l’Éducation

Objet : L’UQAM est en danger

Madame la Ministre,

Comme vous le savez, l’Université du Québec à Montréal (UQAM) a été créée il y a 40 ans. Il s’agissait notamment de donner à toutes et tous une chance égale d’accéder à des études supérieures, entre autres aux francophones et aux femmes qui avaient difficilement accès à l’université par manque de place ou d’argent. L’UQAM a fort bien répondu à son objectif en permettant à 200 000 personnes de poursuivre des études universitaires. Sans l’UQAM, plusieurs de ces personnes n’auraient tout simplement jamais fréquenté l’université.

L’UQAM est au cœur du développement de la société québécoise tant par son apport scientifique qu’artistique. Dans bien des domaines, l’UQAM a réussi à obtenir une reconnaissance notoire. Tout cela, l’UQAM l’a réussi malgré un sous-financement chronique qui dure depuis sa fondation. Malheureusement, elle s’essouffle et peine à remplir sa mission qui la distingue des autres universités montréalaises. L’UQAM est en danger et, par le fait même, c’est l’accessibilité aux études supérieures, la qualité de l’enseignement, la qualité des services, la qualité de la vie universitaire qui en souffre. Il est impossible de rester les bras croisés.

Pour se sortir de ce marasme, l’UQAM a besoin que le gouvernement lui accorde un réinvestissement suffisant. Autrement, c’est la qualité de son enseignement et de ses futur-e-s diplômé-e-s qui est menacée. À terme, c’est la pérennité même de cette institution qui est compromise ainsi que tout ce qu’elle représente. Il vous faut agir rapidement, Madame la Ministre.

Rappelez-vous que le développement d’une société passe par le développement de sa collectivité et qu’il nécessite une éducation accessible et de qualité.

Nom du/de la signataire









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