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Les femmes et l’éducation

lundi 2 décembre 2002


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En 1878, le corps enseignant laïque et religieux se féminise. En éducation, les femmes ne touchent que 40% du salaire des hommes. Le gros des effectifs est constitué d’institutrices rurales. La féminisation se continue jusqu’en 1950, où de 80 à 88% du personnel enseignant est féminin (sauf dans les classes supérieurs et les postes de direction). Cette situation inquiète les autorités scolaires qui tentent, par des subventions, d’inciter les hommes à prendre des postes d’instituteurs, car « il faut un homme pour former un homme ».

En 1888, l’Université McGill donne les premiers diplômes de baccalauréat à des femmes. Cette université n’admet cependant les femmes qu’à son École normale et à la Faculté des arts. Les autres facultés leur sont fermées. Dans le milieu francophone, l’université refuse carrément les femmes. Une seule exception : il leur est possible de venir écouter des conférences.

À partir de 1900, il n’est plus possible pour une femme d’assister à un cours de médecine au Québec.

En 1908, l’équivalent du premier collège classique pour filles est créé au Québec : l’École d’enseignement supérieur. Des prêtres se demandent s’il n’y a pas un danger de sortir la femme du foyer pour en faire une savante. Ses études terminées, on craint qu’elle n’accepte plus le mariage et la famille.

La première graduée de l’École d’enseignement supérieure est, en 1916, Marie Gérin-Lajoie qui obtient la première place lors des examens de baccalauréat, devançant ainsi tous les candidats inscrits à l’Université de Montréal. On refuse cependant de reconnaître publiquement son succès, car il ne semble pas convenable qu’une jeune fille se soit classée devant les garçons.

Comment ne pas faire de liens entre ces éléments d’histoire et les débats actuels sur la réussite scolaire des filles par rapport à celle des garçons et la surreprésentation des femmes dans le corps enseignant primaire ?

[Sources : Histoire des femmes au Québec, Collectif Clio, Quinze, 1982 et La constante progression des femmes, Conseil du statut de la femme du Québec, 2000.]









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